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25/03/2010

Le grossier des Lumières de Montaigne

IMG_0215.jpgUn propos savoureux comme les Ivoiriens en raffolent. "Gbagbo pris à son propre piège" en est le libellé explicite. Une conclusion qui est présentée comme celle du bon sens populaire. Mieux encore, il est arrimé, comme vérité absolue, à une déclaration du Kanégnon ivoirien. On n’accusera pas son auteur de n’avoir pas fondé son argumentation sur des faits avérés et connus de tous.

Ces faits posturiels et éminemment politiques du Woodi de Mama circulent dans toutes les chancelleries de la terre, sont même posées comme la nouvelle « Table des Lois » devant régir les règlements des conflits politiques et militaires qui surgissent fatalement et uniquement en Afrique noire et de façon récurrente dans le pourtour de la ceinture orientales du Caucase et de Madagascar.

De quoi a-t-il été question finalement ? Le Kanégnon ivoirien a dit lors de deux manifestations chargées de symboles que « la guerre est finie » dans notre pays. Il le répète souvent. Il demande même aux Ivoiriens d’être calmes, lucides, sereins et de ne pas « s’émouvoir outre mesure ». Il vient d’y ajouter une couche en racontant à ses hôtes blancs qui viennent investir chez nous pendant que les Ivoiriens qui ont de l’argent le gardent aux « îles caïmans » . Puis reprenant la verve que nous lui connaissons il a démystifié filimiquement et westernement tous ceux et toutes celles qui s’échauffent. « Tous les films western, qui n’ont qu’une seule musique de « bang bang », se terminent toujours de la même façon. Par le « bang bang ». Mais nous nous voulons que ça finisse sans un nouveau « bang bang ». Nous allons donc palabrer et faire les derniers règlements ». Une façon de dire que c’est la fin du film Western, du cow-boy, c’est la fin de la guerre imbécile imposée aux rebelles par la cinquième colonne des réseaux maçonniques de l’Etat français. Les cris de guerre, les contorsions, les « bang bang » sporadiques ici et là, la bombance inutile des poitrines et des biceps ont commencé à évider leur propre matière grise de sa substance rationnelle signant la fin du film barbare, la fin du film horrible, la fin du film sanguinolent, la fin du film des ossuaires et des fosses communes, la fin du film western ivoirien du défenseur des « cadres musulmans du nord » qui n’est pas professeur en catégorisation des Ivoiriens - Eh oui ! C’est fini !

Les ataviques de la violence s’appuient sur cette clarté intellectuelle et morale du Kagnénon ivoirien pour assener déductivement que les élections sont maintenant possibles puisque justement « la guerre est finie », qu'il n'y a pas lieu de parler de désarmement comme préalable à l’expression populaire, à l’expression de la démocratie. J’entends mais je ne comprends pas. Deux questions de même nature et de même ordre m’y obligent. Aurait-on voulu que la guerre ne finisse jamais ? Souhaiterait-on secrètement que la barbarie reprenne dans le pays ? Quelle est sourde quête d’adrénaline morbide ? Franchement, je ne comprends pas. Je suis lent, c’est vrai, à pénétrer les subtilités des lumières des frères et sœurs francs-maçons !

La guerre est formellement finie en Côte d’Ivoire. Ça, c’est une vérité visible et palpable. On en convient tous ! Mais en même temps, sans être naïfs, nous connaissons, tous, la fragilité de notre époque ébouillantée. Chaque Ivoirien, à moins d’être particulièrement dissocié de la vie sociale ou déconnecté de la réalité, sait que les récriminations et les haines occultées par les uns et refoulées par les autres ne sont pas complètement désarmées. Nous savons tous qu’il nous faudra encore des années et des politiques publiques volontaristes qui mettent les Ivoiriens au travail pour qu’ils évacuent ce qu’ils peuvent évacuer selon la théorie de la résilience de Boris Cyrulnik .

