topblog Ivoire blogs

18/02/2010

L'infantilisme révolutionnaire

 

unaujourhui18210mini.gifL’Empereur du Mambé, notre Nzueba national et Dr Dramane Allassane Ouattara n’avaient ni payé leur caution ni fait la visite médicale prévues par la loi électorale et notre médecine du travail. De grands esprits éclairés avaient trouvé qu’ils avaient été illégalement exclus. La Sagem Sécurité produit et distribuent des fichiers de la « bonne et mauvaise ivoirité » et on parle encore d’intégrité et d’acquis du processus électoral. Et c’est toujours les mêmes qui crient à l’exclusion en expliquant que les fichages de la Sagem comportent aussi des fraudeurs ghanéens et libériens. Comment et pourquoi ne dénoncent-ils pas, devant les tribunaux de leur pays, cette discrimination outrancière ? Pourquoi sont-ils dans l’appel à la violence et la dégradation des biens publics et privés ? Je ne comprends pas.

 


Des Ivoiriens ont bien voulu attirer mon attention sur ma trop grande prudence dans le traitement policier de la situation sociale et politique ivoirienne. Je vais tenter de leur répondre plus longuement et en même temps en faire le partage avec d’autres compatriotes, surtout ceux qui ne partagent pas notre vision de la Côte d’Ivoire républicaine et démocratique. J’entends surtout dire ici ce que j’entends par l’expression populaire de la démocratie. Tout le monde perçoit, me semble-t-il confusément, la liberté d’expression. On veut la liberté d’expression totale et sauvage. On affirme donc qu’on est conscient et responsable ! On sait se limiter pour ne pas causer de tort à autrui et à soi en retour.

C’est la délimitation primordiale de la liberté de parole publique et autorisée. Je ne dis pas que j'ai la vérité. Les faits me disent de parler d'infantilisme révolutionnaire. Nous sommes confronté aux aléas des formes primaires des luttes qui ont permis à d’autres de se construire, à partir de leurs réalités historiques et de leurs valeurs culturelles, une stabilité sociale et sociétale. L’infantilisme révolutionnaire dont je parle est donc une sorte de réforme mimétique de nos héritages culturels et historiques. La transformation de la société de nos terroirs suppose alors une superposition des consensus des autres qui n’ont aucun lien objectif avec ce que nous sommes naturellement. C’est l’émerveillement infantile ! Tout enfant s’émerveille toujours des sucreries que l’on lui tend ! C’est la source du grand tort que nous faisons à nous-mêmes en pensant vouloir la modernité et le progrès. Donc ce mimétisme révolutionnaire ou progressiste est en soi un crime en ce qu’il est inélaboré à partir de nos propres cadres sociaux et sociétaux. Il prolonge notre tragédie. Il doit être réprimé, ça c'est certain! Mais faut-il encore donner à cette répression les formes qui nous permettent de juguler, à la racine, ce qui entretient notre tragédie individuelle et collective? C'est ça ma première préoccupation.

L’autre rendu de la liberté d’expression, selon moi, n’est rien d’autre que le quotidien de nos petites et grosses lâchetés qui font ou défont le ciment invisible de notre cohésion sociale, de notre vécu quotidien, dans la vie réellement nue. Cette forme plurielle de la liberté d’expression domestique est arrimée aux multiples trafics des valeurs du bon sens commun ! Le trafic est ici le mot déterminant dans la définition et l’expression de cette liberté dont on comprend aisément le caractère fondamental !

