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18/01/2010

Moïse & Kalignon de Mama

timthumb.php.pngEst-il permis de s’interroger sur le sens véritable de cette religion de la Nativité qui nous maintient individuellement et collectivement dans l’atroce désert des abominations ? Je tire les premiers rudiments de cette interrogation des mots vrais et sincères de notre woudi national, le kalignon de Mama


Le chrétien et homme d’Etat ivoirien a dit que toutes «affaires dans lesquelles il n’y a pas Dieu, ça ne marche pas ». Donc les affaires qui marchent dont les affaires d’Etat, ce sont les « affaires dans lesquelles il y a dieu » et plus explicitement le Dieu de Moïse. Il a donné l’exemple de ce que l’on a appelé le « boc soviétique » qui n’avait pas mis « Dieu » dans sa vision idéale du soviétisme politique. Et ironisant sur certains messagers locaux de ce « dieu tout puissant », le kalignon de Mama a confié avoir rencontré et discuté longuement avec Dieu le Père lui-même. Il n’a pas dit le contenu de leur « Dialogue direct ». Nous n’avons pas fait le rapprochement, somme toute hasardeux, avec l’Apo issu de la Palabre africaine !

Le face à face a dû être particulièrement passionnant et surtout à son avantage pour qu’il l’évoque publiquement avec bonhommie et un sens aiguisé de la controverse politique incisive.

Le témoignage politique et historique du Président Laurent Gbagbo est évident. Il est daté. Il est donc crédible. Mais comporte une béance inexpliquée voire intolérable !

Soumettre à débat public ce dialogue secret et probablement privé est, pour moi, une urgence impérative. Sans animosité particulière, on devrait pouvoir, avec la fermeté de l’argument politique hérité de la Palabre africaine, décoder et dévoiler le sens caché du « dialogue marcheur ou marché » pour en extraire et retenir la substance féconde et fécondante. C’est même le rôle et l’essence d’un témoignage. Les Grecs et les Romain préchrétien parlaient des Oracles de Zeus consultés par leurs Dictateurs ! Dire idéellement ce que la raison formelle n’arrive pas à formuler. La kabbale enseigne trois voies méthodologiques fondamentales : par l’écrit, par la parole et par l’exemple ou par l’image !

On ne doit plus dire des choses terribles et se contenter des analogies insipides et tordues. Il faut aller à la racine des choses du monde, des choses politiques et religieuses qui font et défont, ont toujours fait et défait notre société monde.

L’Occident de Moïse se divise sur ses prpres valeurs catho-laïques et les prescriptions intransigeantes ou rigoristes de ce que l’on a appelé, par le roman politique, le « Verset satanique ».

L’Orient de Lao Tseu se lève après quatre siècles de silence. Quant aux Palabreurs africains et Chamanes amérindiens, c’est le « coma végétatif » ! En sortiront-ils un jour ? Drôle de question ! Toujours est-il qu’ils comptent les coups comme semble le suggérer le dialogue direct transcrit par le kalignon de Mama. Pourquoi cette posture bizarre ? Question causale terrifiante ! Quels enseignements tirons-nous de ce décor aux étrangetés tueuses ?

Le soviétisme a été combattu par toutes les phalanges de l’Eglise catholique romaine. Il y a deux raisons objectives à cela. Le soviétisme a construit tout un arsenal dialectique délégitimateur du judéo-christianisme théorique et pratique. Les principes cardinaux de l’Eglise chrétienne ont été, dans la phraséologie de l’époque, un « opium du peuple ». Intolérable donc ! Le leadership catholique et plus largement chrétien ne pouvait pas croiser les bras et voir disparaître les fondements théoriques de ses intérêts historiques multiformes. Le soviétisme théorique et politique a été, dans le même temps, porté par une communauté ethno-religieuse et laïque que le dogme chrétien a qualifié, à tort ou à raison, de « déiciste ».

Faut-il observer que Dieu le père, dans le contexte de l’époque, n’était plus totalement et exactement celui de Moïse. Il s’était même recroquevillé sur le leadership catholique et chrétien. On dira donc Dieu catholique (chrétien) de Moïse ! Si donc, les affaires soviétiques ont été portées par les « déicistes », alors le leadership du Dieu catholique de Moïse ne pouvait que les faire capoter. C’est ce qui s’est passé. C’est ce que dit le kalignon de Mama. Dans ces conditions l’argumentation du kalignon de Mama est historiquement et factuellement fondée. Je répète datée ! Son caractère mystique est à tout le moins problématique !

