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12/04/2010

Démocratie contre Palabre africaine

 

plage.jpgLe Kanégnon ivoirien répète systématiquement que le vote est probablement l’unique moyen qui permettra aux ivoiriens et aux Africains de se constituer en nation libre et ouverte.

 


Il revendique, si j’ai compris, le modèle de l’Etat sophiste grec et romain, de l’Etat hobbien, de l’Etat machiavélien, de l’Etat selon l’esprit des lois de Montesquieu. On pourrait logiquement ajouter la fantasmagorie maçonnique de Montaigne et accessoirement le candide roman de Voltaire combattant le dogme catholique en prenant la défense de Las Casas, un Ecclésiastique espagnol ami présumé de peuples condamnés à la corvée par l’Eglise catholique ! On pourrait relire attentivement Rousseau et tous ces diablotins d’Europe occidentale. Kriegel et Gauchet ont conclu finalement que le couple de l’Etat et ses esclaves était la forme la plus achevée du complot en enfer de Maurice Joly !

Le leader ivoirien vient encore de redéfinir et préciser, pour la Côte d’Ivoire, que la démocratie adossée au Pentateuque est le lieu commun qui permet la coexistence pacifique des minorités nationales tribales et religieuses. Il a longuement disserté sur le matriarcat Sénoufo et Akan qu’il a mis à équidistance du patriarcat Krou, Yacouba et musulman du Mandé.

Donc le seul liant conducteur, le filament de notre futur national comme l’aurait écrit notre ami Sahiri Léandre semble être donc la Démocratie ; elle mettrait d’accord les sociétés matrilinéaires des Nanan, lignages patrilinéaires des Kanégnon et les communautés confessionnelles historiques du Mandé !

On sait maintenant que trois modèles d’organisation politique ont été réunis par les équerres et compas de Berlin à l’intérieur du même territoire colonial. C’est la Côte d’Ivoire élevée en Etat souverain !!!! Les spécificités nationales originelles déclineraient, selon l’argumentaire et le plaidoyer de notre Kanégnon ivoirien, en un jargon particulièrement illisible et brouillé.

On dit et argumente des mots et des notions qui font question ! La patrilinéarité sans Etat du Kanégnon. La patrilinéarité confessionnelle de l’imam. La matrilinéarité du pseudo-Etat monarchique du Nanan. L’autel des libations du Bosson et de ses Komian est en compétition politique avec les prieurés du pentateuque, disons que le polythéisme animiste est confronté aux violentes certitudes de la Trinité de Moïse. Le Décalogue talmudique, l’Evangile chrétien, le Verset mahométan, voilà les trois angles du triangle démocratique présumé. Les Africains ne peuvent exister et coexister entre eux et « entrer suffisamment dans l’histoire » qu’en adoptant le sanguinolent ordre édicté par Moïse et héritiers. C’est la thèse principale de notre Kanégnon !

Cette posture est intellectuellement discutable. Le débat des idées est ouvert.

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê

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