Ma deuxième préoccupation est de dire que nous entretenons, sans nous en rendre compte, les foyers de la barbarie. Voyez ce jeune leader ivoirien qui a été physiquement agressé comme ceux d'hier c'est à dire nous. Il va nourrir un fort sentiment de révolte et de vengeance. C’est ça qui est en train de se passer. Toutes ses sorties médiatiques sont désormais un appel à l’insubordination, à la révolte même aveugle. Il est encouragé par le « bagnon » de Félix Houphouët-Boigny. C'est ça que je vois et tente de dire. L’infantilisme révolutionnaire est alimenté à ces sources-là ! Aux sources de la violence pure et dure sans aucun cadre théorique réfléchi. On sort et on casse tout ! On sort et on brûle tout sur son passage ! On fait descendre des voyageurs de bus et on y met le feu ! Et on se tambourine la poitrine d’avoir accompli un grand acte de justice sociale ! Et on dit fièrement qu’on n’a pas peur ! On attend la tombée de la nuit et avec des bidons d’essence on va mettre le feu au patrimoine commun ou aux biens appartenant à autrui ! Et on est content de soi ! Si l’on suit le comportement de ces incendiaires, on comprendra mieux l’état d’esprit, la profonde frustration haineuse que refoule notre jeunesse. Ce jeune leader l’avait d’ailleurs indiqué dans son propos de Yopougon : « je ne prendrai plus aucun mot d’ordre auprès d’une quelconque hiérarchie. Nous allons nous affirmer, clairement et entièrement » on attend donc une nouvelle rupture « rénovationnelle » au Pdci-Rda. Cette fois-ci, elle semble être portée par une catastrophiste « théorie de la génération nouvelle » ! Le jeune leader ivoirien l’esquisse ouvertement c’est à dire clairement et entièrement : « quand le coup d’Etat de 1999 a été perpétré, j’avais 30 ans. Aujourd’hui, j’en ai 40. Ce qui veut dire que j’ai passé dix ans de ma vie à ne rien faire. Mais même si j’ai pris mon exemple, cela est valable pour la quasi totalité des jeunes de Côte d’Ivoire qui ont passé dix années de leur vie sans se rendre compte qu’ils finiront par prendre leur retraite sans jamais avoir eu à travailler. Voilà le drame. Allez-y à l’université, vous y verrez cinq générations de jeunes bacheliers qui trainent dans la rue, qui usent le fond de leurs culottes sur les bancs ou qui ne vont pas à l’école parce que ceux qui ont obtenu le baccalauréat en 2005, terminent à peine leurs examens de passage en deuxième année. Cela fait donc cinq générations de bacheliers qui ont disparu de la nation. Cela n’est-il pas suffisant pour révolter la Côte d’Ivoire, pour révolter les populations et pour révolter les leaders ? » Il a même affirmé, à Yopougon, que si Bédié ne suit pas, ils le mettrait à la « retraite » ! « Si Bédié s’oppose à la marche du 26 janvier, je vais le mettre à la retraite » Ce jeune leader ivoirien soutient donc qu’il est incompris. Il est donc en réaction contre ceux qui étaient censés le comprendre et qui ne le comprennent pas. Il est en révolte contre la terre entière ! Contre lui-même ! Ils nous en veut, ça c’est sûr ! Il s’en veut à lui-même de suivre des mots d’ordre qui ne correspondent plus à son idéal politique ! Ne s’élève-t-il pas contre son propre camp ? C’est ça son drame personnel. Et le nôtre à tous ! Il est perdu. Son éducation politique est, on le voit, un terrible aveu d’échec. Ici donc ce n’est plus la recherche d’une expression républicaine de la liberté d’afficher sa différence qui aurait mal tournée mais l’affirmation infantile d’une théorie de l’inconscience politique de la génération. La haine est en lui sourde et maladive. Il est l’aveu d’un pathos inhérent à la nature humaine. On dit aussi ego ou amour-propre. Blessé peut-être, il n’a pas trouvé dans notre sociologie commune les repères et les valeurs qui lui auraient indiqué la voie à emprunter dans les conditions historiques d’aujourd’hui. Il fait parler son propre entendement dont on voit bien les limites. C’est ça l’infantilisme de la rupture révolutionnaire. La liberté est d’abord et avant tout une culture intériorisée ! La culture publique dominante est contraire à notre perception effective du monde. Notre jeunesse le dit avec ses mots et ses actes nihilismes !

