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04/02/2010

La terreur

 

Kore_Emmanuel (Large).jpgKoré !

Le  pur

L’intègre

L’éclairé

Le juste

la vérité

 

Koré !

Brimé

Ecrasé

Humilié

Frustré

 

Koré !

La  mauvaise religion

Le  grand Boubou

La  victime innocente

Le  mouton de sacrifice

 

Koré !

Sanctionné

Bâillonné

Suspendu

Exclu

Discriminé

 

Koré !

Le justicier des Texaco en noir

La voix de l’Onu des mêmes

L’équipier d’Amnesty mondial

L’agent de Prévention Génocides

 

Koré !

La bête noire !

Le chiffon rouge

La terreur

Du patronyme

De qui ?

De quoi ?

 

De l’arbitraire ?

Tu dis bien le mot ?

De l’arbitraire ?

 

Signe même !

Avec des ajouts !

Rocambolesque !

Non, la vérité nue !

 

Je répète !

Arbitraire !

Des patriotes de la rue

Des voleurs de diplômes

Des faussaires en tout

Des calomniateurs

Des tribalistes

Des massacreurs

Des corrompus

 

Finalement !

Oui finalement !

De tous ceux et celles

Qui Emmanuel ne sont pas

Emmanuel l’Evangéliste

Coupeur de têtes Canaan

Trancheur de jugulaires à Kouch !

 

Ah ! Enfin !

Koré parle !

Haut et fort !

Clairement

Franchement

Sincèrement

Pour « prendre toute sa place dans le processus de paix et de réconciliation, dans la justice et la vérité »

Le jour se lève toujours

Lette na Lettê

 


_MG_8644.JPG.jpegKoré Emmanuel, Rédacteur en chef de Le Patriote : "Nous sommes victimes d’un acharnement du CNP"

Que pensez-vous de cette sanction ?

C’est une sanction évidemment inacceptable et arbitraire. Elle nous est tombée comme un couperet sur la tête. C’est seulement hier à 18h que nous avons reçu la décision de suspension de notre parution pour trois jours, dès réception de ladite notification. Le piège saute aux yeux, dans la mesure où cette décision ne nous a laissé aucune possibilité de recours. C’est comme si le CNP avait attendu le dernier moment pour nous empêcher de réagir.

Dans le fond, que vous reproche-t-on ?

On nous reproche d’avoir écrit que Charles Blé Goudé a volé une licence et que des pontes du FPI, depuis quelques semaines dans le cadre du contentieux, font des dénonciations calomnieuses sur des bases tribales.Au Patriote, nous n’avons rien inventé. Nous n’avons fait que dire ce que les Ivoiriens savent. En outre, il nous est reproché d’avoir dénoncé l’implication intempestive du ministre de l’Intérieur dans le processus électoral. Le CNP nous accuse également d’avoir rappelé au souvenir des Ivoiriens, les massacres d’opposants d’octobre 2000 et de mars 2004. A la vérité, ces faits ne sont pas nouveaux et sont consignés dans les différents rapports de l’ONU et d’Amnesty International, vérifiables par tous. Concernant le ministre Désiré Tagro, c’est un autre faux procès que nous fait le CNP, dans la mesure où le concerné lui-même a reconnu son intrusion dans le contentieux sur la liste électorale, en parlant de dysfonctionnement de ses services. L’acharnement est criard, d’autant que ce n’est pas la première fois que nous constatons que le CNP a la sanction particulièrement sélective. On a parfois l’impression qu’ils font du deux poids deux mesures entre les journaux proches du pouvoir et ceux de l’opposition. Il est clair qu’il s’agit d’une décision politique visant à bâillonner Le Patriote. C’est peine perdue !

Quel message à vos lecteurs ?

Nous rassurons nos lecteurs et annonceurs quant à notre détermination à continuer de faire le travail qui est le nôtre avec professionnalisme et dont on ne s’est jamais départi. Le Patriote entend prendre toute sa place dans le processus de paix et de réconciliation, dans la justice et la vérité.

