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18/03/2010

Palabrer

IMG_0578.JPGIl est dans notre intérêt de mener une réflexion d’ensemble avec les mots à palabres, de nous imposer ce travail, de le faire aboutir. Pour nous-mêmes, pour les Ivoiriens, pour les Africains et pour la communauté mondiale. Deux idées principales. Fixer les repères indépassables. Esquisser les pistes possibles pour notre futur.

Les mots pour le dire ne manquent pas. Ils sont partout. Ils nous interpellent et nous éclairent, nous mettent devant les choix à faire, nous confrontent à notre vérité inavouable à nous-mêmes.

Glasnost

La clarté

La clarification

L’état des lieux

La refondation

La restructuration

Perestroïka

La renaissance

Les solutions ne sont pas données et figées. Donc, il y a forcément l’idée d’un devoir de mémoire certes mais surtout l’idée de rechercher dans tous les coins et recoins de notre histoire ancienne et contemporaine les raisons d’espérer, des raisons de construire un autre futur en amélioration continuelle de notre patrimoine incessible.

Notre travail de réflexion n’est pas un relevé de ce qui fait notre tragédie. Notre analyse n’est pas historienne, notre réflexion n’est pas sociologique, notre examen n’est pas économistique. Notre but idéal n’est pas une plate et fade philosophie grecque ou latine, hellène ou romaine, elle n’est pas une science de laboratoire d’éthologie médicale, d’épidémiologie, de virologie comme l’a dit Claude Bernard. Nous ne nous satisfaisons pas du dévergondage créole. Notre travail de réflexion est fondamentalement une invite à investiguer, à investir tous les domaines du savoir humain. La vérité est toujours au milieu de l’inutile et du crasseux. Le diamant est dans la vase pestilentielle.

Nous n’aurons pas la prétention d’avoir visité tous les domaines du savoir humain. Nous en dirons la direction communément empruntée ou le sens général des actes qui meublent notre quotidien individuel et collectif en attendant notre extinction individuelle. C’est le processus vital naturel. La vie n’est rien d’autre qu’occuper son ennui de vieillir et mourir lentement chaque jour jusqu’au terme final. La vie c’est meubler ou donner du sens à cette présence insolite !

Palabre africaine

Réflexion théorique

Manifeste politique

Examen de conscience

Nous ne daterons pas, nous ne chiffrerons rien, nous exposerons avec des mots, rien que des mots pour dire les maux et les sentiers qui mènent vers un mieux être ivoirien, africain et mondial. C’est ce qui est important. Et pour nous ça s’appelle la Palabre africaine. On dira Zélikézé en langue Godié.

Palabrer, c’est délimiter les processus intellectuels d’élaboration, les constructions pragmatiques. Palabrer, c’est cerner et mettre en ordre les questions fondamentales et les préoccupations matérielles quotidiennes. Palabrer c’est assembler les arguments et les « modes opératoires » qui permettent de contourner la difficulté en vue de la résorber efficacement. Palabrer c’est donner du sens aux actions humaines, c’est expliciter les informations massives qui font ou traversent notre vie. Palabrer c’est donner de la cohérence aux décisions que l’on prend, c’est surtout donner du contenu aux actes que l’on pose à chaque moment de sa vie anonyme et publique. Palabrer c’est donc construire une volonté responsable, en somme faire de la politique au sens d’engagement pour la défense de l’intérêt général.

La palabre est intrinsèquement une sorte de grille qui récapitule et met en perspective et à distance les faits, les événements, les phénomènes actuels, les actes et les comportements pour mieux les appréhender, pour mieux les interpréter, les comprendre et donc leur trouver le traitement adéquat.

Déviantes et ou non de l’ordre existant, les postures narcissiques et les vanités bien humaines qui font la spécificité noire et africaine ont toujours été traitées ainsi. Pour des raisons qui sont hors notre examen critique, nos actes sont quotidiennement soumis à des lectures improbables, par le filtre imaginaire des mêmes conceptions politiques approximatives.

La cohérence c’est l’homme dans toute sa splendeur politique en vue de construire et proposer une éthique de l’harmonie. Donc la palabre africaine est fondamentalement l’autre nom de la politique. Elle ambitionne de doter les terroirs africains des outils théoriques et pratiques, de prévoir et anticiper même le fastidieux chapelet de questions permanentes qui semblent être sans issue.

Qu’avons-nous fait ?

D’où venons-nous ?

Où allons-nous ?

De quelle Histoire parlons-nous ?

Qui sommes-nous finalement ?

« Connais-toi toi-même » enseignait-on dans l’ancienne Egypte ! Nous avons donc l’obligation de faire le point, de constituer et construire le dispositif méthodologique qui permet, pour notre nation, l’émergence les solutions qui sont les siennes propres.

Les questions que les Africains se posent de façon interminable trouveront alors un point de chute visible, lisible. C’est l’état des lieux qui a un objet et un objectif. C’est le creuset théorique et méthodologique pour triturer l’ordre qui est nôtre. Les catho-laïcs ont conçu et construit les droits de l’homme, selon le mot de Blandine Kriegel, à partir des traditions des Evangiles ou des Ecritures. L’imaginaire des autres serait-il donc notre projection philosophique et idéologique ? Il faut en sortir.

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê


On a beaucoup glosé sur ce mécanisme qui ne veut rien dire mais qui a eu la faculté bien prédatrice d’empoisonner la vie des Ivoiriens.

 

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