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18/09/2010

Mal-mot sécurité

CRS2.jpgCher ami,

Sécurité ! Sécurité ! Sécurité ! Le « mal-mot » est sur toutes les langues ivoiriennes. Du sommet de l’Etat à la rue korhogolaise. On parle même d’Académie militaire à l’Ouest, de Compagnies de sécurité, de brigades de police et de gendarmerie, etc… Partout, on ne voit plus que des délinquants, des brigands, des voyous, de la racaille, etc… La sécurité répressive est désormais l’alpha et l’oméga de toute politique responsable et moderne. J’essaie ici d’en situer, cursivement, les limites pour nos sociétés villageoises à culture ouverte.

La question des « coupeurs de routes » que vous soulevez est fort judicieuse! Vos analyses sont intelligentes! Vos préconisations aussi! Mais, vous avez oublié une chose : notre Nzueba national, héritier du grand Timonier ivoirien ami incontestable et incontesté de la France de Chirac, avait créé un conseil national de la sécurité avec le Général Joseph Tanui comme chef d'orchestre! Je constate que le régime de notre Nzueba a été décapité le 24 décembre 1999! Malgré les gros bras de la France de Chirac et le Conseil national de la sécurité. Vous êtes-vous posé la question de savoir pourquoi ce malheur s'est abattu sur notre pays et qu'aujourd'hui nous nous en remettons au Dieu trois fois saint de Moise? Saint par le judaïsme ! Saint par le christianisme! Saint par l'Islam! Il nous faut donc chercher autrement notre voie qui ne soit pas celle que vous semblez décrire avec conviction et assurance. Si nous utilisons les sentiers que vous décrivez, nos mères, nos sœurs, nos frères, les nôtres seront bafoués, atrocement humiliés, violentés et violés dans leur « imaginaire ».

Mon unique contribution est de poser un regard autarcique sur notre histoire, de remettre en question nos livres, nos diplômes, nos expériences, la science des « maîtres » que vous citez abondamment ! C'est de cette façon que nous verrons clair en nous-mêmes pour penser authentiquement notre futur! Sécurisé ! Promouvoir chez nous ce qui nous appartient en propre et qui ne peut nous être contesté! Il nous faut nous séparer de trois maux. Liberté, Démocratie, Humanisme. Alors, nous répondrons efficacement à la quadrature de la question homothétique. Comment peut-on parler d'État, de Loi, de République pendant que nous disons et soutenons que nos sociétés sont des sociétés villageoises, des démocraties sans Etat ou qu'elles étaient des chefferies éclairées par des traditions orales et arbitraires ????? Comment les nôtres peuvent-ils faire confiance à des bouts de papiers et se soumettre à l'autorité de la liturgie inquisitoriale dominante?

C'est tout ça qui fait désordre. Toutes les armes de la terre n'y pourront rien ! La Somalie en est l'illustration éloquente en zone d'influence islamique ! Il nous faut donc engager le Débat fondamental au lieu des conclusions hâtives et comme vous dites de « courte vue »! Telle est ma conviction. Il n’y aura de sécurité fiable que lorsque chacun d’entre nous aura le souci de protéger ce qui lui appartient en propre sans être le jouet de fâcheuses oligarchies d’Etat.

Le jour se lève toujours

Lette na Lette

 

17:08 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (0)

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