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10/02/2010

A Richard Dacouri

 

ZAKfranc (Large)-1.jpgLa Côte d’Ivoire traverse une page particulièrement enrichissante de son histoire post-coloniale et néocoloniale. Un à un, les nœuds de la corde de la potence négrière se débrident. Les chaînes visibles et invisibles se défont et tombent d’elles-mêmes. La voix des condamnés et autres damnés de la terre se fait audible. Les langues se délient une à une. La violence extrême dévoile ses sorciers!IMG_0240.JPG

 

 


Les Ivoiriens ont découvert avec stupeur en début du mois de janvier 2010 que l’autorité administrative indépendante Cei, en charge de sortir le pays de l’inconsciente crise du 19 septembre 2002, aurait mis en place un système particulièrement immonde. Tout le processus électoral était gangrené.

Au lieu de prendre les mesures claires et strictes pour mettre un coup d’arrêt aux méthodes des officines et réseaux de la Françafrique, le Premier ministre rebelle aurait tenté de couvrir la forfaiture ! Pour quels intérêts ? Vaste question  qui trouble! Les Ivoiriens polémiquent ! Comme ils savent le faire à a veille des catastrophes humanitaires !

Pour éclairer les polémiques dans notre république démocratique en construction et surtout donner du sens et de la cohérence à l’action du gouvernement de sortie de crise, Désiré Tagro a légalement saisi le procureur de la République à l’effet de l’éclairer de façon impartiale. Désiré Tagro a pris une circulaire ministérielle pour demander à l’administration d’Etat de faire son travail d’Etat civil et aider la Cei en faillite grave. Deux actes publics majeurs. Mais deux actes diversement interprétés ! Pourtant ce sont les seuls actes censés dans les conditions historiques d’aujourd’hui !

Que font les forces militaires rebelles ? Toujours actives dans le pays, elles ont appelé à une rencontre à Bouaké. A la sortie de cette rencontre, leur porte parole qui est aussi ministre de la République a invité la presse internationale (Agence française de presse ou Afp) pour dire l’essentiel de la concertation. Une critique radicale des deux actes posés par Désiré Tagro comme actes de planification d’un crime de génocide du type rwandais en Côte d’Ivoire. Nos rebelles ont de la suite dans leur projet funeste !

Echaudés, les patriotes ivoiriens, par la voix de Dacouri Richard, répondent. Ils me nacent aussi ! Disons, ils entrent dans le jeu de la polémique et de la banalisation du crime de génocide décrit par Sidiki Konaté. C’est cette propension à la parole inutile et inconsciente qui me pousse à dire ici mon point de vue. Aux patriotes ivoiriens.

Les jeunes patriotes doivent quitter définitivement le royaume d’enfance. Ils doivent maintenant appliquer ce que Désiré Tagro et tant d’autres leur ont enseigné. Le respect de la loi juste. Ils doivent en toutes circonstances s’assurer que leur discours est juste et en adéquation avec les lois de notre pays. Je crois que c’est le choix qu’ils ont fait en septembre 2002 en opposant aux kalachnikov la nudité de leurs petites poitrines et mains nues ! C’est cette grande leçon d’humanité non violente qu’ils doivent opposer à leurs propres frères ivoiriens étourdis dans les sentiers de la Franc-maçonnerie des Camdessus et Dr Dramane Allassane Ouattara ! Ils doivent donc se donner les moyens et les outils républicains de leurs propres paroles publiques. Ils ont, dis-je, l’exemple de Désiré Tagro.

Alors qu’il a donc les moyens pour confondre les délinquants, le ministre de l’intérieur a demandé à l’autorité judiciaire de l’éclairer sur le tort gravissime qui se serait noué contre l’Etat de Côte d’Ivoire, contre la République ivoirienne et contre notre nation. On voit ce que cette simple question soulève comme raidissement intellectuel et politique. L’extrémisme est en passe de devenir le seul mode légal à l’expression de la passion politique. On a repris les stratégies des incendies des symboles de l’Etat un peu partout dans les zones sous administration militaire rebelle : Katiola (Justice et magistrat), Man (Justice et magistrat), Vavoua (Sous préfecture), etc… On dit qu’il faut identifier les Ivoiriens. L’Etat de Côte d’Ivoire se donne les moyens et les outils ad hoc. La Cei centrale, le « Comité de suivi », l’Autorité judiciaire, les autorités traditionnelles et religieuses, tous ceux qui peuvent apporter une information qui permette de sortir des contradictions savamment entretenues par les héritiers des négriers d’hier. Puis, on excite ! On met dans la rue des gens pour dégrader des biens appartenant à autrui. De façon permanente des usines, des marches populaires brûlent à Abidjan intra muros ! On brûle donc criminellement.

Et après s’être concertés, les rebelles disent la nature effroyable de la nouvelle discorde : planification de crime de génocide par le Fpi. Les rebelles sont-ils toujours loyaux à la République ? C’est la question qui est sur toutes les langues qui ne sont pas encore brûlées. Leur porte-parole explique que l’Etat ivoirien – dans lequel il occupe des fonctions éminentes – serait en train de mettre en mouvement le crime de génocide. Au bas mot, le porte-parole des rebelles mettrait en place, avec ses amis, les conditions du crime de génocide !

