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27/02/2010

Debout femelles noires!

 

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Débat Ivoirien

Thème: La femme ivoirienne

Outil social de pacification et de cohésion

Animateur: Olivier Koty

Lieu: Le Dome Montpellier France

Heure: 15h00

Entrée libre

Organisateur: Le Cercle littéraire (LCL)


Quand décideront-elles ? Les Africaines et les Négresses mettront-elles le doigt là où il faut le mettre ? Pointeront-elles la question fondamentale qui fait désordre ? Interrogeront-elles, avec rigueur et sans concession, les acteurs majeurs de cette tragédie qui n’en finit pas ? S'interrogeront-elles sur leur éminent rôle salutaire ? Nous nous interrogerons-nous avec elles sur le sens du monde dit moderne et libre malgré les insolents et violents clous du Pentateuque ? C'est ça la problématique! Le reste est, au bas mot, une théorie sociale de la tragédie des peuples noirs, du drame individuel et collectif, du refus irrationnel de se mettre en débat, de s’interroger sur l’identité mélanodermique.

Du coup les mots, les concepts, les notions discursives qui nous définissent, et, qui les spécifient mieux que toutes autres communautés féminines, apparaissent être des constructions factices, lointaines, une palabre d'intellectuels, ces « formes d’intelligences simplifiées, sarcastiques, et nuisibles ». L’aigreur du mot inutile s’arrogeant le siège du greffier somme toute cynique !

Le sociomètre et le statisticien l’indiquent d’ailleurs par la cartographie et le dénombrement. Avant même d'avoir interrogé la palabre africaine, on dit en connaitre la sociologie et même son champ méthodologique: règlement des conflits politiques ! Même si c'est une bonne modalité qui permet d'en apprécier les fondations et surtout les fondements métaphysiques, on s'exempte du travail colossal à abattre. Là où il fallait, par la rencontre patiente et le débat responsable, nous amener à en préciser complètement le sens et la cohérence, la critique s’est faite poubelles et cimetières. On entend une chose et son contraire dans une cacophonie surréaliste du même : la morgue et le caveau ! Et la rue africaine s’est mise en transe partout : la casse et la mort ! Les Ivoiriens après l’Ivoirité de l’Empereur du Mambé viennent d’inventer la Titrologie. Tout un art du factice et du morbide !

L’Afrique est mal partie !

L’Afrique est étranglée !

L’Afrique refuse le développement !

L’Afrique c’est le coup d’Etat !

L’Afrique c’est les massacres !

L’Afrique c’est le génocide !

L’Afrique est donc maudite !

L’Afrique serait le dernier laboratoire de la terreur absolue. Ici, les élites noires théorisent la stigmatisation, la « mauvaise ethnie » comme dans le Pentateuque, le corpus doctrinal dominant. La Palabre africaine nous somme d’en terminer avec cette casuistique clamée et proclamée.

Mimétiquement !

Contre nous-mêmes !

Contre notre propre nature !

Contre notre propre expérience !

Contre notre histoire brouillée, sévèrement distordue !

Finalement, nous cherchons à nous approprier le mot, le concept, la notion qui nous définit le mieux, nous révèle à nous-mêmes, nous débarrasse de la charge pondérale qui nous fait honte, qui nous affaiblit un peu plus chaque jour. La femme noire prend toute sa place que la civilisation des autres lui a fait perdre dans la défaite de nos ascendants. Ce n’est donc pas une revendication sociale. Ce n’est pas un matriarcat sociétal ou politique. C’est le retour à l’ordre de l’équilibre naturel des choses de la vie des peuples noirs.

La Palabre africaine n'est donc pas une construction artificielle. Elle est nous. Elle est même notre absolue nature sapée par les vicissitudes de notre histoire. La Palabre africaine, nous ne savons pas encore la définir d'un claquement de lèvres, nous portera sur la bonne voie de notre maturation individuelle et collective en vue de sa délimitation académique. C’est ça le fond radical de notre tégument littéraire. Notre démarche théorique et méthodique est méthodologiquement arrimée à notre vécu quotidien individuel et collectif. Nous rallumons, à la source femelle, toutes les torches éclairantes disponibles sans en exclure aucune, comme tentent de le faire, à leur insu, certains « modernistes noirs » aveuglés et conditionnés par l’ordre haineux et violent du Pentateuque.

La palabre africaine c'est nous-mêmes qu'il nous faut réapprendre à connaitre, à identifier pour nous connaitre et nous identifier. Elle est donc. Elle est primordiale en nous. Nous la mettons en débat.

Sans la nommer comme philosophie ou sagesse

Sans la nommer comme sociologie

Sans la nommer comme psychanalyse

Sans la nommer comme histoire des idées ou politologie

Sans la nommer comme science

Sans la réduire

Sans la mutiler

Elle est notre dignité incessible

Elle est

Elle nous porte

Point!

Le jour se lève toujours

Lette na Lette


Shanda Tonme, 2008, La crise de l’intelligentsia africaine, édition L’Harmattan

C’est ce que dit et écrit, interrogatif certes, Moussa Konaté dans L’Afrique noire est-elle maudite ? avec une préface d’Erik Orsenna de l’Académie française

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