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06/04/2010

Le partage territorial de la Côte d'Ivoire

coucher_de_soleil.jpgUn dialogue vif et sans concession entre Zelikeze et Nathan Naël. Dialogue imaginaire quand même!  Une ode à la partition de la Côte d'Ivoire pour sortir de la logique inavouable et abominable des compas et des équerres. Cette magistrale épitaphe des peuples égorgés devrait accompagner chaque Ivoirien épris de vérité et de paix!

Khéops


Zelikeze : Vous opposez le Godié au reste de la Côte d’Ivoire tout en reprochant aux autres de le faire. Vous ne trouvez-vous pas en contradiction avec vos propres thèses?

Nathan Naël: Loin de moi l’idée du dogme malhabile. Je dis que le mépris n’est pas là où l’on voudrait qu’il soit quand je m’en tiens à la définition donnée par les Ouattaristes. J’illustre mon propos par des exemples que je connais le mieux. Je m’interroge en fait sur l’opportunité des territoires créés par des Traités bidons, par la doctrine de Fachoda? La question qui est posée à la Côte d’Ivoire et au delà de la Côte d’Ivoire à l’Afrique entière, c’est la question des frontières de l’équerre et du compas des humanistes européens qui voulaient civiliser les peuples d’Afrique à leur code civil esclavagiste. Depuis les « Traités d’appuis » de Bouët-Willaumez à Binger, la Côte d’Ivoire est confrontée à un découpage particulièrement discuté: l’inclusion des territoires mandés et voltaïques arriérés et pauvres. On observe que déjà en 1919 puis en 1932 la Haute Côte d’Ivoire fut au centre de tous les débats coloniaux. Finalement, en 1947 cette question avait été tranchée en tenant compte de toutes les réalités culturelles et sociales de la région. La Côte d’Ivoire indépendante a débattu du projet de double nationalité ivoiro-burkinabè. Dr. Félix Houphouët-Boigny avait fini par mettre cette question dans les tiroirs à plusieurs fonds en 1965. Avec l’arrivée de Dr. Dramane Allassane Ouattara au sommet de l’Etat ivoirien cette même question réapparut.

 

Zelikeze : La deuxième République du 23 Juillet 2000 a dit constitutionnellement l’identité territoriale et politique de la Côte d’Ivoire. On avait vite pensé la fin de l’activisme terroriste du bouclier à problèmes politiques, culturels, économiques, fonciers, etc...

Nathan Naël : Le colonat et le néocolonat avaient été vaincus par la loi démocratique, ne pouvant plus jouer les Ivoiriens contre les autres communautés négro-africaines comme ce fut le cas avec l’affaire Daho-Togo et tous les conflits de la propriété de la terre dans le Sud du pays - faut-il souligner que le problème foncier n’existe pas dans le Zanzan entre Lobi et Godié ou entre Sénoufo et Bakwé. Là-bas, la terre appartient à des acteurs différenciés. On nie, dans le Sud-Ouest, ce droit culturel et historique aux Godié et aux Kodia. On explique avec moult arguments que la terre du Godié appartient à celui qui la met en valeur.

 

Zelikeze : Doit-on mourir pour un lopin de terre?