Partout, on ne voit plus que sa photo terrible affichant la barbarie policière. Au delà de la brutalité légitime et légale du policier, cette photo porte le message de la faute politique du Président Laurent Gbagbo et de son « gouvernement de crabes et de serpents » ! Donc la violence policière devient violence politique. Et ce n’est pas totalement faux ! Une image exprimée, comme celle que je décris, peut en cacher des milliards plus intolérables. On est dès lors en droit de parler de pseudo-violence policière. Une violence orchestrée dira le politicien opportuniste.

A cette machination politique et policière la question est. Quels intérêts avaient les agents de l’ordre à agressé physiquement ce jeune leader ivoirien ? Pourquoi cette animosité brutale liée à l’image des forces de l’ordre ? On peut spéculer ! Et polémiquer ! Les policiers qui l'ont atrocement battu sont d’anciennes victimes de la police de la République lorsque les ascendants politiques de ce jeune leader étaient pouvoir? Ou encore, le policier qui l’a défiguré est probablement un des nombreux partisans du ministre de la République qu’il avait lui-même bastonné et s’en était vanté dans un médiat euro-ivoirien. D’aucuns pourraient soutenir et ce serait aussi recevable comme argument que le policier et/ou les policiers agresseurs étaient des ennemis jurés du Président Laurent Gbagbo. A l’intérieur même de l‘institution d’Etat, il y auraient des dynamiques de violence politique contre l’autorité d’Etat ! Les greffiers ! Les médecins ! Les dockers ! Les enseignants ! Tout ce moment pouvait avoir des raisons d’exciter des connaissances policières pour porter un coup malhonnête à l’Etat, à la République et à notre nation. Faire du tort à ceux qui sont en responsabilité au sommet de l’Etat républicain ! On dirait que quelqu’un a battu ce jeune leader ivoirien pour accuser le woudi de Mama, le kanégnon ivoirien des pires atrocités. Toutes les sources de la liberté d’expression, on le voit, sont ouvertes à la spéculation interminable, à la mise en doute de la parole d’Etat, de la légitimité de l’autorité d’Etat.

On voit bien la grande responsabilité que nous confère individuellement et collectivement la liberté d’expression. La liberté d’expression qui n’est pas éduquée peut vite déboucher sur des situations effroyables. Les droits doivent être responsabilisés. Ils peuvent être certes source de progrès comme ils peuvent arriérer un Etat, une République et une nation. En septembre 2002, les Forces nouvelles avaient théorisée infantilement le changement l’arle au poing. Nous sommes en 2010, et les mêmes Forces nouvelles parlent de la pauvreté en termes marxéens de paupérisation des populations. L’expression est de la galaxie de Doumbia Major ou de Ibrahim Coulibali IB ! L’infantilisme révolutionnaire ne résout aucun problème. Il amplifie, au contraire, les contradictions de la société paysannes et des Texaco ou bidonvilles. En France, on parle de banlieue, l’autre façon de masquer en Occident et en Europe, le cuisant échec de la société productiviste. C’est ce qui se passe en ce moment en Côte d’Ivoire ! Les brutalités policières en sont une des nombreuses manifestations inhérentes à l’infantilisme révolutionnaire !

Je pense fondamentalement que la vie en société est toujours un tissu de petites et grandes lâchetés. Il nous faut donc enseigner cette théorie-là, cette morale-là, cette éthique-là. On vit en étant lâche! On est certain de mourir en voulant faire les héros. Je crois que nous devrions enseigner aux jeunes d'aujourd’hui ce qui vaut la peine de dresser leurs fières poitrines nues! Ils comprendront. Ils l'ont fait lorsque notre pays a été attaque en novembre 2004 par un corps expéditionnaire étranger. En brutalisant des Ivoiriens et des jeunes Ivoiriens on installe la vengeance et la violence au cœur de notre société. On ne l'extirpe pas.

