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14/03/2011

Procès verbal

 

Tonnerre2.jpgLe Président Affi Nguessan a rendu compte de la mission que le Kanégnon lui avait confiée de le représenter à Addis Abeba où le Panel de haut niveau de l’Ua exposait ses conclusions et propositions contraignantes sur la crise ivoirienne. A la lecture de ce procès verbal, on est désormais certain qu’il y aura la guerre en Côte d’Ivoire. Parce que, mine de rien, l'Ivoirien lucide et serein ne vois pas comment le Kanégnon ivoirien tendrait encore la main tolérante aux crapules ivoiriennes de l’Occident maçonnique.

L'embargo total sur les médicaments pour les Noirs de Côte d'Ivoire est la preuve de ce que le Kanégnon ivoirien tirera cette fois-ci les bonnes conclusions. A la guerre comme à la guerre! Toute décision qui foulera aux pieds nos valeurs, nos lois et nos institutions démocratiques et républicaines sera dénoncée sans concession.

Le Jour se lève toujours

Lettê naa Lettê

 


Chers camarades du Comité central,

 

Le point unique à l’ordre du jour de cette rencontre sera le compte rendu de la réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) du 10 mars dernier à Addis-Abeba en Ethiopie. Compte tenu de l’importance du sujet, le Secrétariat général, avec à sa tête le Secrétaire général, a estimé qu’il était important que nous nous retrouvions pour faire le point de manière à ce que vous soyez au même niveau d’information et qu’ensemble, nous voyons comment nous allons gérer la suite de cette importante rencontre (…).

Comme je vous le disais, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a tenu une réunion le jeudi dernier. Cette rencontre avait à son ordre du jour deux questions: les situations en Côte d’Ivoire et en Libye. Le CPS est une structure de l’UA chargée de la prévention et de la gestion des conflits en Afrique. C’est une structure qui a pour compétence de travailler à la promotion de la paix et de sécurité en Afrique. C’est cette structure qui a été mise en mouvement par l’UA lorsqu’elle a voulu s’impliquer dans la crise ivoirienne. C’est elle qui, à l’occasion de son avant dernière session, a pris la décision qui a été entérinée par les chefs d’Etat, de mener une mission d’évaluation sur la crise en Côte d’Ivoire. Cette mission était dirigée par un groupe de haut niveau qu’on a appelé le Panel des cinq chefs d’Etat. Ce groupe s’est appuyé sur le travail d’un Comité d’experts qui est d’abord venu ici en Côte d’Ivoire et qui a rencontré toutes les parties : La Majorité présidentielle, le RHDP, le Conseil constitutionnel, les deux tendances de la Commission électorale indépendante (CEI), certaines Ambassades, certaines ONG, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies, etc. A l’issue de sa mission, le Comité d’experts a produit un rapport pour le Panel des cinq chefs d’Etat. Ce Panel s’est réuni à Nouakchott en Mauritanie pour examiner le rapport et, logiquement, il devait venir en Côte d’Ivoire avec des propositions pour négocier, avec les acteurs politiques ivoiriens, une solution de sortie de crise. C’était la mission que l’UA avait confié au Panel à travers le point 6 du communiqué qui a résulté de sa réunion de fin janvier dernier. Il était question de trouver une solution négociée entre les acteurs politiques ivoiriens pour la sotie de crise. Malheureusement, cette mission n’a pas eu lieu. En lieu et place, après un premier tour en Côte d’Ivoire pour reprendre le travail déjà accompli par les Experts, le Panel n’est plus revenu. Il a dépêché en Côte d’Ivoire le président de la Commission de l’UA pour adresser aux deux parties des invitations pour le sommet qui vient de se tenir le jeudi 10 mars.