Nathan Naël: Vous dites « lopin de terre ». Tout arpent de terre hérité de nos ascendants vaut la peine qu’on donne sa vie pour elle. Le monde nous renvoie ces images terrifiantes de bombardiers américains et occidentaux détruisant et tuant des Serbes pour que ceux-ci quittent les terres des Albanais du Kosovo. Les Chinois ne sont-ils pas traités de tous les noms d’oiseau au Tibet! Dans le cas de la Côte d’Ivoire, tout le monde sait que c’est la question voltaïque qui a conduit à l’assassinat de Victor Biaka Boda par les musulmans de Bouaflé avec leurs hommes de mains Alaouites marocains en 1950. Les mêmes problèmes incompréhensibles entraîneront à Gagnoa en 1957 la répression jamais élucidée et pour laquelle Djédjé Capri et d’autres furent bannis en leur pays pendant vingt quatre ans ; contraints à l’exil intérieur. C’est cette même question du Nord qui a conduit aux curieux complots fictifs de « jactance ». Ernest Boka y laissera sa peau. Les éléments de preuve: lorsque Houphouët-Boigny massacre dans le Sanwi et le Guébié, je l’ai écrit, c’est avec les bras voltaïques. On comprend donc que la sortie de l’occupation esclavagiste et coloniale n’a pas été clairement soldée. La sortie du système criminel de Dr. Félix Houphouët-Boigny, n’a pas, non plus, été complètement soldée. Leur point commun se trouvant être les lanières des frontières de l’équerre et du compas colonial et esclavagiste de Berlin (1884). Les Voltaïques ou Burkinabé ont assuré la défense et la sécurité des lanières des frontières étranges et gaullistes. La main gaulliste dans le déstabilisation de la Côte d’Ivoire est établie lorsque certains silences visitent notre intelligence: silence des leaders gaullistes et du Dr. Dramane Allassane Ouattara lorsque les Dozo ont défilé avec des armes à feu en plein Abidjan. Le conglomérat gaulliste ne s’est pas élevé contre ces parades militaires de milices paysannes du Nord. Ce qui est donc en cause c’est ce double héritage colonial et Houphouëtéen portant sur la réalité territoriale et historique de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui. Les envahisseurs par Traités et à pas de charge ont cherché à faire coexister des peuples aux valeurs et vision du monde complètement antagoniques pour reprendre l’idée étrange de Dr. Laurent Dona Fologo.

 

Zelikeze : Depuis les années trente a écrit Senghor, le poète Sérère de Joal, les Africains ont entrepris de dénoncer ce que vous faites. Qu’apportez-vous de nouveau? Qu’est-ce qui est original dans votre discours?

Nathan Naël: Que l’on traduise dans les faits ce que les Africains ont toujours dit, ce que les Ivoiriens croient être bien pour eux. Les monarques Akan ont fait valoir sur la Côte d’Ivoire le glaive de la dissimulation, le tristement célèbre « Gbrè » de Dr. Félix Houphouët-Boigny, le catholique de Kimoukro ou Yamoussoukro. Les « empereurs de Kong » lancent leurs Dozo déblayer les chemins, égorger et éventrer femmes, hommes et enfants comme à l’époque barbare des différents Jihadistes du Manding, lorsque les Noirs du Kaa’rta, du Djoloff, du Gabou, du Worodougou, etc.. refusaient de se convertir à la religion du Sahélien El Hadj Omar selon « Ségou », la saga romanesque de l’écrivaine antillaise. Finalement, les minorités nationales paisibles et animistes du Sud-Ouest sont continuellement dépossédées de leurs terres et des beautés naturelles de leur touristique façade maritime. Ne sont-ils pas étiquetés d’être des « Males Gens depuis 1475 » pour s’être bagarrés avec des marins belges, disons Flamands? Des gouverneurs aux différents présidents de la Côte d’Ivoire, on a cherché à nier les us et les traditions c’est à dire l’identité territoriale des peuples dits Godié ivoiriens.

 

Zelikeze : On a préféré plaquer sur des réalités sociales et territoriales affirmées la morale de l’hypothétique droit romain de la propriété sol et son corollaire de la morale catholique, de la philosophie présumée être celle des Lumières.

Nathan Naël : Depuis au moins quarante ans ces philosophies et théologies n’ont pas réussi à créer le mouvement de l’unité nationale. Le Président Laurent Gbagbo est confronté brutalement à cette même question de la lecture territoriale, de la lecture historique, de la lecture juridique, de la lecture sociale, de la lecture culturelle, de la lecture de l’action politique.

 

Zelikeze : Vous dites que les Gaullistes veulent faire du Président Laurent Gbagbo un caïd. Vous posez brutalement deux questions portant sur le maintien ou la sortie claire des lanières des frontières esclavagistes et coloniales.

Nathan Naël : Dans un cas comme dans l’autre, les réformes doivent être majeures et fortes. Dans le premier cas, celui de garder intactes les frontières, quitte à les fondre soit dans un Conseil de l’entente re-visité, soit dans une Fédération ouest-africaine incertaine, ce qu’il faut c’est radicalement reconnaître les cinq entités territoriales ivoiriennes et les doter de structures adéquates, de fonder clairement en droit positif la « Principauté de Grinjabo ». Dans le deuxième cas, c’est proposer la séparation en trois Républiques indépendantes et immédiatement soldé, comme en Yougoslavie de Tito, l’héritage des quarante dernières années. En somme, se doter d’Institutions démocratiques et responsables?