Entendons nous bien. Je ne dis pas qu’il nous faut être lâche lorsque s’agitent les théoriciens ivoiriens de la terreur. Je n'accuse pas le kanégnon ivoirien d’avoir laissé prospérer un fort sentiment de bordel ! Ce que je dis c’est que justement parce que nous sortions d’une grave crise qui a profondément traumatisé, il fallait promouvoir des politiques et des stricture de « résilience éducative » de tous nos corps habillés ! Les brutalités policières n'extirpent pas toutes les coutures de la violence. Elles les installent, les amplifient, les justifient même en leur donnant les instruments de leur radicalisation. C'est mon souci. J'ai ouvert une longue lettre au kanégnon ivoirien pour résorber notre tragédie. Si tout ce monde s'agite c'est parce qu'il y a encore dehors, en exil, des personnes en revoltées contre le leadership ivoirien. Il y a un grave risque de reprise de la guerre. C'est le sens du cri de désespoir du jeune leader ivoirien. Il ne se comprend pas lui-même ! S'il était aussi dominateur comme il le dit pourquoi vouloir à tout prix être vu à la télévision. Non, le jeune leader et ses amis sont politiquement défaits. Ils cherchent le "clash" ou le "choc" policier qui crée l'indignation et la révulsion nationales et internationales. Ils cherchent à isoler le kanégnon ivoirien qui a repris en main la diplomatie ivoirienne et africaine. Nous ne devons pas les suivre dans cette stratégie du chaos. Notre travail idéologique et politique doit consister a pacifier les esprits pour une démocratie républicaine dans laquelle chaque groupe politique et associatif ou d'intérêts spécifiques ait une lecture de ce qui fait le liant des liens sociaux et culturels. Les brutalités policières n'ont jamais constitue une solution à une crise comme celle que nous connaissons. Donc pacifions la police très très coutumière des brutalités inutiles et contre-productives pour la paix et la cohésion sociale. C'est tout!

Le problème n'est pas de débattre pour débattre. Il faut d’abord partager l'information afin que nous soyons au même niveau de compréhension de ce qui se passe pour pouvoir construire un argumentaire ou un plaidoyer crédible et surtout commun à toutes les "chemises blanches" de Cote d'Ivoire. Le débat viendra à son temps et sera organisé par les cercles littéraires des savants pour plancher sur les thématiques causales mais en même temps les solutions. En tentant de comprendre la situation ivoirienne, deux autres faits confirment mon analyse. Je pouvais même douter de ma propre explication de l’infantilisme révolutionnaire s’il n’y avait pas eu coup sur coup le déni d’intégrité du Président Beugré Mambé de la Cei et la nouvelle lecture politique de l’intégrité et de l’exclusion par Dr Dramane Allassane Ouattara.

Même si Mambé Beugré n'a pas fait ce que l'on lui reproche d'avoir fait ce n'est pas ça la question idéologique et politique. La question est de dire comment cette droite ivoirienne violente et brutale gèrerait un cas de conscience fonde sur la clameur ou rumeur médiatique partiellement avérée. Le fiel immonde sur les « milliardaires dits de Gbagbo » s’est transformé en vérité indépassable. A force de marteler l’indélicatesse de quelques brebis galeuses comme phénomène général et généralisé voire collectif du leadership ivoirien, les wourou fato ont publié qu’il en pullulait dans leurs rangs! Je veux dire que tout le monde a tapé sur les amis politiques du Président Laurent Gbagbo sur la base des mêmes mécanismes de la dénonciation (discutable) de la fraude, de la corruption intellectuelle et morale. Le Kanégnon ivoirien a sévèrement mis en garde les indélicats dans son camp ! Cette mise en demeure est utilisée à chaque libelle des journaux Le Nouveau réveil ou Le Patriote. Voilà que l'un des découvreurs de malhonnêtes au sommet de l’Etat couvrent en leur sein la pire des crapules ! Un poids lourd Rhdp est tombé dans le filet du woudi de Mama. Le Président Beugré Mambé est dit-on intègre. Au lieu de nous dire comment on en sort, ils soutiennent tous la forfaiture avérée et surtout avouée par un communiqué et par une longue lettre détaillée au facilitateur Cedeao et à tous ceux et à toutes celles qui tentent d’aider la Côte d’Ivoire à renouer avec la paix. Les hautes autorités Rhdp revendiquent même le délit passible de poursuites pénales. Leurs avocats à la « boutonnière maçonnique » ont élaboré une nouvelle théorie juridique. La forfaiture est la nouvelle définition de la « bonne gouvernance » d'Etat! D'ailleurs certains d'entre eux ont compris la vanité de leurs propres postures. Le Président Laurent Gbagbo, le Président Tia Koné, le Président Mamadou Coulibaly et le Président Laurent Dona Fologo seraient complices. Le bois sacré ivoirien serait malhonnête ! Mais on est où là ? Quel sens de la raison avons-nous ? « Ils étaient tous au courant » a balancé le « bagnon d’Houphouët-Boigny ». Soungalo Coulibaly, avocat de son état va jusqu’à défendre l’idée sotte selon laquelle il ne reste plus que la rue pour faire valoir les droits de ses clients et de son client. On le voit, les « suiveurs » de Nzueba, l’Empereur du Mambé, sont dans le mur. Ils se débattent comme ils peuvent pour en sortir ! C’est de bonne guerre ! Ce qui est intolérable parce que ça frise le suicide, c’est de cautionner l’infantilisme révolutionnaire dans un pays où circulent clandestinement les armes blanches, légères et lourdes. Je trouve irresponsables d’inciter les gamins à provoquer les tensions inutiles brutalités. C'est ça qui m'interpelle. C’est surtout cette posture de la part de hauts cadres de notre pays qui me désole. Je constate que nous avons certainement des gens fort instruits, une élite qui n’a pas encore appris à réfléchir par elle-même et pour les siens.