CP

 

Conf_Mambe (4) (Large).JPG.jpegEntre nous : Cei : Evitons de briser tout l’édifice

Etonnante Côte d'Ivoire du cinquantenaire. En ce dernier samedi de janvier, sur l'esplanade de la Présidence, la voix la plus autorisée de l'Etat s'en est ouvertement prise à toutes ces " puissances " qui naguère favorables au système du Parti unique nous pressent aujourd'hui d'aller aux élections. Chacun à son niveau pourra apprécier cette superbe et solennelle mise en garde ! Disons tout simplement que le régime dit de la Refondation-nostalgique d'un passé qu'i l prétend abhorrer veut se donner du temps, se perpétuer des décennies durant au sommet de l'Etat, certainement jusqu'à la date butoir de 2030 ! Un tel projet peut paraître surprenant à tous ceux de nos compatriotes, aux opposants notoirement majoritaires qui depuis près de cinq ans se battent pour la tenue d'un scrutin correct et démocratique en Côte d'Ivoire. Pourquoi ce paradoxe ?

Des opposants et nombre d'Ivoiriens qui ne manquent pas d'humour-il en faut pour supporter nos temps difficiles- ont tôt fait de railler, ceux des leurs qui hier encore dénommés "le camp présidentiel ", se sont auto-baptisés : " la majorité présidentielle ". Lesdits majoritaires, proclament-ils, avec seulement 10 à 15% des votants selon les sondages les plus crédibles, ne seraient en réalité que " la minorité présidentielle " ! Où se situe la vérité ?

Majorité ou Minorité : ces deux notions n'ont de sens dans le cas d'espèce que par rapport à leur objet qui se trouve ici être les élections ! Or, que constatons-nous depuis près de cinq ans ? 

L'impossibilité quasi- manifeste d'organiser des élections en Côte d'Ivoire. Près de trois mois en effet après le report du 29 Novembre 2009, les élections les plus chères au monde par tête d'électeur à ce qu'on nous dit, n'ont guère permis de s'accorder sur une liste électorale même provisoire. Pourquoi ? Nous touchons ici au mal le plus pernicieux de la Côte d'Ivoire actuelle : 

l'absence d'un consensus minimal de la part des acteurs politiques. En la matière, ladite minorité présidentielle a de par son statut et son influence une très lourde responsabilité.

-Du statut : le régime ivoirien est un régime présidentiel pur et dur que ni les faits ni la guerre n'ont pu infléchir. Les prérogatives dévolues au chef de l'Exécutif (la convocation du collège électoral notamment)- en fait la clef de voûte de tout l'édifice institutionnel et électoral. Dans ce sens, nous, Ivoiriens, attendons de la part du régime actuel, des élections présidentielles puis législatives ici et maintenant.
-De l'influence : la Côte d'Ivoire aurait-t-elle connu une telle crise, cruelle et inhumaine si depuis la Conférence dite la Table ronde de Marcoussis en janvier 2003 jusqu'à la présente Affaire de la Commission Electorale Indépendante (janvier 2010), l'on n'avait pas constamment et continument joué avec ce qu'on considère comme des principes incontournables ? Des députés, honorables élus de la nation, n'ont-ils pas argué de leur indépendance pour au nom d'une certaine liberté bloquer les reformes enlevant chaque jour un peu plus de souveraineté et de prospérité à ce pays ? Que penser de l'Affaire dite des 419.000 individus " frauduleusement inscrits " sur la liste électorale provisoire. Nous disons et écrivons bien " liste provisoire " et non définitive ? Mais là n'est pas pour le moment le problème. A notre avis de néophyte, le traitement de cette affaire nous paraît tout à fait inapproprié. Tous, quel que soit notre bord politique, devrions porter une légitime et vigilante attention à la CEI en évitant toutefois de ne pas briser à tort tout l'édifice. La voie la plus indiquée dans ce cas n'est pas de clouer au pilori les agents de ce qui avant tout est une institution, fussent-ils président et vice-président, avant de situer les vraies responsabilités. 