La question qui est posée est. Comment on fait pour s’assurer que le propos du chef rebelle Sidiki Konaté est une simple spéculation sociologique ? Et surtout comment on fait pour le savoir ? Ce n’est pas en le suivant sur la voie glissante et aléatoire de la polémique. Pour le savoir c’est de donner un cadre visible à distance par tous, un cadre dont le rôle est justement de dire la réalité des faits et des postures. Et au besoin les sanctionner ! Dire que l’administration d’Etat monte les communautés les unes contre les autres en convoquant implicitement la circulaire du ministre de l’intérieur c’est au bas mot récuser l’Etat de droit. Ou soutenir que l’Etat de droit est en Côte d’Ivoire une vue de l’esprit ! Grave, l’Etat ivoirien n’est rien d’autre qu’un appareil criminel ou fasciste ! Dans ces conditions, le programme d’indentification des Ivoiriens était fondamentalement un programme génocidaire. On identifie finalement les Ivoiriens pour les exclure, pour les discriminer, pour les frustrer, pour mieux les catégoriser, etc… Le crime de génocide est toujours et d'abord une banalité si je m'en tiens à la philosophie d'Hannah Arendt. En somme, on  donne sens à la rébellion, on donne sens à la théorie vandale de Dr Dramane Allassane Ouattara qui, jusqu’à maintenant, ne pouvait pas montrer les fameuses listes attestant la planification de l’exclusion et de la catégorisation des grands boubous et des patronymes nordistes ! Cette fois-ci, il a les listes établies par la Sagem pour le compte exclusif du régime Fpi.

En emboitant le pas à Sidiki Konaté sur ce chemin, les patriotes lui donnent le beau rôle qu’il n’a pas à avoir. Sidiki Konaté, s’il n’est pas ramené clairement à la raison aura tout loisir de dire voilà les listes établies par le camp présidentiel. Dans le contentieux électoral d’Attécoubé, Soungalo Coulibali, un jusriste du camp de Dr Dramane Allassane Ouattara, a exhibé au monde entier sur Africa n°1 les listes de la planification du crime de génocide qu’aurait concoctées la députée Fpi Odette Louhourougnon. Si des événements inavouables et des massacres ont lieu à Attécoubé, on dira: « voilà on vous avait prévenu et montré la liste des exclus nordistes d’Attécoubé établie par le Fpi de Lohourugnon Odette ». C’est ça qui est en cause.

Je veux dire aux Patriotes, de ne rien laisser au hasard. Ils doivent dans cette période de tensions extrêmes avoir le réflexe de saisir la justice de leur pays et informer par écrit toutes les parties au règlement de la crise ivoirienne. Il n’est plus possible sous nos yeux que des esprits mal intentionnés nous préparent mensongèrement un crime de génocide. Il faut donc saisir la justice pour détruire clairement la liste grise qui n’aurait jamais dû circuler sur la place publique. Puisque l’existence de cette liste grise donnera naissance à des listes planificatrices de crime de génocide à attribuer aux démocrates et à ceux qui se soumettent aux lois de leur pays. On ne polémique pas avec les concepteurs de crimes de génocide. On les combat. Je crois qu’on devrait dorénavant comprendre ceci : la Sagem Sécurité avait pour rôle de créer sous l’autorité du « régime Gbagbo » des listes, de diffuser dans le pays des listes litigieuses avec photos pour exciter les bas instincts des minorités nationales ivoiriennes et les communautés étrangères. On pinaille sur la liste dite blanche qui est définitive sans vraiment l’être et la liste grise qui récèle toujours des Ivoiriens de la "mauvaise ethnie" de Côte d’Ivoire si le mot anti-marxiste de Tiémoko Coulibali est encore d'actualité. Pour la Sagem, la mayonnaise a pris. Son travail est donc terminé. Les réseaux locaux se sont donc emparés de l’affaire pour la faire prospérer. On voit l’évolution de cette histoire. La liste grise est en passe de devenir une liste planifiée par le Fpi du Président Laurent Gbagbo en vue d’organiser l’extermination des « patronymes nordistes » selon le propos tenus sur African°1 par Soungalo Coulibali. C’est cette théorie-là que Sidiki Konaté dit avoir retenu avec les siens des Forces nouvelles (FN).

Les Patriotes doivent demander à la justice de leur pays d’établir la vérité sur les propos particulièrement effroyables du ministre rebelle à la sortie d’une rencontre avec les chefs militaires des Fafn. Les Patriotes doivent clairement demander des explications complètes à l’Onu présente dans le pays. Les Patriotes doivent demander des explications complètes à l’Etat français présent dans le pays. Les Patriotes doivent demander des explications complètes à la Cedeao présente dans le pays par un important contingent militaire. Les Patriotes doivent demander des explications complètes à l’Union Africaine (UA) présente dans le pays via le représentant du facilitateur burkinabé dont le pays est la base arrière des voyous des Forces Nouvelles. Les Patriotes doivent interroger les structures de décision du Traité de paix et d’amitié (Tpa) entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire pour s’assurer que le ministre Sidiki Konaté et les siens n’ont pas planifié le génocide des Ivoiriens et de leurs amis.

Il vient un temps où il faut savoir être ferme. Et juste. Surtout juste pour que l’action entreprise soit comprise.

 

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê

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14:28 Publié dans CEI | Lien permanent | Commentaires (0)

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