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31/12/2009

Lettre ouverte au Président de tous les Ivoiriens

Je ne puis dire par quel hasard,
Ou plutôt par quel fatal destin,
L’imposture a auprès de nous plus de crédit,
Que la vérité simple et nue

Casti

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« Les Refondateurs et leurs alliés d’avril 1995 ont « mélangé » la Côte d’Ivoire. Partout, prospèrent les sifflements de vipères ! Ils ont détruit notre beau pays. La Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny est infréquentable ! Comment et pourquoi a-t-on laissé les rênes du pouvoir entre les mains d’un « danseur » autocrate ! » C’est le refrain entonné par le gbrè de la plume de Konan à la Cour de Nzueba et repris par tant d’autres penseurs, écrivains et dirigeants de notre pays. Ils oublient les racines du drame, amnésiques qu’ils sont !


D’abord m’exclamer pour, d’un trait de plume, faire le point, dire que la Côte d’Ivoire a tout connu depuis 1893 ! La rhétorique des fanions de Berlin ! La schizophrénie morbide de la coloniale ! L’irrationnel mouvement d’émancipation des territoires sous administration coloniale ! Le chantage à la démocratie et aux droits de l’homme ! Non, « la Côte d’Ivoire est une affaire trop sérieuse qui ne saurait être appréhendée au travers de discours partisans », moins encore à l’intérieur d’un « gouvernement de crabes, de serpents et de scorpions » pour ne pas citer Bertin Kadet. L’histoire de notre pays ressemblerait étrangement à l’histoire de peuples maudits pour paraphraser la « Mémoire à deux voix ». Mitterrand, sans concession, a fustigé, devant Wiesel, les victimistes du morbide mystère des grands peuples de l’antiquité, les templiers de cette sorte de malédiction fatale, de la guerre civile interminable. On trouve des traces de cette histoire sordide dans les écrits de Salluste et Tacite. Vous citez souvent César, Cicéron comme les derniers dépositaires de l’éthique politique de l’universel qui avait émergé de cette fange mystérieuse ! Le célèbre scribe du Pentateuque nous l’avait décrit avec ses mots bien étranges, nous en avaient indiqué la nature troublante. Certains des nôtres revendiquent ce belliqueux mystère comme l’unique expression de leur identité fondamentale et initiale. Malédiction adamique ! Sophistication de la prosopopée ! Violence athéologique et sanglot telquellien ! Lanzmann et Klarsfeld ont donc le droit absolu de vomir contre le lucide examen de conscience de Françoise Garaud ! La politologue du gaullisme historique, elle, elle n’a pas le droit de former une critique sur l’époque ! Telle est l’image que donnent, aujourd’hui par analogie, les terroirs ivoiriens scarifiés ! D’un côté les bons patriotes rebelles et de l’autre les factions rebelles radicales ! Devons-nous en être fiers ? Je ne sais pas. Je constate simplement que vous ne vous êtes pas encore suffisamment, en historien latiniste, pénétré de la vérité mélanodermique diopienne ! Il vous faudra relire Anta Diop et héritiers pour mettre des guillemets à la « Légion de César » et à la « Toge de Cicéron ». La Légion et la Toge, la violence légale légitime sont l’expression absolue de la violence absolue de Khéops et descendants. C’est ce que soutient aussi la sociologie de Max Weber ! La violence ne peut pas être démocratique ! Elle est. Le peuple est naturellement violent ! Rien donc de nouveau sous le soleil saharien d’Akhenaton ! Revisitez la sociologie de la Palabre du kalignon Godié et Bété !

J’entends d’ici votre réponse argumentée. Un beau et grand discours, même profond de sagesse, n’est plus suffisant. On y verra désormais de la roublardise et l’opportunisme politicien ! On voit bien que les fondations du discours politique ont été sérieusement affaiblies par la rhétorique littéraire et médiatique.

L’époque commande de poser des actes, responsables et irréversibles, des actes dont l’authentique dignité rejoint le sens commun ivoirien, booste fermement la Refondation morale et politique de la Côte d’Ivoire, réactive la cohérence du champ du « socialisme démocratique ». Ne plus caresser certains professionnels du désordre dans le sens du poils mais leur opposer la sécheresse et la rigueur de la loi. La loi juste ! La Mémoire de l’immense anthropologue de l’Odiokrou l’exige désormais de nous. La clarté de l’énoncé politique ne doit plus être en contradiction avec la loi juste. La loi politique c’est l’attente compréhensible de notre société. Mais pour cela, il faut avoir soldé complètement l’ensemble des contradictions liées, d’une manière ou d’une autre, à la « crise ivoiro-ivoirienne ». Le bon diagnostic vous y aidera ! Les maux dont souffre notre société écartelée et sévèrement atomisée par la rébellion sont certes l’infantilisme révolutionnaire ; mais en même temps l’impossibilité du métissage civilisationnel de deux mondes strictement et fondamentalement différents. L’Occident orgueilleux et violent de ses certitudes racistes d’un côté et nos sociétés traditionnelles décérébrées par cinq cents ans d’amputation systématique de sa force de travail et de tous ceux et de toutes celles qui en étaient la sève de vie !

Nous devrions, pour en sortir définitivement, soumettre à la critique stricte cet écartèlement entre les travers mimétiques de l’abrégé colonial et notre sociologie portative, lire attentivement la curieuse lettre aux « Chers imposteurs » et aux « Sorciers blancs », surtout donner du contenu ivoirien au diagnostic critique de la faillite des intellectuels pipolisés qui n’ont plus rien créé sinon que la répétition incohérente des concepts inadaptés aux déchirements du monde contemporain.

Sous nos yeux les maîtres autoproclamés du monde et leurs sages - on dira catho-laïcs - se divisent sur la phraséologie du capitalisme, se contredisent sur la reformulation grossière de la mondialisation de l’économie de marché, tentent d’ériger le sacré démoniaque de l’Occident prédateur en valeurs de l’universel. D’aucuns parlent d’examen de conscience. D’autres y voient la tentative (tentation) d’atténuation de la même nausée ! Quant à moi, je parle volontiers de circonvolutions de « la mauvaise vie » des mêmes crapules ! Et l’on moque doucement dans les maisons de verre de Wall Street et du Conseil de sécurité de l’Onu les ubuesques apparats dorés des Rois Agni, des Nanan Baoulé, des kalignon Godié et des Dozo Sénoufo. On s’interroge avec insistance sur le « Verset et le Décalogue sataniques » ivoiriens ! On habille Paul pour mieux déshabiller Pierre ! Et qui paiera les pots cassés ? Sommes-nous amnésiques ? Le Gabon et la Guinée devraient nous réveiller de notre profond sommeil de la démission individuelle et collective.