Nous sommes donc allés représenter le Président de la République, SEM Laurent Gbagbo, avec l’ambassadeur Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères, un de ses collaborateurs, un consultant qui a été mis à notre disposition par le Conseil constitutionnel puisque le président du Conseil constitutionnel y avait été invité. Avant de nous rendre à Addis-Abeba, il y a eu le débat de savoir si le Président Laurent Gbagbo et le président du Conseil constitutionnel devaient s’y rendre ou pas. En définitive, nous avons tenu compte de l’expérience que nous avons eue en pareille circonstance et du fait que dans la démarche, le mandat du Panel avait été vicié en cours de route. Je vous rappelle que le Panel devait plutôt venir à Abidjan pour négocier. Donc, logiquement on devait aller à Addis-Abeba après s’être entendu entre nous ici avec le Panel sur une position, de sorte que la réunion d’Addis-Abeba ne devrait servir qu’à présenter cet accord négocié au Conseil de paix et de sécurité pour le valider et recueillir son onction pour sa mise en œuvre (…).

Or rien de tout cela n’a été fait avant même qu’on nous invite à Addis-Abeba. Nous n’avions même pas le rapport du Panel et pourtant on nous demandait d’aller à Addis-Abeba. Compte tenu donc de ces incohérences et imprécisions, nous avons arrêté le principe que le Président Gbagbo n’aille pas à Addis-Abeba. Le simple fait que le Panel ne soit pas revenu à Abidjan signifiait qu’il y avait des difficultés au sein du Panel. Donc, s’il y avait des difficultés, si rien n’était claire, il ne fallait pas que le président Laurent Gbagbo prennent des risques. C’est pour cela que le président n’est pas allé à, Addis-Abeba.

Pour ce qui est du président du Conseil constitutionnel, il s’agit du président de la plus haute juridiction de notre pays. Il est chargé de la régulation du fonctionnement des autres institutions, de gérer les questions électorales, la présidentielle et le référendum. Donc, il était indécent que le président du Conseil constitutionnel aille s’exhiber devant une institution, même si celle-ci est internationale. Le Conseil constitutionnel est, faut-il le rappeler, au centre de notre souveraineté nationale, un pilier des institutions de la République. C’est pourquoi nous avons estimé qu’il n’était pas indiqué que le président du Conseil constitutionnel aille se prêter à un exercice du genre audition ou critique. Mais pour la politesse diplomatique, le président du Conseil constitutionnel a adressé un courrier au président de la Commission de l’UA pour s’excuser de son absence.

A Addis-Abeba, normalement, le Panel devait se réunir le mercredi 9 mars pour faire le travail qu’il devait faire ici à Abidjan, c’esr-à-dire rencontrer toutes les parties. De sorte que si nous tombions d’accord, le jeudi 10 mars on devait se retrouver devant le CPS pour présenter un projet de solution consensuel et obtenir sa caution. Malheureusement, les chefs d’Etat membres du Panel eux-mêmes sont arrivés tard le mercredi 9. Ils n’ont donc pas pu rencontrer les parties, car ils n’avaient commencé à travailler que dans l’après-midi. C’est seulement le 10 mars, dans l’après-midi à 14h, que nous avons eu la première rencontre avec le Panel. Nous avons échangé avec eux. Ils nous ont proposé leur projet et nous en avons discuté. Quelques heures après, ils ont fini leurs travaux et ouvert ceux du CPS où nous avons encore été conviés pour nous prononcer sur la proposition définitive. Puisque après nous, le Panel avait mis en forme son document et transmis au Conseil de paix où nous avions été comme je l’ai dis, invité à réagir. Donc, ce que je vais vous dire est le condensé de leurs propositions et de nos réactions devant le Panel et le CPS, puisque c’était pratiquement la même démarche.

Chers camarades,

A Addis-Abeba, le Panel nous a proposé le rapport des experts et un projet de propositions. Ce projet de propositions de sortie de crise comporte cinq chapitres dont un consacré à la présidence, un autre à un gouvernement d’union nationale et de réconciliation, un troisième à l’Accord politique de Ouagadougou dans ses parties qui n’ont pas été mises en œuvre ; Un chapitre était consacré aux mesures d’apaisement et de confiance et un dernier chapitre consacré à l’appui de l’UA à tout cela. Je vais particulièrement intervenir sur le chapitre consacré à la présidence et à la gouvernance.

