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25/12/2009

Dialogue direct

A tous les Palabreurs africains
Vous souhaite une belle et joyeuse fête de la Nativité



Cependant, je veux ici m’interroger avec vous sur le sens véritable de cette religion de la nativité qui nous maintient individuellement et collectivement dans l’atroce désert des abominations. Je tire les éléments de cette interrogation des mots vrais et sincères de notre woudi national, le kalignon de Mama, le Président Laurent Gbagbo.


Dans une de ses envolées dont il a le secret, le chrétien et homme d’Etat ivoirien a dit que toutes « affaires dans lesquelles il n’y a pas Dieu, ça ne marche pas ». Il a donne l’exemple de ce que l’on a appelé le « boc soviétique » qui n’avait pas mis Dieu dans sa vision idéale du soviétisme politique. Et ironisant sur certains messagers de cette religion, le Président Laurent Gbagbo a confié avoir rencontré et discuté longuement avec Dieu le Père. Il n’a pas dit le contenu de leur « Dialogue direct ».

Le témoignage politique et historique du Président Laurent Gbagbo est évident. Il est donc crédible. Mais comporte une béance inexpliquée voire intolérable ! Soumettre à débat public, sans animosité particulière mais avec la fermeté de l’argument politique hérité de la Palabre africaine authentique, est pour moi une urgence impérative. On ne doit plus dire des choses terribles et se contenter des analogies ouvertes. Il faut aller à la racine des choses qui font et défont notre société monde. Nous avons face à face l’Occident de Moïse et l’Orient de Lao Tseu. Et nous autres, Palabreurs africains et améridiens, nous comptons les coups sans vraiment arbitrer. Pourquoi ? Question causale terrifiante !

Premier présupposé.

Tout le monde sait que le soviétisme a été combattu par toutes les phalanges de l’Eglise catholique romaine. Deux raisons objectives :
1. Le premier postulat idéologique du soviétisme est une déclaration de guerre à l’église catholique dont la casuistique fondatrice est dite « opium du peuple ». le leadership catholique et plus largement chrétien ne pouvait pas rester les bras croisés et voir disparaître ses intérêts multiformes.
2. Le soviétisme théorique et politique est porté par une communauté ethno-religieuse que le dogme chrétien a qualifié, à tort ou à raison, de « déiciste ».

Donc, Dieu entendu ici catholique exclu des affaires soviétiques, ne pouvait que les faire capoter. C’est ce qui s’est passé. Dans ces conditions l’argumentation du kalignon de Mama est historiquement et factuellement fondée. Son caractère mystique est à tout le moins mystérieux !

Deuxième angle

Tout le monde sait que l’Afrique noire est couverte par les trois religions monothéistes dont deux agressivement prosélytes. Il n’y a plus un seul patelin noir qui ne se dit pas fier de posséder son minaret musulman ou son prieuré catholique ou les dérivés syncrétiques de ceux-ci. Faut-il préciser que ces trois religions (juive, chrétienne et musulmane) ont la même souche de référence : le Pentateuque ou les cinq livres de Moïse. Qu’est-ce à dire ?
1. Le dieu décrit par Moïse est finalement un dieu dictatorial qui refuse la contradiction politique.
2. Le Dieu de Moïse continue de sévir en Afrique noire alors que le leadership africain revendique sa sagesse écrite. Nos patelins, mêmes les plus démunis, le célèbrent et le vénèrent comme à Gagoué ou Lokidou.
3. Là où d’autres peuples, comme en Asie orientale, se sont réveillés à leurs enseignements traditionnels qui n’ont rien à voir avec le mosaïsme, un vent de libération des ténèbres et l’amorce de nouvelles lumières se lève. Moralès dit et soutient simplement qu’il est Amérindien et rien d’autre ! Les Indiens soutiennent qu’ils sont bouddhistes et rien d’autres. Les Chinois occupent toutes les chancelleries de la terre par l’exigence éthique et la renaissance des traditions philosophiques de Lao Tseu !

Pour les Palabreurs africains et l’Afrique des Noirs, la Nativité des religion du Livre de Moïse est fondamentalement contraire à au patrimoine culturel incessible africain ! C'est cette distorsion originelle qui fait problème! Elle doit être analysée avec méthode et sans passion excessive! Et peut-être verrons-nous le début de notre apaisement individuel et collectif!

Le « Dialogue direct » entre le Dieu de Moïse et le kalignon de Mama doit être soumis à notre scanner critique pour en montrer la perfectibilité politique et intelligible !
Fato

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