Pour les catho-laïcs français et leurs obligés de Côte d’Ivoire, point de salut hors de leur logique par la prédation politique. Nous le suspections. Nous l’avons appris dans l’atroce douleur, l’horreur absolue des massacres génocidaires du Wê et de l’Ayaou. La barbare « crise ivoiro-ivoirienne » a confirmé toutes nos préconisations. L’Etat-nation, la France a, en Côte d’Ivoire, comme en Centrafrique naguère, tenté un coup d’Etat. L’échec de ses barbouzes noirs s’est transformé en rébellion ethno-religieuse et politique, un nouveau type de guerre civile permanente. Les rebelles du Mpci et plus tard les groupuscules de diversion du Mjp et du Mpigo l’ont finalement reconnu dans leurs différents témoignages. Labertit a résumé le bras de fer entre le leadership ivoirien dont vous êtes le chef légitime et des Français imbus d’eux-mêmes ! Dr Guillaume Soro Kigbafori vient de citer la liste quasi complète de ceux qui l’ont fait rebelle et chef rebelle !

Nous connaissons donc les péripéties de l’argumentation illisible des colonnes infernales dont Dr Guillaume Soro Kigbafori s’est fait le porte-voix politique. Nous savons aussi la division au sein de cette rébellion manipulée et instrumentalisée. Les difficultés actuelles plongent leurs racines dans ce conflit de leadership des ego horriblement burlesques.

Nous parlerons en d’autres lieux et lorsque le moment sera propice des puissances manipulatrices et mystificatrices décrites par de nombreux littérateurs ivoiriens et étrangers. Confirmées partiellement, à Odienné, par Dr Guillaume Soro Kigbafori ! La plume épistolaire et la voix du Carnet de prison de Tony Oulaï n’ont point faibli malgré les brutalités. On lira avec intérêt les différentes « lettres ouvertes » par Tony Oulaï à Ba Ki Moon, Secrétaire général de l’Onu pour se faire son opinion sur le leadership français autour de Chirac . Aminata Traoré avait fini par interpeller les principaux prédateurs des nôtres dans une célèbre philippique « Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général ». Agbohou et Mamadou Coulibali avaient aussi pris leurs responsabilités à partir de leurs expériences au cœur des institutions financières et monétaires sévissant en Côte d’Ivoire ; ils mirent à nu l’économisme darwinien ! Djéréké, Voho, Toualy et tant d’autres ont fait le point sur la « manipulation de l’ethnisme » théorisé par Noël Mammère dans « Noir procès » ! Beau et Toscer ont fini par mettre le pied dans les latrines du crime concerté . Le monde occidental voit la nausée mais se tait ! Kissinger et Mayor ont fermé le caquet ! Ils ne parlent plus avec emphase des lumières du « Prix Félix Houphouët-Boigny de la recherche de la Paix » ! Leur humaniste ivoirien – dans le Sanwi et le Guébié - avait bel et bien failli ! L’Union européenne de Sarkozy n’a toujours pas intimé l’ordre à leurs « tirailleurs » ou « harkis noirs » de quitter la Côte d’Ivoire. La Licorne et le 43e Bima paradent dans les rues d’Abidjan et partout dans les patelins ivoiriens. On y étripe du Noir ivoirien ! Besson et Hortefeux piègent et pourchassent jusqu’à la mort ceux et celles qui ont pu sortir de « l’enfer antisémite ivoirien » présumé ! Les médiats d’Europe occidentale jubilent aux pogromes des Noirs accrochés contre les barbelés de Ceuta, poussés au bulldozer dans les fosses communes dans le désert marocain. Et vous, que dites-vous par le « chiffon rouge » que l’on vous agiterait en politisant une histoire banale, un malheureux fait divers ! Que veulent démontrer ces dirigeants français de malheur ? Cherchent-ils à créer une sorte de Sahara occidental dans le Nord ivoirien ? Projettent-ils un nouveau Timor oriental en Côte d’Ivoire ? Veulent-ils faire des terroirs des Sénoufos et Dyula le nouveau Kosovo africain ? Nous ne sommes pas loin des conditions de Chypre et de la Somalie occupées par leurs organisations apatrides ! Notre pays sera-t-il un Tibet sans bonzes ou la transposition du « Darfour nilotique et kouchite » ? Terre de nouveaux transferts de populations ! Je ne sais pas ! Je m’interroge ! Sur six millions d’enrôlés il y a plus d’un million de personnes sans identité légale !

Notre peuple est au pied du mur. Il doit choisir clairement et définitivement le chemin de son destin. Votre challenge d’homme d’Etat n’est-ce pas éclairer les Ivoiriens, démêler les turpitudes internes aux factions rebelles comme vous l’aviez esquissé avec les suiveurs de l’Udpci de Guéhi, faire entendre raison aux « forces asymétriques », faire en sorte qu’il n’y ait plus de marge insurrectionnelle et déstabilisatrice sur notre sol, mettre un terme à la « loubardisation » de la vie publique ivoirienne ! Il vous appartient de décider de réconcilier les organisations politico-militaires des Forces Nouvelles, du Cri, de l’Unir et de tous ceux qui, pour des raisons diverses, pourraient être aveuglés par une nouvelle frustration irrationnelle. Il vous revient, par les responsabilités d’Etat qui sont les vôtres, de chercher et trouver une solution à l’exil intolérable des leaders de partis rebelles qui errent par les sentiers mercenaires d’Afrique occidentale ! Les derniers événements du Gabon et de Guinée somment à la vigilance stricte ! Certains de leurs affidés disent, pourtant, être entièrement réconciliés avec la République pendant que leurs chefs, la peur au ventre, vivotent dans l’incertitude totale ! Notre vie politique doit renoncer à Machiavel ; la division pour régner n’a plus de sens. Notre époque est un démenti catégorique de cette maxime tristement célèbre. Vous l’avez dit à « l’académie des savants ivoiriens » : l’Etat, la République et la Démocratie, voilà la voie de notre existence ! Toutes autres voies rendraient la Côte d’Ivoire ingouvernable. On le voit tous les jours ! Il suffit que telle ou telle corporation d’Etat ou fraction malhonnête de la société civile éternue pour que le fragile lien social se distende dangereusement ! On ne dénoncera pas assez vigoureusement les mouvements intempestifs des greffiers, des enseignants, des médecins et autres « wourou fato », « Dangadé, Foufafou, Babié » pour réécrire la poésie romanesque de l’enfant « sica » du Bettié.

Ceci m’amène à vous inviter à ouvrir des discussions et des négociations publiques additives à l’Accord politique de Ouagadougou (Apo). Je dis bien additives c’est à dire pragmatiques et non une nouvelle et hasardeuse synthèse. Les leaders des factions radicales sont devenus, contre leur gré, les faire-valoir de puissantes organisations catho-laïques. Coulibaly, Palenfo, Doué, Gahoudi et tous ceux qui refusent encore de réintégrer la République de Côte d’Ivoire doivent être associés activement au processus de pacification morale et politique. A côté des ralliements individuels, c’est dialoguer en confiance, circonscrire les griefs et désamorcer le vandalisme politique . En Afrique et hors d’Afrique ! En Côte d’Ivoire et hors de Côte d’Ivoire !