Dans les démocraties les plus avancées, de telles institutions existent sans qu'elles soient exposées et livrées à la vindicte populaire et publique. Avec tout le filet juridique à notre disposition allant des compétences nationales au facilitateur de l'Accord politique de Ouagadougou un minimum et de précaution s'imposait à nous dans le règlement de ce problème. 

Ailleurs, on est plus discret sans être aucunement faible. Allez donc demander à l'électeur Français ou Américain, le nom du président de la Commission électorale ! Gageons que peu d'entre eux serait en mesure de vous répondre valablement. Persuadés que nous sommes que personne n'est au-dessus de la loi, c'est en toute responsabilité et surtout dans l'intérêt supérieur de la Côte d'Ivoire, que nous nous devons de régler nos divergences, fussent-elles celles relatives à la Commission Electorale Indépendante. Ce faisant, la seule gagnante sera la Côte d'Ivoire, celle qui veut aller au vote, celle des 70 à 80% de jeunes qui croient et espèrent en un avenir lumineux de ce pays. Dans ce schéma, quelle est la part de responsabilité de ceux qu'à tort où à raison l'on qualifie de " majorité silencieuse " ? Un prochain article nous situera.
TIACOH Carnot, membre du Bureau Politique du PDCI-RDA.

E-mail : carnotiacoh@yahoo.fr

gal-713241.jpgRadiation de 4000 personnes - Divo se rebelle contre Tagro et ses juges

Divo était une ville morte hier. Les manifestations contre le magistrat ont fait deux blessés dans les rangs de la police.
Temps électrique hier à Divo. Les populations se sont encore une fois rebellées contre ‘‘l’arbitraire’’ du ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro. Elles ont manifesté pour dénoncer la décision du président du tribunal de juger à leur insu 4000 personnes inscrites sur la liste provisoire que le Fpi accuse d’être des étrangers. La Cité du Djiboua était une ville morte : les écoles ont fermé, les magasins ont baissé pavillon, les taxis n’ont pas roulé, le tribunal a été assiégé. Selon des sources concordantes, les grenades lacrymogènes tonnaient à 17 heures dans les quartiers Dioulabougou et Zamaramabougou où plusieurs personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre. « Les policiers se sont livrées à une véritable chasse à l’homme », soutient un habitant de Divo. Les affrontements ont fait deux blessés dans les rangs de la police déployée pour mâter les manifestants. « Le commissaire Ouattara Dongui du 1er arrondissement a reçu un projectile au front. Un autre policier qui tentait de lancer des grenades lacrymogènes est tombé du cargo. Il est grièvement blessé », indique une source digne de foi au téléphone. Ces manifestations, qui ont démarré mardi, marquent le ras-le-bol des populations contre le magistrat Tié Bi Foua qui a décidé de juger 4000 personnes accusées de fraude sur la nationalité par des militants du Fpi. « Le juge se comporte comme un militant du Fpi. Il a décidé de juger ces accusés sans qu’ils soient informés. C’est un viol de la procédure en vigueur », avait condamné le responsable du Rjr, Koné Lassina dit Bazo, au téléphone. Selon lui, les plaignants étaient présents alors que les accusés, qui portent tous des noms à consonance nordique, n’étaient pas informés du procès. « Ils sont accusés de fraude sur la nationalité à cause de leur patronyme. Les plaignants n’ont apporté aucune preuve pour montrer qu’ils sont des étrangers », s’est plaint le jeune républicain de la Cité de la panthère. Il s’étonne que le président du tribunal accepte de juger une affaire alors que c’est à la Cei de porter les cas de fraude sur le listing électoral devant le tribunal. « Il n’y aura pas de procès tant que la liste des accusés n’est pas affichée. C’est un préalable non négociable », avait mis en garde Koné Lassina. Depuis dimanche, trois ressortissants de Kouamékro : Touré Alidou, Koné Moussa et Bassamé Sylvain sont gardés à la gendarmerie de Divo pour, dit-on, fraude sur la nationalité ivoirienne. Mardi à Katiola, le président du tribunal a failli être lynché à cause de sa décision de radier 200 personnes sur la liste provisoire. Le magistrat a eu la vie sauve en se réfugiant dans le plafond de son bureau.
Nomel Essis 
Légende : La ville de Divo a été paralysée hier par les populations qui reprochent au juge de se comporter comme un militant du Fpi

