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21/01/2010

Du faux en écritures informatiques!

RaymondTchimou.jpgMaître Kimou souscrierait-il au complot maçonnique contre la Côte d’Ivoire ? C'est la question qui s'impose lorsque le "faux en écriture virtuelle" occupe désormais notre quotidien. C'est ce que m'inspire en tout cas le curieux point de presse de maître Kimou, procureur de la République de Côte d'Ivoire. Ce n’est qu’une question maladroite ! Mais une déduction honnête et juste! Je m’explique.

 


Je termine la lecture du « point de presse » de Maître Kimou, procureur de la République de Côte d’Ivoire. Le spécialiste du droit ivoirien s’est mis dit-il dans ses vêtements de grand vizir, de défenseur de la République, de l’Etat républicain et de la société ouverte. C’est ce qui est transcrit du point de presse de l’éminent juriste ivoirien.

Maître Kimou a fondé, par le droit ivoirien, sa prise de parole publique. Il se justifie comme pour demander pardon aux délinquants! Il ne cherche visiblement pas à sévir! J’y vois un geste pédagogique puisque, selon ses propres mots, "les membres de la Cei ne bénéficient plus de l’immunité de juridiction". Il dit qu’il y a eu manifestement trouble à l’ordre public. Mais pour des raisons de « calme et de sérénité », il suggère aux délinquants qu’ils ont quinze jours pour faire amende honorable et effacer les traces de leurs forfaits. Le Premier ministre « rebelle » l’avait déjà préconisé avec ses mots en créant le curieux « Comité de surveillance et contrôle » ! Les responsables du trouble peuvent narguer tout le monde. Y compris le procureur ! L’affaire est relativement simple aurait dit l’homme de loi ! Il n’a donc pas pris de mesures conservatoires qui permettent véritablement la manifestation de la vérité. La politique est entrée au tribunal et occupe insidieusement le prétoire ! Aucune pose de scellés ! Aucune privation de liberté des délinquants d’Etat ! On dira globalement que le procureur a raison. Par le droit de la loi! La paix ! Encore la paix ! Toujours la paix ! Le refrain bien commode !

Cependant ce qui m’intrigue ou m'indigne - gros mot ! - dans la sortie médiatique du procureur de la République de Côte d’Ivoire c’est de sous-entendre que la « lettre du ministre de l’intérieur » pouvait être l’expression d’une volonté machiavélique et l’orchestration d’une machination politique. Dans ce cas d’espèce, on parle d’acte délibéré de nuire à autrui, ici l’Etat de Côte d’Ivoire et certains de ses hauts serviteurs ! Au bas mot Désiré Tagro, le négociateur de l’Apo et du Tpa, serait un « affabulateur » et probablement coutumier de la « rumeur ». Le mot rumeur est dans le texte du procureur de la République.

Je ne peux pas un seul instant penser que le procureur de la République de Côte ait pensé ainsi. Je peux me tromper sur l’éthique et l’impératif catégorique de ce point de presse. On tirera les bonnes conclusions dans quinze jours.

Lettê na Lettê

 

 

 

 

 

Le Texte du procureur de la République

Mesdames et

Messieurs les journalistes

Je vous remercie d’avoir une fois de plus répondu à notre appel pour ce point de presse. J’en profite pour vous souhaiter mes vœux les meilleurs de santé, de paix pour chacun et pour notre pays.

Les faits qui sont l’objet de ce point de presse sont les suivants:

Par une lettre en date du 14 Janvier 2010, le Ministre de l’Intérieur dénonçait au Parquet des faits de fraudes sur les listes électorales actuellement en cours d’élaboration, et sollicitait l’ouverture d’une enquête judiciaire relativement aux actes qu’aurait posés le Bureau de la Commission Centrale de la Commission électorale Indépendante (CEI) dans le cadre de la gestion du contentieux de l’établissement de la liste électorale.

En particulier, il a demandé de bien vouloir ouvrir une enquête à l’effet:

- d’établir si une entreprise parallèle de traitement des données de la liste électorale a été mise sur pied en dehors de la Sagem et de L’INS, opérateurs techniques désignés par les Accords de paix et les lois de la République;

- d’indiquer les noms et le nombre de personnes qui ont pris l’initiative de cette entreprise et qui y ont participé;

- de vérifier si cette entreprise avait pour objet de faire des rajouts ou des ajouts ou des soustractions sur la liste électorale ; de déterminer le mécanisme par lequel cette entreprise entendait parvenir à ses fins; de déterminer la date exacte de la mise en place de cette entreprise et les activités qu’elle a entreprises sur la liste électorale avant l’opération actuellement incriminée;

Au vu de cette lettre, mon Parquet a, dès le 15 Janvier 2010, instruit le Directeur de la Police Criminelle de diligenter une enquête sur les faits dénoncés et désigné par la même occasion, deux substituts pour suivre cette enquête.

Il convient d’indiquer à tous qu’en l’état actuel des choses, le Parquet ne fait que recueillir toutes les informations, comme il est de son devoir, indispensables pour faire éclater la vérité afin que les responsabilités soient situées.

Au demeurant, il n’est pas inutile de rappeler qu’aussi bien la saisine faite par le Ministre de l’intérieur que notre réaction est conforme aux prescriptions de l’article 40 du code de procédure pénale ci-dessous rappelées: « Le Procureur de la République reçoit les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à leur donner … » « Toute autorité constituée, tout Officier Public ou fonctionnaire, qui dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au Procureur de la République … »

En outre dès qu’un fait est susceptible de troubler l’ordre public, le Parquet à l’obligation de se saisir des dits faits, ouvrir une enquête, pour en établir les responsabilités et ainsi rétablir l’ordre et la sécurité publique. C’est le lieu de rappeler que le Procureur de la République a pour rôle de veiller aux intérêts généraux de la société (Article 169 du Code de Procédure Pénale).

Enfin il faut savoir que la gravité des faits dénoncés obligeait mon Parquet à réagir donc il ne devait pas rester inactif d’autant plus que les membres de la CEl ne bénéficient plus de l’immunité de juridiction que leur avait octroyée l’article 25 nouveau de la loi n °2004-642 du 14 décembre 2004, suite à sa modification intervenue par décision n °2005-06/ PR du 15 Juillet 2005 relative à la CEL

En tout état de cause, le Parquet n’entend nullement se livrer à une chasse aux « sorcières ». Il s’agit pour nous d’établir de manière objective des faits ou infirmer au, contraire une rumeur. On ne saurait trop conseiller le calme et la sérénité à tous. J’invite les uns et les autres donc au calme et à la retenue et à faire confiance à notre Justice. Les faits étant en principe simples un délai de deux semaines est largement suffisant pour obtenir les résultats de notre enquête.

La collaboration de tous est donc nécessaire pour éviter les suspicions et les rumeurs. Tous ceux qui estiment qu’ils sont plus au parfum des faits dénoncés sont priés de bien vouloir porter leur révélation à la connaissance de la Police Criminelle dans l’intérêt de la Justice et de la manifestation de la vérité; ce qui serait plus sage.

Dans cette attente, mon Parquet reste à l’écoute de tous.

Je vous remercie

Fait au Parquet d’Abidjan-Plateau ( Côte d’Ivoire )

le 20 Janvier 2010

 

00:31 Publié dans Zelikeze | Lien permanent | Commentaires (0)

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