Je serai le dernier à récuser votre désaccord. Je comprendrai votre protestation légitime : « J’ai signé un Accord politique dit de Ouagadougou avec le leader de tous les mouvements rebelles. Je ne vois pas pourquoi je devrais rediscuter avec des groupuscules dissidents à moins de discréditer l’autorité de leur leader et discréditer l’Accord qui a permis les avancées que nous savons. C’est à leurs leaders de les ramener à la Maison ivoire ». Oui, vous avez raison ! Mais, voilà leur leader historique est menacé quotidiennement ! Il a même échappé à un crapuleux assassinat ! Vous avez pris sa défense en réclamant les preuves de sa trahison présumée et les noms de ceux et celles qui avaient pu être trahis de bonne ou mauvaise foi ! Depuis, on ne disserte plus sur la trahison du « camarade rebelle » ! Je veux dire que le leader rebelle ne sait plus comment s’y prendre. Tout comme tous les autres d’ailleurs ! Son autorité est mise entre guillemets, fortement entamée, écornée. On peut affirmer qu’il n’a plus d’autorité même s’il dit, contre-productivement, se tenir à la « barre de ses troupes » et « ouvert au dialogue avec Ibrahim Koulibali IB » ! Non, ce n’est pas l’ouverture au dialogue mais le dialogue effectif. Le chef rebelle qui a courageusement intégré la République est de plus en plus une sorte de Sawimbi ivoirien en sursis ! Je ne lui souhaite pas la tragique aventure angolaise, même si les conclusions de la raison critique y aboutissent ! Et comme je pense que le sang ivoirien ne devra plus jamais être versé, il vous faut redéployer les moyens de la sagesse de notre nation pour aplanir les différends entre tous les rebelles. Aucun Ivoirien, même à « la nationalité douteuse », ne doit plus être « banni » de notre pays ! Sans réserve et sans ostracisme, ramenez à la maison tous les fils et filles égarés de la Côte d’Ivoire ! Il ne faut plus chercher à répondre à tel ou tel background stérile et maçonnique !

La politique c’est l’art de parler de ce qui peut irriter ses propres amis politiques, c’est aussi et surtout recréer les conditions de l’espérance de notre hymne national, « rompre avec la raison de la civilisation artificielle, et faire appel aux forces profondes de l’homme » ivoirien, sortir des billevesées du pacifisme intéressé, construire et modéliser un humanisme nègre qui donne sens et cohérence à notre Ivoirité fondamentale qui n’est pas « l’ivoirité schizophrénique de N’zueba ». Notre vision du monde sera ouverte, non stigmatrice des particularités et des diversités constitutives de la beauté de l’humanité ivoirienne. Voilà le chemin, le projet à soumettre aux factions radicales, l’indépassable horizon de notre raison intuitive !

Des rebelles radicaux et inconscients n’ont probablement pas la même conception du futur de notre nation blessée et défigurée. Ils le disent publiquement ! Sous divers prétextes, Bouaké est toujours sous tension et sous contrôle de ces irascibles Siratigui ! On trouve un peu partout dans le Nord du pays des édifices dozofiés en concurrence avec les lieux officiels de l’Etat ivoirien. La leader du groupe parlementaire Fpi l’a déploré à Katiola. Les donneurs de leçons autoproclamés y ont vu le feu de la provocation gratuite comme si nous n’avions plus le droit de dire, sur la place publique et chez nous, nos émotions et notre indignation. D’une certaine façon, l’Etat de Côte d’Ivoire est comme pris en otage ! Il nous faudra dégommer ces cercles tueurs par la force de la Palabre africaine : « c’est sous « l’Arbre à Palabre » que s’apprend l’exercice du pouvoir et en y allant, le chef se ressource dans la parole, se met en permanence au contact des vertus du Dialogue et de la réflexion concertée » ! On me rétorquera certainement de savoir si nous avons les outils, les moyens matériels et immatériels ? Ma réponse est sans équivoque ! Nous les avons en nous-mêmes. Nous devons activer les ressorts de la confiance en nous, entre nous et notre peuple insulté et humilié selon le mot d’Aminata Traoré. Unis, nous vaincrons l’abracadabrantesque !!!! Issa Malick Gbon Coulibali imprégné de la sagesse de la Palabre du Poro Sénoufo a répondu à la troublante agitation de Moïse Ahmadou Gbon Coulibali à l’intérieur même de la Maison du Dieu des musulmans de Korhogo ! La guerre entre Ali et Josué, entre Juifs et Musulmans, n’aura pas lieu en Côte d’Ivoire ! Nous devons l’éviter !

Les mots de Césaire me viennent, comme une massue éclairante, quand je me confronte aux stupidités rebelles et pro-rebelles : « Je revois encore ces petits bourgeois de couleur et, très vite j’ai été choqué de constater chez eux une tendance fondamentale à singer l’Europe. Ils partageaient les mêmes préjugés que les Européens, ils montraient un snobisme que je trouvais très superficiel et qui m’irritait profondément. Comme j’étais timide, et même sauvage, je les fuyais. Tout ce monde ne m’intéressait pas ». Il faut de tout pour faire un monde !!! Nous connaissons la trajectoire sociale, culturelle et politique des rebelles ! Les « décembristes » en treillis et leurs clones « septembristes », non encore tout à fait sortis du « royaume d’enfance », ressemblent étrangement « aux petits bourgeois de couleur » décrits, dans les calanques noires de Basse Pointe, par le célèbre cri révolté, le Discours sur le colonialisme. Des fouineurs inspirés avaient identifié les mêmes filiations chez les théoriciens et exécutants du putschisme ethno-national ! Les acteurs du coup d’Etat de décembre étaient issus de la bourgeoisie compradore ivoirienne. Les positions sociales perdues, la fin du clientélisme patrimonialiste, la condamnation à terme du népotisme des clans ont été les seules raisons rationnelles des désordres militaires de décembre. La crise ivoirienne est donc la résultante aboutie de la crise de l’alimentaire, de l’imitation, des snobismes, des mièvreries, de l’humiliant « y a bon banania », de l’inconscience c’est à dire l’incapacité à réfléchir, à examiner les distorsions des valeurs de la raison hellène, de la civilisation catho-laïque. Vaste programme ! On devrait relire « la carte d’identité », « l’archer Bassari » et « la politique du ventre » pour pénétrer la prosodie du « fouineur », du philosophe et du politologue pour enfin nous représenter notre lamentable démission. C’est tout ça qui fait désordre et nourrit la tragédie rebelle. Je sais que vous trouverez le mot d’apaisement d’autant que « l’on ne sort pas de la guerre comme on sort d’un gala ».

Vous me direz, du point de vue strictement pragmatique et preuves à l’appui, que les récents désordres et les humeurs « cupides » et farfelues des factions radicales sont peut-être les derniers soubresauts d’une rébellion à bout de souffle. Le Président Affi Nguessan a séjourné sans protection particulière dans le Nord assiégé ! De nombreux leaders d’opinion de différentes familles politiques y circulent librement ! Vous-même, vous y avez été reçu, déjà à plusieurs reprises, par les populations. L’Administration d’Etat s’y est déployée ! Des institutions nationales et internationales y travaillent.