 

banane.jpgDéclaration des membres de la Commission centrale : “Nous invitons les commissaires de la CEI à s’abstenir de toutes opérations”

Le 2 février 2010, les commissaires centraux de la CEl ont été surpris par un communiqué conjoint du Premier ministre et du président de la CEl lu sur les antennes de la télévision nationale par le porte-parole du Premier ministre. Ce communiqué indique que la période des réclamations pour l'inscription sur la liste électorale reprend pour une durée de dix jours allant du 4 au 14 février 2010. Il convient de rappeler que, le 22 janvier 2010, le président de la CEl, monsieur Robert Beugré Mambé, a informé la Commission centrale de la volonté du Gouvernement de voir les réclamations reprendre pour une période de dix jours à compter du 25 janvier 2010. Fraîchement échaudée par la crise des 429 000 pétitionnaires issus des croisements effectués par les services de la CEl, la Commission centrale a demandé à être saisie par une lettre officielle du Gouvernement. Elle a aussi souhaité que cette prorogation, si elle a lieu, soit préalablement formalisée dans un texte de valeur législative qui ne peut être proposé que par la Commission centrale de la CEl. C'est dans l'attente de cette correspondance que les membres de la Commission centrale ont découvert ce communiqué conjoint. Les commissaires superviseurs signataires de la présente déclaration constatent que ce communiqué conjoint portant sur une prérogative de la CEl a été discuté et signé en dehors de toute intervention de la Commission centrale de la CEl, de son bureau et de ses membres. Ils notent, avec la plus grande stupéfaction, que les dysfonctionnements qui ont conduit à la crise des 429 000 pétitionnaires continuent de prospérer, malgré la gravité de cette crise et en dépit de ses conséquences extrêmement négatives sur le processus électoral. Le président de la CEl continue à se substituer à l'ensemble des organes de cette institution et à passer outre leurs décisions. C'est un secret de polichinelle que le président de la CEl a pris seul l'initiative de faire les croisements litigieux. Il est ensuite passé outre la décision du bureau de la CEl pour proposer l'utilisation du fichier issu de ce croisement à la Commission centrale. C'est encore en violation de la décision de la Commission centrale subordonnant leur utilisation à l'accord du CPC et de tous les partenaires du processus que ces fichiers se sont retrouvés dans les commissions locales à l'insu des commissaires superviseurs. Ces faits, ajoutés à d'autres indices et documents que le serment des membres de la CEl ne permet pas de détailler dans la présente déclaration, montrent clairement que le président de la CEl a, en violation des décisions de tous les organes de l'institution, donné instruction pour l'utilisation du fichier litigieux. Le 14 janvier 2010, le président de la CEl a signé, au nom de l'institution, un mode opératoire qui permet de soumettre les décisions de la CEl à la validation d'un comité de suivi, sans examen de ce document, ni par le bureau de la commission, ni par la commission centrale. Le 25 janvier 2010, en lieu et place de l'avocat conseil de la CEl sollicité sur la question de l'immunité, le président a proposé de faire entendre par la Commission centrale un collectif d'avocats composé exclusivement par les avocats du PDCI et du RDR dont certains s'étaient publiquement prononcés sur le sujet dans un cadre purement partisan. La Commission centrale a refusé cette audition et a autorisé le président, à sa demande, à recevoir ces avocats par pure courtoisie afin de leur signifier ce refus. En violation de cette décision, le président de la CEl a pris les conseils et avis de ces avocats jugés trop partisans par la Commission centrale et les a communiqués au bureau de l'institution. Dans ces conditions, la signature solitaire du communiqué conjoint du 2 février 2010 s'inscrit dans le cadre d'une série de violations des prérogatives et décisions de la Commission centrale par le président de la CEI. Les commissaires superviseurs signataires de la présente déclaration constatent également que, depuis la crise des 429 000 pétitionnaires, les actes de sujétion de la CEl ou d'immixtion dans ses prérogatives légales par le gouvernement ou certains de ses membres se multiplient. Ces actes prennent parfois ouvertement appui sur le doute créé par cette affaire sur l'impartialité de la Commission ou sa capacité à organiser des élections justes et transparentes. En conséquence, les nombreuses interpellations internes n'ayant donné aucun résultat,les commissaires signataires de la présente déclaration prient humblement et respectueusement le gouvernement, chacun de ses membres et l'ensemble des institutions de la République, ainsi que tous ses partenaires, à œuvrer, chacun selon ses prérogatives constit utionnelles ou légales et ses missions pour la manifestation de la vérité dans l'affaire des 429000 pétitionnaires ; Dans le même esprit, ils les invitent à prendre les mesures correctives nécessaires à la restauration du crédit de la Commission électorale indépendante ; - Ils informent la communauté nationale et internationale de ce qui suit: en attendant la décision de la Commission centrale sur la question de la reprise des réclamations, ils s'abstiendront de prendre part aux opérations liées au contenu du communiqué conjoint diffusé le 2 février 2010 et à toute activité de terrain ; -Ils invitent tous les commissaires de la CEl, sur l'ensemble du territoire national et à l'étranger, à s'abstenir de mettre en œuvre la mesure de prorogation des réclamations résultant du communiqué conjoint du Premier ministre et du président de la CEl en date du 2 février 2010. 