Sur la présidence, le Panel et le CPS de l’UA plus tard ont réaffirmé la reconnaissance de l’élection d’Alassane Ouattara comme président de la République de Côte d’Ivoire. Sur la base de cette reconnaissance, ils ont fait plusieurs propositions. Je vais vous lire ce passage : « Réaffirmant la victoire de M. Alassane Ouattara au scrutin du 28 novembre 2010, victoire reconnue par les résolutions et décisions de la CEDEAO, de l’UA et des Nations-Unies, le groupe de haut niveau pour le règlement da la crise en Côte d’Ivoire formule les propositions ci-après :

- « A- De la présidence de la République. 1- Monsieur Laurent Gbagbo se retire dans l’intérêt supérieur du peuple ivoirien et pour sauvegarder la paix. 2- les parties ivoiriennes prennent acte de la décision de M. Laurent Gbagbo. 3- les parties ivoiriennes demandent au Conseil constitutionnel d’investir M. Alassane Ouattara comme président de la République (il avait prévu un délai qu’ils n’ont pas indiqué, affirme Affi N’Guessan).

- B- De la mise en place d’un gouvernement d’union et de réconciliation nationale. 4- Nomination par le président Alassane Ouattara en concertation avec les membres du Cadre permanent de concertation (CPC) de l’Accord politique de Ouagadougou d’un gouvernement d’union et de réconciliation nationale. 5- Nomination par le président Alassane Ouattara en concertation avec les membres du CPC, d’un Premier ministre qui dirigera le gouvernement d’union nationale et de réconciliation avec la participation des partisans du président sortant M. Laurent Gbagbo, ainsi que des représentants d’autres formations politiques ivoiriennes et de la société civile. Désignation – dans les mêmes conditions- d’un ministre de la Défense et de l’Intérieur. 6- Mise en place par le gouvernement d’union et de réconciliation nationale d’un Conseil national de sécurité (CNS) pour superviser les processus de désarmement, démobilisation et réinsertion et de mise en place de la nouvelle armée nationale. 7- Mise en place par le gouvernement d’union et de réconciliation nationale d’un Haut Conseil de la République qui comprendra les membres du CPC et d’autres personnalités pour servir de structure d’impulsion et d’orientation pour la promotion de la réconciliation nationale ».

Voici donc les deux grands aspects de la proposition de l’UA. L’appui de l’UA, c’est la levée par la communauté internationale de toutes les sanctions prises contre la Côte d’Ivoire et des personnalités ivoiriennes dès l’investiture du président Alassane Ouattara ; Mise en place par la communauté internationale d’un programme d’urgence d’appui aux réformex et au redressement socio-économique de la Côte d’Ivoire et renforcement par l’UA et la CEDEAO de leur présence en Côte d’Ivoire, y compris par le déploiement rapide d’une équipe d’observateurs civiles et militaires en collaboration avec l’ONUCI afin de suivre la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre d’un accord de sortie de crise en Côte d’Ivoire (…).

Alors, Chers camarades,

Quand ils ont fait leurs propositions, le communiqué final a été rédigé. Le point important dans ce communiqué est le point 7 qui dit que le CPS fait sienne les recommandations du groupe de haut niveau tel que contenu pas le rapport et entérine les propositions faites en vue d’une sortie de crise d’ensemble en Côte d’Ivoire et qui offre une base viable pour une sortie de crise permettant de concilier le respect de la démocratie et de la quête de paix. On pouvait lire : « A cet égard, le Conseil rappelle les dispositions du paragraphe 6 qui rendent contraignante la décision du CPS. 8- demande au président de la commission de nommer un haut représentant chargé de la mise en œuvre de la solution politique d’ensemble telle qu’entérinée par le Conseil et de mener à bien le processus de sortie de crise selon les modalités ci-après : tenue sous l’égide de l’UA et de la CEDEAO dans un délai de 2 semaines maximum de négociations entre les parties ivoiriennes afin d’élaborer un schéma de mise en œuvre des propositions du groupe de haut niveau telles qu’entérinées par le Conseil avec l’octroi de toutes les garanties nécessaires pour tous les acteurs concernés et en particulier le président sortant Son Excellence Laurent Gbagbo (…) ». Donc, c’est ce point 1 du 8 qui est un élément nouveau. En plus de ce qui est dit dans les propositions pour la mise en œuvre, le CPS a proposé la nomination d’un Haut représentant.