Même si je vous entends, sur ces acquis importants, on voit bien que le feu couve sous la cendre ! Le « je suis à la barre de mes troupes » et la longue logorrhée « indéchiffrable » de Dr Guillaume Soro Kigbafori devraient vous rendre plus soucieux et plus vigilant. La psychologie de Moïse Ahmadou Gbon Coulibali déféquant dans un lieu de culte musulman à Korhogo le jour saint de la Tabaski et l’interdiction faite à Coulibaly Gervais de circuler librement sont autant de situations cauchemardesques !

L’existence de factions radicales rebelles est une réelle menace contre la paix et l’Accord politique de Ouagadougou. C’est même l’histoire récente du pays. Les agitations politico-sociales occupent les esprits. Des Ivoiriens appellent à des mouvements d’insubordination. On défie l’autorité d’Etat. On paralyse l’école, l’hôpital et les greffes. On parle comme les forces vives de Guinée ! On cherche un leader capable d’incarner l’autorité de l’Etat. Dossongui qui a rejoint la majorité présidentielle (Lmp) explique même que si un officier supérieur de l’armée avait pris la direction de la rébellion, cela aurait changé le cours de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Est-on en train de chercher le bon cheval pour remettre le désordre selon le mot de Wodié ? Pendant qu’on cherche l’oiseau rare, la Commission électorale indépendante (Cei) du Président Mambé a créé des millions d’exclus ou à « nationalité douteuse » ! Les forces du malheur et de la « catastrophe » demandent au Président de la République de Côte d’Ivoire de brader nos valeurs et nos lois. Le ferez-vous ?

Les circonstances qui ont conduit à la crise sont reproduites à l’identique . L’Accord politique de Ouagadougou serait à son point d’achèvement si l’on s’en tient au dernier Cadre permanent de concertation (Cpc). C’est ce que vous dites aussi ! Cependant, deux écueils et non des moindres subsistent : la citoyenneté douteuse de centaines de milliers d’enrôlés, le désarmement effectif des rebelles et des groupes d’auto-défense avant le scrutin électoral lui-même . Les esprits malintentionnés tentent de créer un climat délétère dans votre entourage immédiat. On fait faire maintenant des enquêtes par la Cpi sur l’affaire Kieffer, un malheureux et banal fait divers . On pousse au chaos social et au soulèvement populaire. On cherche comme en Guinée Conakry l’alibi des brutalités militaires ou policières. C’est pitoyable direz-vous ! Mais la vérité de notre histoire, la vraie, celle qui n’est pas dans les livres ! Je sais que le chemin sera long pour faire aboutir le travail de maturation de l’ambitieux projet commencé par Garvey et porté par Nkrumah, Diop, Biko, Césaire et tant d’autres … La conscience nègre accomplira forcément sa mutation poétique et politique.

Toutefois, on peut dire qu’il y a comme une sorte de trêve le temps d’entonner le chant du cygne ! Le nouvel épisode du crime de Palaka ! La prophétie de Sidjè, la Cassandre noire ! Faut-il vous rappeler que l’on avait eu la même trêve pendant et après le fameux Forum de la réconciliation nationale. Les discussions avec les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale avaient abouti à un accord politique dit des quatre grands et la formation d’un gouvernement de large ouverture. Malgré les précédents accords politiques de septembre 2000 et janvier 2002, le forum de la réconciliation, le gouvernement de large ouverture, les « conférences entre les quatre grands » comme on disait à l’époque, il y a eu des Ivoiriens pour prendre les armes contre leur pays. Leurs leaders et mentors ont ordonné les assassinats politiques et les génocides du Wê et de l’Ayaou. Le Pr Emile Boga Doudou ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, le Gal Robert Guéhi, ancien Chef de l’Etat ivoirien perdront la vie. Beaucoup d’Ivoiriens de qualité y laisseront leur peau. Paix à leurs cendres ! Nous avons pardonné ! Nous n’avons pas exigé un tribunal ad hoc. Nous connaissions pourtant la jurisprudence de Nuremberg ! Nous avons opté pour l’Accord politique interivoirien de Ouagadougou (Apo). Mais cet Accord politique de Ouagadougou a-t-il enseigné comment dépasser, par le bulletin de vote, les souffrances refoulées ?

Une partie des rebelles gouvernent avec vous pendant que l’autre complote contre la Côte d’Ivoire et contre les Ivoiriens! Les mêmes situations produisent souvent les mêmes drames. Les problèmes différés ou mal réglés conduisent toujours à des résultats désagréables. Je crois que vous devriez y réfléchir sérieusement et trouver une solution responsable aux revendications irrationnelles de ces factions radicales. Cela veut dire qu’il y a lieu de reprendre le catalogue incendiaire pour éteindre vraiment le brûlot ivoirien ! Les transferts massifs de populations sahéliennes décrits par Amadou Koné, par Samba Diarra et Konan Bédié et tous les autres analystes dont des associations burkinabé, le déséquilibre du socle sociologique et démographique de la Côte d’Ivoire ne doivent plus être la ligne Maginot, le principe ontologique des blocages contre-productifs. On devra prendre en compte l’existence politique de ces migrations venues de pays voisins en vue d’affiner la critique déconstructive du système, pallier les errements du « complot de jactance » des « loubards » de Félix Houphouët-Boigny. Les rafles et les nettoyages xénophobes doivent être réellement proscrits en Côte d’Ivoire. A la poudrière de l’Ivoirité schizophrénique de Nzueba, Abo vient de confirmer, par le roman certes tragique et malhonnête, ce que nous ne nous avouons toujours pas : « Contre vents et marées, des personnalités trempées jusqu’au cou dans de vastes escroqueries, d’énormes détournements de deniers et des scandales aussi déplorables que retentissants sont maintenus à leurs postes ou appelées à de plus hautes fonctions ». Mettre donc les pendules, toutes les pendules à la même heure ivoirienne ! La réconciliation et la paix ne doivent pas être une simple poétique cafardeuse, prête à incendier et à recourir à la justice expéditive de « l’archer Bassari » ! L’embastillement « conservatoire » des dirigeants de la filière café cacao, s’il est compréhensible en soi, ne cadre pas avec l’époque. Le pardon doit être sincère, total et définitif. Il doit tout effacer ! Comment peut-on prendre une loi d’amnistie pour réintégrer ceux et celles qui ont ôté la vie à leurs concitoyens et envoyer croupir en prison de malheureux voleurs ? Quel sens de la raison et de la mesure avons-nous ? Ce n’est pas ça l’impunité ! Si nous avons effacé les crimes de sang et autres crimes collatéraux, nous devrions être aussi forts mentalement et psychologiquement pour pardonner aux voleurs qui prenaient les biens de tous pendant que le pays était déchiré, déchiqueté et en lambeaux ! Vous l’avez dit vous même ! Nos juridictions doivent savoir appliquer des « sanctions pénales » qui ne conduisent pas forcément en prison mais qui marquent clairement qu’une faute a été commise et qu’elle doit être publique et réparée par d’autres voies que celles de l’humiliation atroce de la prison.