Fait à Abidjan, le 3 février 2010 

Ont signé : Gbané Bourahima, superviseur du Bas-Sassandra Oulaï Yvon Gneninsina, superviseur du N'Zi-Comoé Tapé Kipré, superviseur Région du Bafing Touba Doumbia Mawesey, superviseur Savanes Col-Major Kah BastIen, superviseur Fromager Gal Lago Daleba Bernard, superviseur Moyen-Cavally Bolou Max, superviseur Région Moyen-Comoé Kromel Milidji, superviseur du Haut-Sassandra Dogou Alain, superviseur d'Alépé et Anyama Bayoro Dagrou Salomon, Région Marahoué

920692554.jpgFraude massive à la CEI - Ouattara, le vrai commanditaire

Voici toute l’histoire des 429.000 personnes que Beugré Mambé, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), tentait d’introduire frauduleusement sur la liste électorale provisoire. 

C’est une confidence d’un proche du Premier ministre qui nous a ouvert les yeux. Agacé par les agissements du patron du RDR qui ne sont guère catholiques, le disciple de Soro n’a pas pu se retenir et a tout craché. Pour lui, l’affaire des 429.000 pétitionnaires que l’on avait réussi à introduire clandestinement sur la liste électorale est partie du laboratoire de fraude du RDR d’Alassane Ouattara. “Frère, je te dis que c’est le RDR qui a gonflé le nombre de pétitionnaires. Ils ne savent pas qu’avec cette bataille qu’ils mènent pour inscrire les étrangers, nous allons finir par être débordés un jour. Si on ne l’est déjà”. 