Je voudrais indiquer que dans la version initiale, ils avaient voulu reconduire d’un mois le mandat du Panel pour jouer ce rôle de supervision. Mais en définitive, ils ont choisi l’option de nommer un Haut représentant dont la mission est de tenir les négociations entre les parties ivoiriennes afin d’élaborer un schéma de mise en œuvre des propositions. Alors là aussi, dans la version initiale, ils avaient dit d’élaborer un accord de mise en œuvre. Mais après, ils ont changé puisque dans ce genre de réunion, il y a toujours des débat, même sur des virgules.

Camarades, devant le panel on nous a reçus séparément. C’est d’abord le groupe d’Alassane Ouattara qui a été reçu et ils ont fait entre 40 et 45 minutes. Et puis après, ils nous ont reçus et ils nous ont présenté le rapport et les propositions. En ce moment, on n’avait pas encore le communiqué. Donc, notre intervention s’est articulée autour de trois questions.

D’abord, la question du fondement de la victoire d’Alassane qui était leur préoccupation de base. Nous avons tenu à ce qu’ils nous l’expliquent. Nous leur avons dit que quand on regarde le rapport et les propositions, il n’y a aucun lien. Nous ne savons pas comment ils peuvent partir du rapport tel que rédigé pour aboutir comme principe de base à la victoire d’Alassane. Nous leur avons demandé sur quoi ils se fondent pour dire qu’Alassane Ouattara est élu. Nous leur avons montré que nulle part dans le rapport, la démonstration est faite qu’Alassane Ouattara a gagné l’élection. Or, c’est cela le but de la mission d’évaluation. La mission d’évaluation devait aboutir à cette démonstration. Nous leur avons dit : « Messieurs les présidents, sauf votre respect, vous affirmez que c’est Alassane Ouattara qui est élu et vous n’apportez aucun argument, aucun élément qui puisse nous persuader que c’est lui qui, effectivement, a gagné. Or comme l’UA le souhaite, on veut un accord négocié. De manière à ce qu’on mette en œuvre un processus de sortie de crise consensuel qui engage tout le monde. Comment vous voulez que nous adhérions à ça alors que nous ne sommes pas convaincus. Alassane Ouattara n’a pas été élu. Aucune Institution ou structure en Côte d’Ivoire n’a proclamé Alassane élu. La CEI n’avait pas fini son travail. Au moment où ses membres se séparaient, ils étaient tombés d’accord sur les résultats de 14 régions sur 19. Et sur ces 14 régions, le président Laurent Gbagbo l’emportait par 53,85% des voix. C’est ce qui est connu en Côte d’Ivoire. En dehors de ça, il n’y a rien d’autre. Et les membres de la Commission électorale s’étaient donné rendez-vous le lendemain à 9h pour voir la conduite à tenir, étant donné que le délai imparti par les textes électoraux était passé. Jusqu’au moment où nous sommes devant vous, Excellences Messieurs les présidents, cette commission ne s’est pas encore réunie. Donc, le chiffre que Bakayoko est parti annoncé seul au Golf hôtel et en dehors du délai légal n’engage que lui. Personne ne sait d’où il sort ce chiffre. Quand on dit la CEI, ce n’est pas le président seul. Ce n’est pas en agissant seul dans un magasin ou un restaurant qu’il engage la commission (Rires du Comité central). C’est quand tous les membres de la commission sont ensemble avec le président sur un résultat qui a été validé par eux tous qu’on dit que la commission a parlé. Alors, expliquez-nous sur quelle base Alassane Ouattara a été élu ».