 

Zelikeze : Dans tous les cas de figure, ce qui est discuté en Côte d’Ivoire, pour l’ensemble des peuples sous domination française c’est comment s’inventer des structures et des Institutions radicales, lisibles par tous pour que l’autorité de l’Etat ait un sens sous les tropiques.

Nathan Naël : Vous le dites très bien ! Cela se traduit par deux actes majeurs immédiats à mettre en mouvement. La séparation et la garantie des pouvoirs qui selon tous les peuples de la terre confèrent à toute autorité publique l’exigence de la protection des droits publics et privés. Dans un contexte malsain et pourtant adulé comme celui de la plus grande démocratie au monde, le droit dit par la plus haute juridiction de l’Etat fédéral américain a tranché en faveur du camp qui avait recueilli le moins de suffrages populaires. Cette même juridiction envoie chaque année des centaines d’êtres humains sur la chaise électrique. On n’y voit pas de l’absurdité! En second lieu, les moyens électroniques mis en place collectivement, même si des irrégularités ont été flagrantes dans un Etat dominé par les féaux et partisans des deux concurrents à la plus haute charge, toutes les juridictions consultées les ont maintenus, d’autant que les désavouer ici c’était au bas mot les désavouer partout. Ensuite, le respect de la décision de justice. Les électeurs floués ont préféré travailler à être plus vigilants la prochaine fois. Ils n’ont pas appelé à la révolution violente pour imposer leur vérité du moment. C’était le risque à assumer. C’est cet état d’esprit qui a prévalu dans les rangs de la Gauche socialiste ivoirienne. C’est ce que je préconise, disons la reconnaissance claire de l’autorité distincte des terroirs ethniques ivoiriens avec la faculté c’est à dire la possibilité de rompre le Pacte républicain. Tous les Ivoiriens lucides ont attendu de Dr. Guillaume Soro Kigbafori qu’il proclamât avec courage et publiquement la République Sénoufo ou la République du Nord. Il n’a pas eu les couilles pour dire ce que tout le monde murmurait dans le Mandé et le Voltaïque ivoiriens ! Dr Guillaume Soro a fini par rentrer dans la République et on se demande encore pourquoi il en était parti puisque les mêmes vestiges crapules demeurent en l’état et que la guerre civile a définitivement plombé toute évolution hors du cadre esclavagiste maçonnique français ! Ils sont tous frères ! Frère Ouattara, Frère Bédié, Frère Ndiaye, Frère Gbagbo ! Et depuis le Président Laurent Gbagbo affiche, à la boutonnière, le même insigne que Hariri et Chirac !

 

Zelikeze : Le Président Laurent Gbagbo n’a-t-il pas perdu la bataille?

Nathan Naël: On peut le penser ! Et on ne serait complètement débile ! Laissez-moi terminer mon argument sur la période américaine et vous comprendrez mieux ma posture. Là-bas, chez les héritiers de Lafayette et Washington, le respect des formes de la contestation légale des décisions est prononcé par l’autorité publique. Les électeurs américains ne se sont pas privés. En Côte d’Ivoire, chez les partisans de Dr. Dramane Allassane Ouattara, on préfère mettre des milliers de clandestins dans la rue pour créer la confusion en parlant de vacance du pouvoir et que Dr. Dramane Allassane Ouattara était fondé à tenter sa chance. Les radios locales comme radio Clapas à Montpellier se sont laissées aller à cette idée idiote et sans lendemain. Elles sont aussi responsables de ce qui s’est passé entre le mercredi 25 octobre au jeudi 26 octobre 2000 en Côte d’Ivoire. C’est cette façon de faire qui a été sévèrement sanctionnée par les Ivoiriens. C’est cette façon de faire qui sera toujours dénoncée sans concession.

 

Zelikeze : On dira aussi que le leader ivoirien de la gauche démocratique avait appelé au soulèvement populaire. Qu’en dites-vous ?