Des armes illégales lourdes circulent-elle dans zones Cno ? Des armes sont-elles encore portées publiquement par des personnes qui n’en ont pas le droit légal et même moral ? Les Fafn contrôlent-elles militairement la sécurité des administrations d’Etat déployées en zones Cno? Cette dénomination quasi officielle - Cno - d’une partie du territoire national ne traduit-elle pas le risque absolu que des élections mal organisées peuvent déboucher sur ce que tout le monde veut éviter. Les proclamations des uns et des autres sont-elles uniquement des messages politiques c’est à dire polémique ou la recherche des voies et moyens qui soient moins couteux pour le contribuable ivoirien ? C’est tout le problème. Et les événements de février dernier nous l’ont rappelés violemment. Les foyers de l’inconscience ne sont pas complètement éteints. Le feu couve toujours sous la cendre. Contre le mensonge éthique des uns s’est dressé en se dévoilant le mensonge criminel des autres ! La Cei parallèle du Président Beugré Mambré, les deux fichiers des faciès fascisants de Sagem Sécurité, la théorie de l’intégrité morale de Dr Dramane Allassane Ouattara, le soutien inconditionnel apporté par le Rhpd au principal concepteur et planificateur de dysfonctionnements frauduleux au sommet de l’Institution en charge des élections générales en Côte d’Ivoire sont autant d’indices qui invitent toutes les consciences libres de notre pays à se poser en veilleurs impartiaux et responsables.

Qu’est ce que j’entends en lisant les médiats ivoiriens ? On oppose, à tous, l’accord politique de 2007. Il faut donc appliquer, dit-on, à la lettre, cet Accord même si nous sommes confrontés au cours de son application à un déni criard des valeurs qui auraient dû être celles de chacun et de tous. Le vandalisme des Ntic informatiques, le viol de l’imaginaire électoral ivoirien, la violation des principes communs de la démocratie, de la liberté, de l’intégrité ont été utilisés par les acteurs publics institutionnels, dans la dernière période, comme outils de gestion et d’administration, dans le sens de la prédation muselatoire de notre raison individuelle et collective. Les acteurs publics qui n’auraient jamais dû faillir à leur code d’honneur ont bel et bien failli. Une frange importante de notre leadership politique est dans la com, subordonnant son action publique aux diktats écrits dans les loges maçonniques des « p’tits gars du pov’con ». La gravité de ce manquement n’a toujours pas sérieusement interpelé les clients de Maître Bamba Affoussy !!!!!

Le propos liminaire devant la presse du pays de Maître Bamba Affoussy est une déclaration de guerre à la Cote d'Ivoire. Il nous faut donc la traiter dans les règles de l’art c’est à dire la Palabre africaine construite et factuelle établie. On le voit bien, cette éminente juriste s'est gravement mépris de notre capacité à penser le monde comme elle et ses maîtres conversos, comme Montaigne et ses curieuses Lumières.

Reprenons cursivement les différents attendus de l’Apo. L’organisation des élections est intimement liée au désarmement. C’est la fusion des Etats-majors qui doit être réalisée « au plus tard » « un mois après l’élection du nouveau Président de la République ». Et cette disposition n’exclut pas que la fusion se fasse avant les élections. Cette façon de lire des textes connus de tous est un tissu « fadaises et foutaises rebelles », elle indique aussi les limites du juridisme de Maître Bamba Affoussy ! C'est pour cela que je parle de déclaration de guerre à la Cote d'Ivoire! C'est d'ailleurs pour cela, si j'ai compris, que le Kanégnon national est sorti de sa réserve pour dire à tous de se calmer en lisant « les derniers temps » du Pentateuque sous le réverbère de la collection Western du « bang bang » des antéchrists du Tabernacle victimiste !