La stigmatisation des marginaux à col blanc et des factions radicales rebelles ne doit plus être . Le soupçon récurrent de ce que certaines personnes pourraient ne pas être ivoiriennes ou des personnes indélicates est, me semble-t-il, un non-sens depuis les Accords de Pretoria. Je me trompe peut-être ! Mais à partir du moment où Dr Dramane Allassane Ouattara est Ivoirien, tous les étrangers de Côte d’Ivoire sont, de droit, Ivoiriens. Il ne doit plus exister en notre pays, du moins dans les conditions historiques d’aujourd’hui, des « fraudeurs » ou des indélicats ! Ce n’est pas du laxisme mais le bon sens juridique arrimé à la signature souveraine de l’Etat de Côte d’Ivoire. Sacré principe de continuité de l’Etat ! Si nos devanciers ont fait des fautes, il nous appartient de les assumer, de nous donner les moyens, tous les moyens justes de les réparer ! Continuité des formes et des métaphysiques ! On ne peut pas dire que Dr Dramane Allassane Ouattara est Ivoirien et éligible en Côte d’Ivoire malgré l’Arrêt du Conseil constitutionnel du 6 octobre 2000 et trouver en 2009 des personnes physiques en Côte d’Ivoire qui ne pourraient pas être ivoiriennes ou qui tomberaient sous le coup de la dureté de la loi pénale ! Dans ces conditions juridiques, judiciaires et politiques, on comprendra que l’élection à la plus haute magistrature ne résoudra rien. Tout le monde le sait ! A moins de porter au pouvoir un véritable tueur à gage, les élections préconisées sont un effroyable mensonge, un déni de la pensée politique efficiente .

Il eût été plus judicieux de sortir de la crise pour ensuite, dans la sérénité et avec patience, démêler le capharnaüm social et politique des délits financiers et autres. Poursuivre plusieurs lièvres à la fois, on finit toujours par n’en attraper aucun ! On augmente même les risques d’accidents mortels ! D’ailleurs, Raphaël Gnabré se répand partout, vous accusant d’avoir biffé les terroirs Dida et Godié de Lakota. Gazo Gaza applaudit ! Zéhi se tait. Lida rase les murs ! C’est quand même curieux ! On ne vous a toujours pas vu à Niambézaria en visite d’Etat. Les terroirs du Néko et du Tigrou ont pourtant chèrement payé leur tribut à la Côte d’Ivoire ! Chaque chose en son temps me direz-vous !

En même temps, vous pouvez vous saisir de ce vent « rectificatif » pour mettre autour de la même table de l’authentique Palabre africaine, rebelles loyaux et rebelles radicaux fâchés entre eux ! Vous avez certes coupé la tête du serpent, vous n’avez pas nettoyé le terrier de la Licorne et du 43e Bima. C’est ça qui fait problème ! C’est ce qui excite les Occidentalistes ivoiriens d’Adou Touré, ils aiment la France contre les terroirs chauves et passablement verdoyants des Monts Soiena décrits naguère par Grainville !

Notre réponse politique depuis le début a été insuffisante puisque la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens sont au banc de la société internationale. Certains d’entre nous sont nommément interdits de sortir du pays. Comme à Gaza ! Comme en Cis-Jordanie ! La Côte d’Ivoire est en passe de devenir la Palestine musulmane d’Afrique ! La Côte d’Ivoire abrite-t-elle, symboliquement, « les religions meurtrières » décrites par Barnavi ? Notre pays est-il le nouveau réceptacle du totalitarisme fasciste arendtien ? La théorie du « détail de l’histoire » serait-elle un trait identitaire ivoirien ? Exagération me dira-t-on ! Chiche ! Quel sens devrions-nous donner au massif déploiement des « Tirailleurs » ou « harkis noirs » des puissances « mondiales » ? Je veux dire que l’on organise des « élections propres » dans les territoires palestiniens et la décision politique qui régit la vie quotidienne des Gazaouis se prend à Tel-Aviv et Bruxelles. Est-ce de cette démocratie-là que nous voulons ? Devons-nous faire des « élections propres » à Yamoussoukro et nous soumettre à la décision de Ouagadougou, de Paris et de Syrte si je m’en tiens à la critique tordue et éléphantesque c’est à dire monstrueuse de Bernard Doza ? Sous cet angle, l’Accord politique de Ouagadougou pourrait avoir mis en mouvement un véritable brandon palestinien en Côte d’Ivoire ! Il faut éteindre cet incendie qui couve ! Notre peuple n’est plus disposé que « l’Occident parade et s’amuse à donner des leçons », à enseigner ou dicter ses « valeurs » et « volontés » dont nous connaissons trop bien les fondements arbitraires !

La question morale et éthique qui sous-tend tous les désordres politiques et militaires ou rebelles de Côte d’Ivoire reste presque en l’état : l’exclusion, la stigmatisation, la discrimination et leur cortège de frustrations irrationnelles, le soupçon de la pensée névrotique du Bien et du Mal, etc... L’arrangement politique de Ouagadougou semble avoir exclu les factions radicales rebelles et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, pouvaient avoir été coupables ou présumés coupables de crimes contre la Côte d’Ivoire ou contre l’humanité ivoirienne. Il stigmatiserait ses détracteurs et la verdeur critique, voire l’expression démocratique. Je l’ai écrit plus haut. On dit : « mais ils peuvent toujours prendre le train même en marche » au risque de le manquer et se casser la gueule ! La visite de la Cour pénale internationale, la nouvelle Sainte Inquisition en fait foi. Cette institution catho-laïque se serait auto-saisie des actes juridiques échappant au nantissement judiciaire - actes signés par l’Etat de Côte d’Ivoire. Un juge français viscéralement malhonnête selon le mot de Tony Oulaï et d’un certain Gossé y a ajouté le subterfuge du crime antisémite ! Les nombreuses amnisties n’ont pas effacé le crime de guerre, le crime économique et le crime contre l’humanité ivoirienne. Du coup, tous ceux, à tort ou à raison, qui craignent pour leur vie, peuvent toujours être tentés par la violence extrême. Ne sont-ils pas en droit de s’organiser, se donner les moyens théoriques, politiques et militaires ad hoc ? L’Unir en est la première manifestation ! Le Cri aussi ! Le funeste projet de la terreur révélé par Koné Adama de retour d’Israël en est encore la preuve irréfutable. C’est le cas du Gal Doué qui semble avoir conspiré contre l’Etat de Côte d’Ivoire dans les événements de novembre 2004 alors qu’il en était le premier Centurion. C’est aussi le cas de Coulibaly qui a revendiqué les assassinats du Gal Robert Guéhi et du Pr Emile Boga Doudou. Il a revendiqué le recrutement des rebelles et leur présentation aux autorités éminentes du Burkina Faso ! Mythomanie disons-nous ! Pourtant, il dit avoir dirigé les opérations de guerre contre la Côte d’Ivoire depuis Ouagadougou et Bouaké, que c’est la prise et le contrôle de la radio et de la télévision par les loyalistes qui avaient fait capoter son projet funeste. Il a décrit tout le long et patient processus qui a abouti à la destruction partielle de la Côte d’Ivoire et les massacres génocidaires du Wê et de l’Ayaou. Il continue de défier l’Etat de Côte d’Ivoire et la curieuse communauté internationale arrimée à la volonté des « Croisés » américains ! Si comme je le pense, les factions radicales sont une menace réelle, il nous appartient et vous en premier de faire le pas décisif pour désarmer idéologiquement et psychologiquement ces factions-là.