Nathan Naël : J’aurai voulu en parler plus tard et plus en détail ! Mais puisque vous insistez, écoutez ceci : l’autorité chargée d’organiser les élections est brutalement interrompu dans son travail de comptage et de validation des procès verbaux qui lui sont transmis par ses agents. Son Président est arrêté sur son lieu de travail. Toute la direction nationale est enlevée et mis au secret. Le ministre de l’intérieur de l’époque, membre influent de la junte militaire au pouvoir refuse de publier les résultats que l’on lui propose. On va chercher un administrateur présumé intègre pour le faire. Il s’exécute ! Et personne ne manifeste sa joie ! Le leader de la junte en personne entourée de ses caciques s’autoproclame vainqueur ! Où a-t-on vu ça ? C’est ça qu’il faut dire et ensuite commenter. Ne pas le faire c’est chercher à tromper et pousser vers les sentiers incertains de la violence.

 

Zelikeze : Et ce sont ces sentiers incertains qui prospèrent en Côte d’Ivoire depuis octobre 2000.

Nathan Naël : Je veux donc dire que dans cette lutte pour construire un Etat de droit en Côte d’Ivoire, le Président Laurent Gbagbo semble avoir une longueur d’avance sur tous ceux qui veulent déjà combattre sa politique. N’avait-il pas entrepris d’intégrer Dr. Dramane Allassane Ouattara sans avoir à « tordre le cou à la justice » de son pays? N’avait-il pas commencé à contourner l’obstacle de l’Arrêt de la Cour suprême ivoirienne en utilisant les termes de cet Arrêt? C’est ça la vérité!

 

Zelikeze : Quelles sont vos conclusions à la suite de tout ce que vous avez décrit?

Nathan Naël: Un certain nombre d’arguments historiques, de contradictions sociales, portant sur les libertés publiques, de frustrations fictives et réelles pouvaient ancrer les Ivoiriens dans l’intransigeance de l’action publique et politique d’autant que rien n’avait été fait pour désamorcer ces attitudes.

 

Zelikeze : Le Président Laurent Gbagbo élu démocratiquement a fait des promesses dans le sens de la décrispation politique.

Nathan Naël: La création d’un Office de l’immigration et de l’Intégration et la construction d’un Monument des martyrs. Le Président Laurent Gbagbo n’a pas une  journée du souvenir ou un mois du Grand Deuil et du Grand Pardon comme des Ivoiriens l’avaient suggéré. Le Président Laurent Gbagbo a prôné la sagesse de la méthode républicaine: toute décision politique doit être arrimée à une loi. Pour lui, il fallait légiférer sur les questions importantes qui touchent au cœur de la pratique démocratique en République.

 

Zelikeze : Ces contradicteurs ont tenté d’en faire un Président potiche.

Nathan Naël : C’est l’erreur de ceux-là. C’est la force du Président Laurent Gbagbo mais en même temps sa faiblesse car il n’était pas dans une situation ordinaire, aussi il lui appartenait de prendre des décisions fortes qui annonçassent la rupture dans les pratiques connues. La question de l’identité nationale de Dr. Dramane Allassane Ouattara demandait une décision claire du Président de la République. Le Président Laurent Gbagbo l’a fait avec les moyens légaux. En homme d’Etat ! Il a refusé d’imposer à son peuple ses certitudes philosophiques du pardon et de la compassion. Il a permis aux Ivoiriens d’assumer collectivement une décision qui les opposent et les divisent encore aujourd’hui. Les différents responsables d’institutions se sont appliqués à s’assurer de la réalité des motivations de leurs décisions.

 

Zelikeze : Dans le cas de la citoyenneté ivoirienne de Dr. Dramane Allassane Ouattara (!) la Cour suprême du pays a statué définitivement.

Nathan Naël : Comme aux Etats-Unis d’Amérique ! La désinformation orchestrée de l’extérieur a ensuite cherché à mystifier la Gauche libérale pour qu’elle ne rompe pas toutes les lanières spoliatrices de la Côte d’Ivoire de ces quarante dernières années.

 

Zelikeze : Des questions politiques ou ce que Bayart a appelé la politique de l’Etat ventriloque !