Si l'on doit être pris dans un piège malhonnête c'est bien les rebelles. Ils sont le problème. Donc s'ils pensent comme notre Kanégnon que la guerre est finie, ils se mettent dans les cantonnements, mêmes précaires, si c'est le prix à payer pour être chez nous, ils cessent d’imposer dans l’espace public des Cno le monopole d’un médiat qui discrimine et interdit le déploiement des médiats d’Etat dans ces zones Cno. Et sur cette question spécifique posée par l’ambassadeur Djédjé, Maître Bamba Affoussy a fermé le caquet rebelle. Une télévision rebelle fait la promotion d’un candidat dans ces zones et interdit son accès aux 13 autres candidats. On aurait bien pu entendre qu’on veuille réprimer le candidat Laurent Gbagbo dans ces zones. Mais les douze autres ? Dont Dahico au patronyme du Nord ! La seule femme candidate y est aussi interdite de télévision ? C’est tout ça qui fait désordre, interpelle le moyeu de notre conscience et crée le sentiment tenace de suspicion chez ceux et celles qui ont les moyens humains, matériels et politiques. Ils dénoncent la version rebelle de l’ivoirité, de la catégorisation, du tribalisme, du régionalisme, de la « sudophobie » !!!! Reprendre le slogan « s’opposer par tous les moyens à la dictature de Gbagbo et au camp présidentiel qui ne veut pas aller aux élections » c’est mentir et prendre les Ivoiriens pour des demeurés ! il n’y a de demeurés en Côte d’Ivoire que les colonnes infernales rebelles !

Les Fafn contrôlent les médiats et la sécurité des administrations d’Etat des zones Cno, couvrent malhabilement la dégradation des symboles de l’Etat de Côte d’Ivoire comme pour narguer ses gardiens actuels, font saccager et détruire, par groupes partisans interposés, les biens et souvenirs de famille de ceux et celles qui, en Ivoiriens libres du Nord, ont fait en conscience le choix des lumières de la Palabre africaine du Kanégnon ivoirien contre la raison malhonnête des Lumières maçonniques.

Il n’y a pas d’acteurs plus majeurs de la crise ivoirienne que la haute hiérarchie des rebelles. Maître Bamba Affoussy et les siens peuvent décider qu’il n’y a plus de foyers illégaux de porteurs illégaux d’armes illégales.ils peuvent dans le même mouvement joindre les actes à leur parole publique en désarmant leurs propres milices et les chasseurs traditionnels Dozo. Ils gagneraient en dignité ! C’est ça qui est en débat. Comment peut-on être le principal nœud de la crise, se poser en arbitre et dans le même temps exposer les contradictions dont on est le principal responsable et chercher à se cacher derrière les autres. C’est tout ça qui éveille à la suspicion naturelle. Comment se vêtir du rôle d’arbitre et s’auto-flageller, en somme se discréditer ? La dénégation, voilà la nouvelle éthique de responsabilité rebelle ! Quelle dignité d’arbitre peut-on proposer aux Ivoiriens en faisant la promotion d’un candidat sur 14, en raisonnant dans le sens du « défenseur des musulmans du Nord qui n’est pas PhD en catégorisation des Ivoiriens », en tronquant malveillamment des textes connus de tous, en proposant l’organisation d’élections présidentielles déterminantes alors qu’il y a dans le pays une forte présomption de violences politiques, un fort sentiment de malhonnêteté dans les Cei locales selon le mot de Bi Goua et que des groupuscules lourdement armés provoquent ici et là l’Etat de Côte d’Ivoire ?

On ne peut être les porteurs exclusifs de la faux et de la faucille dont on sait la morbidité et dire aux Ivoiriens sains de corps et d’esprit de s’engager dans l’engrenage des films western des antéchrists des « derniers jours ». Aux victimistes de la xénophobie virtuelle mais réellement professeurs de catégorisation des Ivoiriens, ce sera non ! Aux fétichistes électoralistes mais organisateurs de fraudes massives à la nationalité ivoirienne, ce sera non !

Le jour se lève toujours
Lette na Lette

22:49 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (0)

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