L’explication qu’il donne et que l’enquête judiciaire en cours confirmera sans doute est que c’est par le biais de Jean-Baptiste Gomis, représentant du RDR à la CEI, que les 429.000 noms sur un total de 529.000 noms au départ ont atterri sur les bureaux de la CEI. Il fallait maintenant convaincre Mambé de la nécessité de les inscrire sur la liste. Parce que, que ce soit au premier ou au second tour de la présidentielle ou même aux élections législatives et locales, ces électeurs créés de toutes pièces peuvent être utiles pour les candidats du RHDP, regroupement de quatre partis politiques. C’est ce qui aurait convaincu Mambé et son parti, le PDCI-RDA, à jouer à fond la carte de la tricherie. Même si, raconte “le frère”, il se dit aussi qu’il y a eu des dessous de table. “Beaucoup d’argent aurait circulé dans cette affaire”, dit-il le sourire en coin. “Dis-moi, explique le frère, s’il n’y a pas la main de Ouattara derrière cette affaire, pourquoi soutiendrait-il Mambé de toutes ses forces bien qu’il sache la vérité ? Même le PDCI dont Mambé est issu n’est plus trop chaud. Mais Ouattara continue de dire : “Mambé ou rien”. 

Ce que “le frère” a démontré est d’autant plus crédible qu’aujourd’hui, au PDCI, on semble ne plus reconnaître Mambé comme militant du vieux parti en qui il faut avoir entièrement confiance. “C’est une trahison, ce qu’il a fait. Il a été acheté. Il est dans la poche de l’autre”, confie un fidèle de Bédié, cheveux et moustache poivre-sel, qui espère que le camp présidentiel réussira à bouter le président de la CEI hors de cette institution. Une autre preuve que la coalition appelée RHDP n’a pas longue vie et que, minoritaire dans le pays, elle est obligée de frauder à grande échelle pour espérer se retrouver au second tour de la présidentielle. Ceux qui voulaient voir voient maintenant. 

Abdoulaye Villard Sanogo

earth_20090309105503.jpgCrise à la CEI : Dix membres de la commission centrale se retirent des opérations - L’affaire Beugré Mambé a fait exploser la commission centrale de la CEI hier

La crise née du croisement clandestin des 429000 pétitionnaires sur la liste électorale effectué par Robert Beugré Mambé a connu un important rebondissement hier. Dix membres de la commission centrale de la CEI, tous des superviseurs régionaux, se sont retirés de toute activité sur le terrain. Dans une déclaration faite au siège de l’institution chargée des élections, les commissaires concernés, par la voix de Gbané Ibrahima (superviseur de la région du Bas-Sassandra), ont invité tous leurs collègues sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger à les suivre dans leur démarche. Cette décision, qui sonne l’implosion de la CEI, fait suite à un communiqué conjoint du Premier ministre et du président de la CEI indiquant que la période des réclamations pour l’inscription sur la liste électorale reprend pour une durée de dix jours allant du 4 au 14 février 2010. Pour les commissaires signataires de la déclaration d’hier, le communiqué incriminé, lu le 2 février 2010 par le porte-parole du Premier ministre sur les antennes de la télévision nationale, constitue un manquement grave aux prérogatives de la CEI. “Les commissaires superviseurs signataires de la présente déclaration constatent que ce communiqué conjoint portant sur une prérogative de la CEI a été discuté et signé en dehors de toute intervention de la commission centrale de la CEI, de son bureau et de ses membres”. Les dix commissaires centraux notent avec amertume que les “dysfonctionnements” à l’origine de la crise des 429000 pétitionnaires n’ont pas été corrigés et que le président de la CEI continue de se substituer à l’ensemble des organes de cette institution. L’autre révélation de taille faite par les commissaires superviseurs est que Beugré Mambé a pris seul l’initiative de faire les croisements litigieux et de proposer le fichier qui en est issu à la commission centrale sans l’aval du bureau de la CEI.

Junior Dekassan

 

 

15:25 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

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