Nathan Naël : Les questions économiques mal traitées ont créé, dans le corps social, le sentiment de la frustration collective et alimenté la logique de la violence, du rejet de l’Autorité politique. « Les gens écoutent, entendent, voient et agissent en leur âme et conscience ». C’est Henriette Dagri qui l’a dit pour se dédouaner des responsabilités de la connerie politique des machettes, des coutelas, des barres de fer, des moyens rudimentaires, sophistiqués et lourds de la casse et de la tuerie de tous ceux qui avaient encore quelque parcelle de pouvoir d’Etat. Préfets, Commissaires, Inspecteurs des Impôts, Serviteurs de l’Etat républicain ont été visités par les militants Dozos. Le Président Laurent Gbagbo ordonna-t-il que l’Etat assuma son rôle de garant de la sécurité des Ivoiriens que l’on entendit la clameur des pacifistes de Dr. Benoît Scheuer, celui-là même qui a déposé plainte contre l’Etat de Côte d’Ivoire pour génocide et torture sur des ressortissants du Nord ivoirien.

 

Zelikeze : On peut donc conclure en disant que Dr. Dramane Allassane Ouattara et ses partisans et soutiens extérieurs tentent de reproduire le chemin de la tromperie de leur père spirituel, Dr. Félix Houphouët-Boigny.

Nathan Naël : Absolument ! Sans projet politique ni programme de gouvernement comme le Syndicat agricole africain (Saa) de Félix Houphouët-Boigny, Dr. Dramane Allassane Ouattara et ses amis politiques ont réussi à s’aliéner tout le monde en se repliant sur leurs esclaves « dévoués ». Rejetés par les Ivoiriens, comme le fut Dr. Félix Houphouët-Boigny, Dr. Dramane Allassane Ouattara et ses esclaves opérèrent ce qu’ils appellent le nouveau « repli tactique » en se mettant au service de ceux qui ont été et qui ont toujours  été à la base de tous les malheurs de la Côte d’Ivoire. Les gaullistes et leurs baudets ivoiriens renouent avec les pratiques de Dr. Félix Houphouët-Boigny selon le mot de Dr. Pierre Messmer: « il était incapable d’avoir une opinion autonome ». Incapable d’avoir une opinion autonome, Dr. Dramane Allassane Ouattara demandera aux Institutions financières internationales d’affamer les pauvres de Côte d’Ivoire. Le cirque est sans fin !

 

Zelikeze : Il est depuis le jouet du « Village » françafricain islamiste et maçonnique.

Nathan Naël : Faut-il reprendre le film des horreurs ! Dans la nuit du 7 au 8 janvier 2001, la communauté internationale s’est réveillée avec des corps inanimés jonchant les rues d’Abidjan. Une tentative de coup d’Etat. Les assaillants avaient des moyens puissants: des Kalachnikov, des grenades, des mitrailleuses automatiques montées sur des blindés, des colonnes de 4x4.

 

Zelikeze : Il y a là des éléments qui pourraient servir à prouver et confondre les commanditaires de l’imbécillité de ces dix dernières années.

Nathan Naël : Marx avait averti de ce que « les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois... la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ». La première fois les coloniaux imposèrent Félix Houphouët-Boigny et ce fut la tragédie génocidaire du Guébié. La seconde fois, les françafricains tentèrent d’imposer à la Côte d’Ivoire leur Sahélien présumé et ce fut la farce mortelle du 26 octobre 2000. Dr. Dramane Allassane Ouattara a servi de couverture morale et politique pour faire valoir des arguments tueurs et imposer les intérêts évidents des Bouygues, de la criminalité organisée des mêmes de l’Unesco de Federico Mayor à l’impunité sur mesure décrite par Verschave.

 

Zelikeze : La nuit du 18 au 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire sonnerait-elle comme le 11 septembre 2001 aux Etats Unis!

Nathan Naël : Loin de moi les comparaisons ! J’entends les souffrances du peuple, des fractions ethno-nationales qui, à tort ou à raison, ont été sévèrement réprimées. J’entends les arguties juridiques des protégés du « village » maçonnique et islamiste du 2 rue de l’Elysée. J’entends aussi et surtout les arguments moraux, éthiques et responsables des autorités de la Côte d’Ivoire. J’observe, chez les uns et les autres, que les privations, les menaces, les intimidations, les mises à l’écart infondées, les coups de poignard dans le dos, le chantage honteux, toutes ces crapuleries ont échoué. Dans toutes les familles politiques mêmes les plus radicales, on s’aperçoit qu’il « faut s’asseoir pour parler » enfin de ce que nous devons entendre par l’épitaphe Côte d’Ivoire.