Le monde entier a vécu en direct les deux déclarations de guerre à la Côte d’Ivoire de mars et novembre 2004. Les réseaux et officines hérités de la politique de l’expansion coloniale ont tenté de reproduire le Rwanda en notre pays ! La vérité vraie s’est imposée aux théoriciens de la prosopopée. Il n’y a pas eu de Shoah contre les Musulmans, contre les Dioula, contre les Sénoufo, contre le Nord. Nuremberg ou la funeste théorie du complot ethno-religieux a montré ses lacunes en Côte d’Ivoire. L’alibi du crime d’Etat a donc définitivement échoué ! La prosopopée des abus et du devoir de Mémoire s’est d’elle-même dévoyée en Côte d’Ivoire ! La manipulation de l’ethnisme n’a pas pris en Côte d’Ivoire ! L’enfant du Morofê, par exemple, devenu Premier ministre par la « méthodologie Obasanjo » le sait ! L’instrumentalisation du fait religieux n’a pas fait long feu en dehors des « milieux fanatiques traditionnels » ! Le monde entier sait que la Côte d’Ivoire a été victime de la poudrière identitaire construite par Prévention génocides d’Israël W. Charni, Kouchner, Scheuer et la Justice belge ! Les « coulisses du conflit ivoirien » de Labertit ont décrit les réseaux crapules au sommet de l’Etat français, à l’intérieur des institutions européennes et les relais philosémites de Besson. Jack Lang, Kouchner, Tasca, Le Fol, Assouline, Houzel, Bloche et la liste des signataires de l’Appel de Le Nouvel Observateur complètent le tableau des faux-culs. Socialistes judas ! La défaite de la pensée occidentale quoi ! L’erreur de l’Occident comme l’aurait écrit Soljenitsyne, le lecteur assidu de la Pravda des quarante mille proverbes russes ! Nous avons donc assisté à la stratégie des pyromanes pompiers. Ils nous affichaient péremptoirement leur amitié politique mais en réalité ils étaient, dans leurs loges, nos pires ennemis ! C’est ce que confirme, avec ses mots, Koné Adama : « Nous avons senti à un moment donné que Soro ne faisait plus notre affaire parce qu’il déviait le sens de la lutte que nous menions. Or, dans les règles que nous nous sommes fixées, le salaire de la trahison, c’est la mort. Donc sur cette base, notre groupe est passé à l’acte le 12 juin 2006 et c’est dans cette attaque que Kass a trouvé la mort. Et depuis ce jour, il y a eu la chasse à l’homme par les gens de Soro Guillaume. C’est ainsi que nous avons trouvé refuge en Israël. Mais les choses n’ont pas bien tourné pour nous puisque faute de papiers, les gens nous ont rapatriés dare dare ». Des groupes mafieux, bien organisés aux sommets des Etats puissants dont l’Etat hébreu d’Israël, ont tenté de mettre la main sur la Côte d’Ivoire. Leur coup a foiré. Ils ont planqué leurs p’tits gars à Tel-Aviv avant de s’en débarrasser, « dare dare », avec l’accalmie et la promotion d’Etat de Dr Guillaume Soro Kigbafori ! Si ce n’est pas le cas, on devra répondre à cette question maladroite : comment des rebelles musulmans présumés ont-ils pu, armes aux poings, entrer en Israël ? Comment le puissant Mossad et la Team K ont-ils pu être laxistes ? Il est clair que Koné Adama a beaucoup à raconter sur les réseaux rebelles ivoiriens qui aboutissent en Israël ! Les « décembristes » devront tôt ou tard dire les complicités juives du restaurant de Verneuil l’Etang ! En même temps le « vieux Juif » et ses ayant-droit devront motiver leur curieuse participation à une organisation terroriste. On ne peut pas accuser les Ivoiriens d’être antifrançais, voire antisémites et découvrir que ce sont des Juifs français qui ont orchestré, l’origine, la destruction massive de la vie humaine en leur pays . Le bas instinct de l’homme est commun à toute l’humanité. C’est même le seul patrimoine que nous ayons en commun avec les maîtres autoproclamés du monde. Montaigne, Montesquieu, Hugo, Tocqueville, Wiesel, Lefeuvre, Bruckner, Guaino, etc., pensent qu’ils sont les seuls à maîtriser l’art de l’obscurité des Lumières laïques . Le désordre communautaire français en témoigne .