Les théoriciens et idéologues catholiques n’avaient pas besoin des voix de Lourdes pour réactiver les guerres des Temples et Cathédrales contre Moscou et contre l’Etat soviétique ! Ils n’ont fait que défendre de bas intérêts catégoriels.

Mais en même temps, on sort de cette histoire chaotique et effroyable des héritiers de Moïse avec une nouvelle théorie victimiste ou victimaire. Les catho-laïcs et leurs alliés présumés sont sommés de réparer les souffrances endurées par les déïcistes !

C’est ici que le témoignage rendu public par le Président Laurent Gbagbo prend un sens autre que celui qui lui avait été naturellement donné. Les questions sont nombreuses et interminables. Quelle faute avons-nous commise, nous autres Palabreurs africains, pour être maintenus hors de l’humanité par le puissant Dieu de Moïse ? Par toutes ses phalanges ? Avons-nous exclu le Dieu catholique (chrétien) de Moïse de nos affaires ? Avons-nous exclu le Dieu des Hébreux de nos libations animistes ? Avons-nous attenté à la morale du « Verset satanique » ? Quand et comment ? Le témoignage du kalignon de Mama est-il tout simplement le cri révolté d’un esprit libre ? Constate-t-il finalement et simplement la fausseté barbare de ce monde ?.

Un regard cursif sur nos terroirs maléfiques à jamais !

L’Afrique noire est couverte par les trois religions monothéistes. Deux y pratiquent même un prosélytisme agressif. On y tranche massivement les jugulaires au nom du puissant Dieu de Moïse. La Côte d’Ivoire en sait quelque chose ! Il n’y a plus un seul patelin noir qui ne se dit pas fier de posséder son minaret musulman ou son prieuré catholique ou leurs dérivés syncrétiques. Les trois factions religieuses (juive, chrétienne et musulmane) ont la même référence théorique et métaphysique: le Pentateuque ou les cinq livres de Moïse. Qu’est-ce à dire ? Le dieu décrit par Moïse est finalement un dieu dictatorial qui refuse la contradiction politique à l’intérieur de ses propres préconisations. Il est liberticide ! Il est factieux ! Le Dieu de Moïse continue de sévir en Afrique noire alors que le leadership africain revendique sa sagesse et se réfère mécaniquement à ses différents messagers : Moïse, Jésus et Mahomet. Nos patelins, mêmes les plus démunis, le célèbrent et le vénèrent comme à Gagoué ou Lokidou. Doit-on penser que notre faute est d’avoir accueilli et installé dans nos maisons le Dieu de Moïse trois fois saint ? Par l’Islam ! Par le Christianisme ! Par le Judaïsme ! Le Dieu trinitaire de Moïse est, à vrai dire, l’aboutissement théologique du racisme anti-noir !

D’autres peuples, en Asie orientale, se sont réveillés à leurs enseignements traditionnels qui n’ont rien à voir avec le mosaïsme. Il souffle désormais dans cet Orient lointain un vent de libération des ténèbres. On y voit l’amorce de nouvelles lumières grandioses ! Moralès dit et soutient simplement qu’il est Amérindien ! Les Indiens soutiennent qu’ils sont bouddhistes et rien d’autres. Les Chinois occupent toutes les chancelleries de la terre par l’exigence éthique et la renaissance des traditions philosophiques de Lao Tseu !

La Nativité des religions du Livre de Moïse est fondamentalement contraire au patrimoine culturel incessible africain ! C’est cette distorsion originelle qui fait problème! Elle doit être analysée avec méthode et sans passion excessive! Et peut-être verrons-nous le début de notre apaisement individuel et collectif!

Le « Dialogue direct » entre le Dieu chrétien de Moïse et le kalignon de Mama doit être soumis à notre scanner critique pour en montrer la justesse discutable !

A tous les Palabreurs africains, je souhaite une belle et joyeuse fête de la Nativité



Lettê Na Lettê
25 décembre 2009

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