 

Zelikeze : On cherche désormais sincèrement le dialogue chez les chefs de guerre ou Dozos et leurs alliés politiques.

Nathan Naël : Les « suiveurs » de Dr. Bédié, les « héritiers » de Dr. Guéhi et les « soutiens » essentiellement gaullistes de Dr. Dramane Allassane Ouattara et leurs protecteurs ont enfin compris qu’ils n’ont pas - ils n’auront plus jamais - le monopole de la violence pure et dure. Un nouveau débat semble s’amorcer sur la scène internationale, et en France. Je veux espérer que cette fois-ci, les puissants de la terre accepteront d’entendre, en toute impartialité et quiétude, toutes les parties, mêmes les vermines et les « Males gens » du Godié, si l’on veut vraiment sortir de la logique du chaos. C’est l’unique sens de cette tentative de synthèse littéraire et poétique.

 

Zelikeze : On peut donc dire que le problème de la Côte d’Ivoire est de savoir comment faire pour se débarrasser définitivement des étrangetés amicales du lien historique et de langue.

Nathan Naël : Les autorités ivoiriennes doivent travailler à fixer le cap de l’éthique et de la vertu selon le mot de Protagoras pour éclairer les voies et moyens du financement des investissements strictement nécessaires au développement de l’activité économique, artistique, littéraire et poétique du monde ivoirien. Mettre fin aux menées subversives de la compagnie des Dr. Camdessus, des Dr. Mayor, des Dr. Kissinger, des Dr. Le Guyader, des Dr. Belkiri, des Dr. Bernard Edmond, des Dr. Perriard! Mettre fin au mépris affiché par Dr. Dramane Allassane Ouattara qui veut être le nouveau « condottiere » de la Côte d’Ivoire alors que cette politique du diktat machiavélien est condamnée par les Ivoiriens.

 

Zelikeze : Les Ivoiriens ne veulent plus des cautions d’organismes escrocs et fascisants. Cette façon de faire la politique avait créé les conditions de la puissance du Géorgien soviétique. Ceux qui l’avaient fabriqué contre Trotski, l’extrémiste, le radical et marginal intellectuel juif communiste, avaient fini par « l’empoissonner ».  C’est Potok qui l’a écrit !

Nathan Naël : Génial ! Votre propos est effroyablement génial ! C’est ce même scénario qui a cours en Côte d’Ivoire et auquel le Président Laurent Gbagbo et ses amis tentent de mettre un coup d’arrêt lorsque le leader ivoirien déclare : « C’est fini l’Afrique à papa » et des flingueurs à gage. Nous en avons pris acte. Ce sera donc « Non » au monstre conglomérataire: Dr. Bouygues, Dr. Bolloré, Dr. Dreyfus, Dr. Mayor, Dr. Kissinger, Dr. Camdessus, Dr. Nouvian-Ouattara, etc. Ne dit-on pas que « la nuit a beau être longue, elle finit toujours par céder au jour » ! Les Lumières ont entrepris de revenir dans la Côte d’Ivoire des « Males Gens » du littoral maritime du Godié. Le forum sur la réconciliation, les rapports d’enquête, les rencontres, les discussions, les concessions, les garanties, etc.., la barbarie des bandes armées autour de Dr. Soro Kigbafori auront-ils la sagesse de convoquer l’héritage fétide de Félix Houphouët-Boigny et le solder franchement?

 

Zelikeze : La France vous a accueilli et vous la dénoncez injustement à chaque ligne de votre questionnement éthique, de vos « Nawéli ».

Nathan Naël : Ma colère est un cri indigné contre la filiation des dupes, de l’état colonial non définitivement soldé en notre Patrie commune. Ma colère n’est pas contre la France et le peuple de France. Je dénonce les immondices de l’Etat colonial français qui empoisonnent la vie des miens. C’est tout! Le reste c’est de la poésie depuis Socrate et Protagoras, depuis Joly et Thoreau.