Au total, si on n’y apporte pas la bonne réponse, les vandales catho-laïcs et leurs baudets ivoiriens se saisiront de notre moindre défaillance pour reproduire les souffrances atroces des Ivoiriens. En incluant pas, par la Palabre africaine, les factions radicales rebelles, le processus de l’Accord de Ouagadougou réactivera par lui-même les germes de la prochaine catastrophe. La crise actuelle qui ne finit pas de s’éteindre est partie d’un mensonge : la manipulation de l’ethnisme. Elle peut toujours se réactiver sur le même mensonge ! D’ailleurs, les voix se sont levées pour dire ce que j’ai écrit plus haut. Dr Dramane Allassane Ouattara est Ivoirien ! Au nom de quel droit alors d’autres étrangers mêmes authentiques ne seraient-ils pas aussi citoyens ivoiriens ? Contre une telle certitude, que peut-on leur opposer ? Leur donner des papiers ivoiriens ! Koulibaly, l’actuel « dauphin constitutionnel » soutient cette solution. Tout comme le poète psychologue ivoirien ! Ne parle-t-on pas déjà, pour tous ces malheureux cas, de discrimination et d’exclusion ? Que Coulibaly alias IB soutienne, par le mensonge, qu’il est exclu ou discriminé, peu importe ! Que Doué et d’autres persistent, par le mensonge, qu’ils sont discriminés ou que l’Etat de Côte d’Ivoire est un Etat fasciste, peu importe ! L’existence de centaines de milliers d’authentiques sans-papiers ivoiriens constitue un permis de guerre civile ! Si donc des Ivoiriens qui vous sont proches par la filiation politique et biologique ne sont pas sur les fichiers historiques, comment pourrait-on douter de la citoyenneté des millions d’autres qui ne sont pas sur ces mêmes fichiers historiques ? Vous avez coupé court à cette polémique en expliquant que tous ceux qui avaient été enrôlés sont Ivoiriens de plein droit. Il suffisait donc d’être enrôlé pour être Ivoirien même si on ne l’était pas ! L’enrôlement devenait donc un banal recensement de la population ! Kabako ! Pourquoi parle-t-on encore de contentieux pour tous ceux qui étaient enrôlés ? Si on suit bien la logique actuelle autour de la liste électorale propre, les « nationalistes ivoiriens » sont, en ce qui les concerne, fondés en droit à prendre les armes contre l’Etat de Côte d’Ivoire ou contre les fraudeurs à la nationalité ivoirienne ! Et comme les « nationalistes ivoiriens » seront étiquetés fascistes et xénophobes, les factions rebelles et leurs alliés politiques utiliseront cet argument prétexte dit de « l’ivoirité » pour mettre à nouveau à feu et à sang la Côte d’Ivoire. Que pouvons-nous faire contre la volonté morbide de tels individus ? La guerre ? Nous l’avons bannie de notre vision de la vie. C’est l’enseignement cardinal de la Palabre africaine ! Il ne nous reste que la recherche du dialogue et de l’accord politique responsable - avec eux, avec leurs partisans et leurs mentors fourbes. C’est la vérité naturelle du Traité de Paix et d’Amitié entre le Burkina et la Côte d’Ivoire ! Si par malheur, il y avait encore un soupçon xénophobe en notre pays, le Burkina Faso ne serait-il pas fondé à rompre le Traité de Paix et d’Amitié ? Il faut pallier à toutes les éventualités. Le Burkina Faso doit cesser d’accueillir ou de « garder » des chefs rebelles comme c’est le cas de Koné Zakaria ! Les Etats de la Cedeao ne doivent plus entretenir sur leur sol des agresseurs potentiels et déclarés de la Côte d’Ivoire ! Tout comme la Côte d’Ivoire d’ailleurs !

La démocratie athénienne et romaine triomphante nous a fait perdre nos repères, surtout la gestion de la complexité des postures radicales et irrationnelles. Melodouman l’a pourtant dit au Commandant Kakatika ! L’archer Bassari l’a enseigné aux Ivoiriens longtemps avant la tragédie ! Pourquoi avons-nous été aveugles en n’exigeant pas la paix des braves entre les leaders des différentes factions rebelles ? Malédiction ontologique permanente ! Nous n’avons rien fait pendant plus d’un demi-siècle pour nous affranchir de la raison eschatologique de la « piètre pensée » selon le mot de Dominique Lecourt. Nous n’avons pas lu attentivement L’Enquête réactionnaire de Lindenberg. Nous avons palabré, comme toujours, contre les livres de Dumont, Péan et autres, etc… Nous n’avons pas tiré les leçons idoines de l’essai anthropologique de Bayart et Verschave. Nous avons applaudi au catalogue mémoriel du « rôle positif de la colonisation » ! Sarkozy a fini par nous dire que nous n’avions d’identité que bien-meuble c’est à dire esclave ! Nos problèmes sont pour beaucoup liés à cette histoire non encore soldée. J’aurais tendance à vous poser une question simple : quelle valeur « impactuelle » peut avoir un Accord, fut-il politique et génial, si ceux pour lesquels il est signé n’en saisissent pas les subtilités morales, idéales et éthiques ? Mettre à plat tous les problèmes, voilà l’urgence de l’impératif catégorique ! Il faudra de toutes les façons refonder la Côte d’Ivoire ! Pour cela, il conviendra de rendre la parole fondatrice et refondatrice par les états généraux de la Palabre africaine, sortir enfin des carcans des « réseaux et des officines », éradiquer les foyers visibles et invisibles du crime politique organisé.

D’aucuns soutiennent l’idée selon laquelle, vous chercheriez à vous maintenir au pouvoir par un « constitutionnalisme » débridé, par un semblant de calme et d’acquis significatifs dans le processus de réunification du territoire, du désarmement des ex-combattants et groupes d’autodéfense ou de la construction d’une nouvelle armée républicaine, de l’organisation d’élections transparentes et démocratiques : « Tant que Soro sera tiraillé entre rebelles patriotes et rebelles radicaux, ce sera du pain béni pour Gbagbo ». On est en plein délire de « gouvernement des crabes, des serpents et des scorpions » selon le mot de Kadet ! Paralysie de l’expression populaire et citoyenne de la démocratie alors que le front social est plus que jamais actif ! Flavien Traoré se voit grand leader syndicaliste ! Dysfonctionnements graves dans tous les secteurs de la vie sociale totale ! Peut-on tenir une telle posture politique et morale longtemps sans être qualifié de monstre ? Je ne sais pas répondre à cette question. Cette monstruosité est, il est vrai, une déterminité de l’acte d’Etat ; elle permet de sous-louer à des ombres politiques, notre Mémoire féroce !

J’entends d’ici vos griots et vos dithyrambes : « la primature de Diarra et Banny n’a pas été capable de ramener le calme. Leur politique médiatrice a aiguisé les tensions. Le leader des rebelles est mortellement contesté ! Il ne réussit pas à éteindre le feu qui couve dans les lieux de cantonnements ! Seul, le Woudi de Mama a réussi à Lomé et à Ouagadougou à redonner espoir aux Ivoiriens, à réintégrer dans la République et la Côte d’Ivoire une grande partie des rebelles ! » Je refuse à penser que vous avez eu cette interprétation stupide de la fonction éminente qui est la vôtre. Si votre bilan est « globalement positif », le fragile édifice peut s’écrouler à tout moment ! Vous devez donc mettre fin, en homme politique pragmatique, au cynisme ontologique de la nouvelle situation ! Surtout, selon moi, répondre à la question de savoir s’il faut « continuer l’histoire » de « l’Afrique de Sarkozy » ou chercher, dans le cas de la Côte d’Ivoire, une voie originale pour déployer l’identité initiale de nos « savoirs et connaissances ». J’insiste sur ce point. L’Osageyfo ivoirien doit pouvoir rompre, sans sourciller, les sangles négrières de l’Etat catho-laïc français ! On a certes brûlé des armes ! Des armes continuent de circuler ! On a déployé l’administration d’Etat ! Des services administratifs et militaires rebelles prospèrent, etc… La colère est palpable ! Il est clair, au moment où j’écris ces lignes, que Dr Guillaume Soro Kigbafori est incapable de ramener, tout seul, tous les rebelles ivoiriens à la maison. Il comprend maintenant avec d’autres le difficile métier de leader politique et d’homme d’Etat !