Des élites bardées de diplômes. Des élites qui révèlent être incapables de délimiter correctement le concept ou la notion malheureuse de la catégorisation identitaire et de tous ses dérivés sociaux et culturels. Pourtant ce sont les notions et es termes de la fêlure de notre société distordue, désarticulée sans accoudoirs assurés. La guerre civile ivoirienne, si j’ai compris les interminables « disputes » selon le mot de Charles Konan Banny, a eu pour justification le sentiment répandu de la catégorisation ethnique, tribale, religieuse, régionale et vestimentaire. C’est la fameuse théorie de l’ivoirité schizophrénique immortalisée quatre fois. Par notre Nzueba national dans « les chemins de ma vie ». Par Benoît Scheuer dans « la poudrière identitaire » ! Par «L’ivoirité, ou l’esprit du nouveau contrat social du Président H. K. Bédié » ! Par les éminents théoriciens de la rébellion ! L’Empereur du Mambé a voulu fixer dans le marbre l’identité nationale ivoirienne. Ses alliés autour du bravtché des baramogo ont a dit partout sous toutes les formes possibles que c’était du racisme, du fascisme, de la xénophobie, de l’exclusion, de la discrimination, de la mise à l’écart de ceux et celles qui étaient de la « mauvaise ethnie ». On a même parlé de dioulaphobie, d’islamophobie, de chasse aux patronymes nordiques, aux grands boubous et finalement le tripatouillage de la liste électorale par la loi de Kouamé Faustin. Qui a parlé de « lois iniques » ? Qui a dénoncé la Constitution ivoirienne soumise et adoptée par le référendum démocratique et populaire ? Et qu’est-ce que l’on entend ces derniers temps. Il y a des accords qui nous lient ! Mais notre Constitution, notre Loi fondamentale n’est-elle pas le premier accord qui nous lie ? Et on a remis le logiciel d’un autre temps : Exclusion ethnique d’un cadre Atchan intègre et parce qu’il est Atchan ! Tentative de tripatouillage légal et ou illégal de listes électorales par le parti au pouvoir ! Chasse aux sorcières d’opposants ! Brutalités policières ! Privation de liberté d’expression ! Le Kanégnon ivoirien a mis un terme au « gouvernement des crabes et des serpents ». Il mis fin à la « Cei faillie et malhonnête ». Au lieu de le remercier et faire bloc autour de lui pour assainir l’Etat et l’ensemble des institutions de la république en vue d’une sortie de crise par la grande porte, les vieux démons ont revisité la camarilla tribale du Dr Dramane Allassane Ouattara.