 

Zelikeze : Comment sortir du bourbier des cris de guerre, des gémissements, des sanglots, des souffrances refoulées?

Nathan Naël : Question « frar » mais question terminale c’est à dire méthodologique. Mes réponses sont simples et invariables: déconstruire la Dyuslamité ou l’ivoirité dyula, détruire les lanières coloniales. Pour moi, il n’y a que cette seule solution efficace et durable. Mais comme cette solution dégomme la logique esclavagiste des manipulateurs, on avance toutes sortes d’arguties et d’un revers de main, on l’écarte. On se met ensuite à déplorer l’absolu décor de l’horreur spécifique. Je le dis à nouveau. Ma méthode est simple sans être simpliste ! La solution aux drames et tragédies actuels s’imposera d’elle-même.

 

Zelikeze : Quelle est cette nouvelle porte vers l’Eden éburnéen ?

Nathan Naël : Démanteler la Côte d’Ivoire qui n’est autre qu’une construction d’équerres et de compas de Francs-maçons français. Ces « têtes de Yourtes » possèdent tout dans le pays. Ces « frères maçons » ont suscité une pseudo-bourgeoisie d’aigrefins et d’eunuques politiques acquis à leur cause dans un bouclier grossier, bête et violent. Construire des régions autonomes et libres. Après le film de Dr. Benoît Scheuer et l’inconscience barbare de la « garde rapprochée » de Dr. Dramane Allassane Ouattara, je ne vois pas comment des Godié pourraient vivre ensemble avec des Dioula qui trouveront toujours que les Godié sont des Nazis. Les Godié penseront encore et toujours que les Dioula et d’autres groupes ethniques sont des fascistes.

 

Zelikeze : Comment faites-vous pour que cette mémoire soit positivement régulée?

Nathan Naël : Fédérer les régions qui le souhaiteront. Redécouper la carte de l’Afrique noire et constituer des entités territoriales à peu près homogènes culturellement, philosophiquement. Je crois que tout l’or de la terre ne résoudra pas le problème posé par la pseudo-bourgeoisie et les intellectuels du « peuple Dioula musulman » de Côte d’Ivoire. L’histoire du génocide des Guébié et des enfants Godié et Gagou, des massacres du Sanwi et les disparitions des quarante dernières années a atteint jusqu’au moyeu de notre conscience individuelle et collective. La solution que je propose est fondée en droit international puisque la jurisprudence dans ce domaine est abondante ou les cas similaires partout. L’Erythrée s’est séparée de l’Ethiopie. Le Pakistan s’est séparé de l’Union indienne. Pour résoudre les problèmes identitaires en Ex-Yougoslavie, la Fédération de Tito a été démantelée. La Serbie a été partagée en trois Républiques indépendantes dont la République du Kosovo, l’autre Palestine orthodoxe en pleine Europe occidentale essentiellement chrétienne ! La Russie des quarante mille proverbes orthodoxes s’est débarrassée de ses provinces islamiennes, catholiques et protestantes. Ces peuples qui ont rompu ont-ils disparu de la terre? Non. Le Royaume Uni est un conglomérat de Républiques religieuses. La Belgique est une « poudrière identitaire » entre Wallons et Flamands. Ces peuples qui affichent clairement et strictement, dans le même espace territorial, leurs différences identitaires et politiques ont-ils disparu de la terre? Non. La Serbie a perdu sa province historique du Kosovo, l’immigration albanaise musulmane y était devenue majoritaire. La Chine a toutes les difficultés avec deux de ses provinces le  Tibet et Taiwan. Les cantons helvétiques sont ethniques ! Pouvez-vous me dire le statut international de Formose ou Taiwan?

 

Zelikeze : Je ne pense pas avoir la réponse.