L’Accord politique de Ouagadougou semble avoir montré ses limites. Il porte ontologiquement les traits qui discriminent les factions rebelles radicales autour de Coulibali IB et d’autres. Malgré l’accalmie que nous connaissons ! Malgré les communiqués illisibles de l’Unir, les protestations de Gahoudi et le silence bavard du Gal Doué ! La pacification des factions rebelles radicales évitera, définitivement, de nouvelles barbaries que réprouvent notre culture, nos us et coutumes, nos traditions de l’hospitalité et de la tolérance absolue !

Il est désormais urgent que vous preniez la décision éminemment politique de « réconcilier les amis d’hier » pour la quiétude des Ivoiriens et de la Côte d’Ivoire. C’est l’essence primordiale de votre « job » comme dirait l’autre! Il faut réconcilier les différentes factions rebelles désormais loyales à la République et leurs exclus présumés. Pour ce faire, il vous faut utiliser la jurisprudence Mandela décrite par Touraine débattant avec Ségolène : « Ici c’est sans aucun doute la démarche de Mandela, imitée sous des formes diverses dans beaucoup de pays dont le Chili, qui a donné un exemple, qui contredit la méthode traditionnelle de répression du tribunal de Nuremberg, la recherche de l’aveu des crimes par le coupable, en cherchant à créer un sentiment de responsabilité des coupables face à la population ». Fort de cette démarche, il vous faudra pardonner à ceux qui ont conçu, en dehors du coup d’Etat du 19 septembre 2002, le sombre dessein d’attenter à votre vie. Vous pourriez aller chercher Doué, Coulibali IB et Zakaria pour les ramener avec vous à la maison. Houphouet l’avait fait pour Dioulo ! Vous pouvez le faire pour Doué, pour Coulibali IB, pour Zakaria ! Cela constituerait un acte majeur et un autre niveau du dialogue direct, restaurant définitivement la confiance entre tous les Ivoiriens. Nous sommes tous frères et soeurs. Quand on est le premier des citoyens d’une nation en souffrance, on doit pouvoir poser de tels actes ! N’est-ce pas le sens primordial du sacrifice politique au service de l’Etat républicain ?

En agissant ainsi, vous enlèveriez tout prétexte aux factions violentes qui pourraient considérer que les élections n’auraient pas été « transparentes » ou que le gagnant qui ne serait pas leur choix serait forcément un tribaliste, un fasciste, etc... Les factions rebelles radicales non encore pacifiées hypothèquent a priori gravement l’application totale de l’Accord politique de Ouagadougou !

La grande force de l’homme d’Etat c’est justement de gérer, pour l’intérêt général, les contradictions les plus délicates et les plus sensibles. Vous pouvez le faire maintenant pour éviter que ces factions rebelles radicales manifestement inconscientes ne s’invitent tragiquement dans le processus démocratique.

La valeur réparatrice des élections politiques m’est impénétrable. Pendant plus de quarante ans, il y a eu des élections monolithiques et plurielles. Nous nous sommes néanmoins réveillés avec un hideux putsch militaire. Nous avons eu la violence de décembre 2000. Nous avons enregistré la barbarie de janvier 2001. Nous avons eu le 19 septembre 2002 et les massacres génocidaires du Wê et de l’Ayaou. Nous avions l’horreur absolue du Guébié et les massacres du Sanwi. Si des élections politiques avaient été une solution aux contradictions qui traversent la Côte d’Ivoire, cela se saurait !

Je refuse de m’entendre dire un jour qu’un Ivoirien aurait souffert les propos saugrenus du chanoine de Neuilly : « Entre ici imbécile et tais-toi Gbagbo ! » comme dans le roman maçonnique de Léotard. Il faudra tout faire pour éviter à notre pays l’ignoble fierté rwandaise décrite, en silence, par Léotard et Saint Exupéry ! L’Etat de Côte d’Ivoire doit retenir et appliquer à la lettre l’axiomatique de l’impératif catégorique énoncé par Barnavi c’est à dire « tracer d’une main ferme la frontière entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, entre ce que nous sommes prêts à accepter et ce que nous refusons au nom de nos valeurs ». Mais pour cela il faut ramener à la maison tous les enfants égarés de notre Patrie commune. C’est la leçon que je tire de notre longue méshistoire ! Nous devons dire à notre partie sombre que c’est fini le temps de la sclérose négrière ! Nous devons dire à nos « amis historiques » que nous appliquerons dorénavant, chez nous, nos valeurs, nos us, nos traditions !

Nous sommes un peuple fort de son identité initiale. Nous sommes une nation en cohérence avec elle-même et en cohérence avec tous les principes idéels et universels. Nous sommes encore plus forts que tous les négriers lorsque nous aurons lu, acclimaté et intégré à notre propre verbatim national ces mots féroces de vérité de Cassin et retranscrits par Marc Agi : «Lorsque tous ses fils sont prêts à s'accrocher jusqu'à la mort à la terre, à la terre antique et sainte où leur religion a leur berceau, lorsqu'ils sont animés d'un grand idéal et prêts à rajeunir la vieille terre et à unir dans une même cité et le même respect de toutes les religions et convictions, la Jérusalem ancienne et la moderne, eh bien! un peuple comme celui-là est invincible. Toutes les considérations politiques, toutes les divergences et méfiances des puissances, tous les intérêts à courte vue, toutes les violations du droit international pourront retarder l'heure de la vérité et de la paix, mais ne les arrêteront pas... A moins d'un cataclysme mondial irrémédiable qui engloutisse continents et civilisations ». Vous agirez donc parce que vous savez que les Ivoiriens ont compris, tout compris. D’une main ferme, vous rappellerez toujours et partout que nos valeurs ne sont pas, ne sont plus négociables. Nous mourons pour elles ! Comme Cassin ! Comme Barnavi ! Comme les Croisés catho-laïcs ! Attali utilise le mot barbare de conversos ! Comme tous ceux qui ânonnent que : « l’antiaméricanisme est une métaphore de l’antisémitisme ». La « pensée unique » et « uniforme » est morte dans la savane Sénoufo des « monts Soïena » incendiés autrefois par les ascendants de Grainville ! C’est le sens que nous tirerons de l’héritage des « renégats » de Sidjè !

Je vous le dis comme je le pense. Nous connaissons, grâce à votre courage éclairé et serein, les sources du long malheur de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens. Grâce à vous, nous avons compris le drame rwandais ! Nous connaissons le mode opératoire de la cinquième colonne de la Françafrique ! Faut-il encore donner des raisons et les moyens aux violents et aux ennemis de la Côte d’Ivoire pour endeuiller inutilement les Ivoiriens ? C’est la faute morale et politique qu’il ne faudra pas répéter. Démêlez les contradictions factices, débridez les ego surréalistes et ramenez à la maison commune tous les enfants « gâtés » de notre nation en souffrance. C’est l’unique sens de cette lettre.

Bonne et Heureuse année 2010!

Amitiés politiques fondamentales !

Lettê Na Lettê

Commentaires

TU NE DIS ABSOLUMENT RIEN DU TOUT POUR EDUQUER. TU FAIS DE L'INTOX

Écrit par : GITOET | 16/01/2010

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