L’Empereur du Mambé, notre Nzueba national et Dr Dramane Allassane Ouattara semblent dire que ce processus électoral est un joyau d’intégrité. Regardons de plus prêt les certitudes des leaders Rhdp ! Un véritable joyau d’exclusion et de catégorisation. D’un côté, il y a ceux qui sont candidats par simple déclaration sur l’honneur, et les autres qui doivent présenter une batterie de pièces justificatives de leur identité et de leurs fiches d’imposition. Sage m a fait distribuer deux listes électorales provisoires ! On ne s’est pas indigné que la Sagem, société de droit français produise et distribue deux listes. L’une bonne de la citoyenneté « blanche » ! L’autre de la mauvaise identité « grise » ! On ne s’est pas indigné de ce que Sagem Sécurité ait produit en Côte d’Ivoire des listes qui pourraient servir au crime de génocide ! Dans un sens comme dans l’autre ! Les « Gris » exclus par Sagem Sécurité pourraient rechercher les « Blancs » pour les exterminer quand on sait ce qui s’est passé dans le Wê ! Les « Blancs » pourraient rechercher les « Gris » pour les exterminer au nom de l’ivoirité schizophrénique de notre Nzueba national ou du nationalisme quand on se souvient des événements Daho-Tofgo !

C’est tout ça qui n’est pas bon signe ! Le chef rebelle sait tout ça. Pourtant, il a expliqué froidement que maintenant on pouvait catégoriser, discriminer, exclure. Par la technologie informatique, par la voie d’une institution d’Etat créée par la loi d’exception, par le double fichier, par les ententes entre quelques individus fussent d’éminentes personnalités, par des croisements de fichiers dont on ne sait pas la sincérité, par les ajustements de circonstance, par la connivence, par la convenance, par la frime, par la corruption intellectuelle, morale et juridique. Donc la Cei discrimine dans sa recherche de nouveaux croisements uniquement dans le Sud en présumant que les croisements du Nord peuvent ne pas avoir été entaché d’irrégularités. La loi de référence qui semble lier Rhdp et Fn discrimine à outrance. C’est ce que dit le Premier ministre rebelle par le « Comité forfaituriel ». Le rebelle armé nous dit qu’il faut exclure par la loi de la technologie de convenance et de connivence de partis politiques. Il maintient et reconduit les mécanismes de la corruption intellectuelle et politiques par lesquelles est venu le terrifiant scandale comme le scandale de l’ivoirité était venu des mêmes partis politiques. Lorsqu’un médicament devient un danger public, on le retire de la circulation ! On ne le prescrit plus. Le prescrire c’est commettre un crime !

On ne pouvait plus garder la Cei en l’état. L’exiger c’était faire preuve d’infantilisme. On dit mais on va prendre des mesures drastiques pour protéger le processus électoral. Mais, n'est-ce pas avec des structures bureaucratiques que l’on croyait infaillibles que le Président Beugré Mambé a fraudé et ou a tenté de frauder? La corruption morale et politique est telle qu’il faudra reprendre les fondations et les fondements de notre république ! Les bases juridiques non arrimées à un système de valeurs reconnues par notre société conduiront toujours à de graves dysfonctionnements juridiques? Et aux disputes mortifères ! Quand les références sont fausses et susceptibles de pousser aux désordres, on les change. On ne s'en accommode pas. Comment l’Ivoirien lambda pourrait-il avoir confiance à cette institution de l’Etat si ses membres sont soupçonnés d’être capables des pires actes ! Je crois avoir définitivement compris les motivations effroyables du « conflit ivoiro-ivoirien » ! Notre Etat républicain doit être refondé. Par la Palabre africaine. L’Apo en est une modalité majeure. La clameur insensée des mêmes médiats, l’agitation de rue et l’infantilisme révolutionnaire sont le recours des esprits atrophiés et fr elatés, des violents et autres délinquants selon le mot de Bohui Sokouri et de Séry Dédy.

Le jour se lève toujours

Lette na Lette



Actes du forum Curdiphe du 20 au 23 mars 1996, publiés sous la direction de Saliou Touré, in Ethics, revue de la Curdiphe, Presses universitaires d’Abidjan, 1996.

05:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.