Nathan Naël : Moi, non plus ! Je veux dire que c’est en Afrique noire qu’on impose encore des frontières criminelles ou qu’on les défait selon la volonté et la convenance des mêmes piranhas, des mêmes vautours, des mêmes crotales tueurs. L’Erythrée s’est séparée de l’Ethiopie. S’est-on offusqué? Non. La Rasd est admise à l’Oua comme Etat souverain. S’est-on offusqué? Non. Le Somaliland s’est autonomisé de la grande Somalie. S’est-on offusqué? Non. Voyez l’Etat ethnique helvétique au cœur de l’Europe ? Qui s’en plaint ? Les Tchèques et les Slovaques sont séparés sans que l’on s’en indigne en Europe ? Pourquoi s’entre-tuer si l’on peut vivre en harmonie et en paix sur terre dans la séparation et la protection des identités et des spécificités d’appartenance? Mais on oublie vite que parce que un peu partout, on voit des coexistence silencieuse, il n’y aurait pas des cas de génocides inacceptables ? L’Onu a même froidement démantelé la Palestine en y élevant un Etat doté de la puissance nucléaire ! Les autochtones ont été chassés de leurs terres, leurs maisons et leurs lieux de sépultures  rasés. Leur mémoire multimillénaire effacée. Est-ce de cela que nous voulons chez nous ?

 

Zelikeze : Les peuples ivoiriens ont-ils les mêmes droits à l’autodétermination, le droit de rompre les lanières qui ne leur conviennent pas? Voilà la question.

Nathan Naël : La bonne et surtout la vraie ! Il n’y en a pas trente six mille! Il va falloir procéder dans la paix civile à la séparation claire des identités antagoniques pour éviter à notre peuple des déchirements inutiles comme on en voit en ce moment un peu partout. Je crois donc qu’il est possible de fonder en Côte d’Ivoire la nouvelle carte de l’Afrique de demain. Ceux qui persisteront dans le maintien des lanières coloniales seront les véritables responsables des déchirements mortels à venir. Nous n’avons plus l’âge des horreurs et de la barbarie révolutionnaire des esprits simplets. Nous devons donc construire une nouvelle communauté qui intègre tous ceux qui, en conscience et avec raison, veulent participer au cheminement des lumières noires et nègres.

 

Zelikeze : Ce qui intéresse ces colonnes infernales ce sont les circuits et les mécanismes qui leur permettent de capter les fonds colossaux en circulation.

Nathan Naël : Oui ! Nous devons surtout libérer la circulation des idées du changement émancipateur. Nous ne pourrons mettre un véritable coup d’arrêt efficace à ces voyous qui parasitent les Etats puissants  si nous n’avons pas préalablement libéré la parole chez nous.  Toute autre réponse portera toujours le boulet de Sisyphe dans nos terroirs. Le leadership ivoirien doit fixer le cap pour éclairer les voies et moyens des investissements strictement nécessaires au développement de l’activité économique, artistique, littéraire et poétique du monde ivoirien. Il doit se passer de ceux qui se croient indépassables. La Côte d’Ivoire ne sera vraiment libre qu’en se débarrassant de la tutelle maçonnique.

 

Zelikeze : L’arène du  jeu politique ivoirien assainie par la parole donnée par le Président Laurent Gbagbo au Moro Naba des Mossi est malgré tout, dites-vous, grosse d’une curiosité criminelle. Laquelle ?

Nathan Naël : L’allégeance aux critères et valeurs des forces du Mal alors qu’il fallait partager la Côte d’Ivoire. Ne pas l’avoir fait, il a engagé les Godié et les Kodia, malgré lui, sur le sentier des recommencements sans fin et la mort industrielle.

 

Zelikeze : Vos mots d’espoir en direction de la « Terre d’espérance » d’Eburnie pour reprendre l’hymne national de la belle Côte d’Ivoire.

Nathan Naël: Il nous faudra désormais travailler à freiner et barrer la route aux étranges bailleurs de leçons vides de contenu pratique pour nos terroirs.

 

Lettê na Lettê

Montpellier le 4 octobre 2009

02:04 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : partition

Commentaires

Très bon résumé.
L'histoire doit être récité encore et encore.
L'Afrique est à la veille de sa réelle révolution.
Les peuples d'Afrique se libèreront bientôt du joug du capitalisme et des États corrompus. Le soulèvement massif est proche, bientôt tous les peuples de la Terre, tous les individus seront libres.
Solidairement révolutionnaire.
http://unionrevolte.blogspot.com

Écrit par : Union Révolte | 19/01/2011

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