Et nous avons conclu : « Messieurs les présidents, si l’Union africaine veut aujourd’hui véritablement contribuer à la paix, il faut que le Panel et les chefs d’Etat fassent preuve de recul et qu’on n’ait pas le sentiment qu’ils sont dans une logique de fuite en avant. Vous ne pouvez pas nous situer dans la logique qui veut que, comme on a déjà annoncé un résultat, on continue. S’ils font cela, ils n’auraient pas travaillé à la construction de la paix en Côte d’Ivoire. Si tout cela est effectivement parti du fait que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies a annoncé un chiffre et que tout le monde s’est mis en mouvement autour de ce chiffre, on doit reconnaître que M. Young Jin Choi peut avoir induit tout le monde en erreur. Dans ce cas, l’UA doit s’arrêter, pour reconnaître qu’il a induit tout le monde en erreur. Et l’Union doit s’inscrire sur la voie de la vérité. C’est ce que nous nous attendons parce qu’Alassane Ouattara a fraudé.

Depuis septembre 2002, Alassane Ouattara a tenté un coup d’Etat qui a échoué et qui s’est mué en rébellion. Depuis 10 ans, ses rebelles occupent les zones Centre, Nord et Ouest du pays. Dans le cadre de ce processus électoral, on a tout fait pour qu’ils désarment. Mais, comme M. Ouattara voulait organiser la fraude, il a refusé le désarment. Et, effectivement, lors des élections, il a utilisé ses hommes armés pour faire n’importe quoi dans ces zones et se fabriquer un score qui ne reflète pas la vérité. Et c’est ça qui a été dénoncé par le candidat Laurent Gbagbo et qui a été sanctionné par le Conseil constitutionnel. Si l’UA ferme les yeux sur cela et dit que Ouattara a gagné, ça veut dire que l’UA veut parachever son coup d’Etat manqué de 2002 (applaudissements du Comité central). Or l’UA ne peut pas s’engager dans une telle voie. C’est pourquoi nous vous demandons, Messieurs les présidents, de faire preuve de recul pour regarder attentivement les résultats ».

Et comme les propositions des chefs d’Etat étaient plus détaillées et qu’ils demandaient au Conseil constitutionnel d’investir Ouattara, nous leur avons répondu : « Messieurs les présidents, cela n’est pas nouveau. Alassane Ouattara lui-même a fait cette démarche avant vous (rires du Comité central). Et il sait la réponse du Conseil ». J’ai alors rappelé que le Conseil lui a dit qu’il y a déjà un candidat déclaré vainqueur, qui a prêté serment et qui a été investi : C’est Laurent Gbagbo. J’ai rappelé aux chefs d’Etats que la demande de Ouattara a été jugé irrecevable. Je leur ai fait comprendre que le débat est déjà tranché. J’ai demandé si, en demandant d’investir Ouattara, ça voudrait dire qu’ils veulent que le Conseil se dédise. Et s’ils veulent que le Conseil constitutionnel se dédise, en dehors du caractère juridiquement inacceptable, est-ce que ce sera valable uniquement pour la Côte d’Ivoire ou également pour tous les pays africains qui seront en pareille situation. Je leur ai demandé de prendre conscience de la gravité de pareilles propositions et de ces conséquences sur la gravité des régimes en Afrique. En concluant sur ce point, je leur ai dit : « Messieurs les présidents, pour nous, pour cette unique raison, les Chefs d’Etat africains ne devraient pas s’engager dans une telle voie qui ne peut pas prospérer » (applaudissements du Comité central).

S’agissant du retrait du président Laurent Gbagbo, ils ont écrit que c’est au nom de la paix et de l’intérêt national. J’ai rappelé que celui qui a écrit ça ne connaît pas la réalité en Côte d’Ivoire. Je leur ai dit qu’aujourd’hui, c’est Gbagbo qui est la garantie de la paix parce qu’il a été élu par l’ensemble de la Côte d’Ivoire dans sa diversité ethnique et religieuse. Je leur ai dit que de ce fait, c’est lui qui est aujourd’hui le socle de la paix. Je leur ai dit que dans ces condidtions, demander à Gbagbo de se retirer, c’est ouvrir la boîte de pandore (« la boîte de la guerre ! », répond le Comité central avant de laisser Affi continuer). Celui qui dit ça veut que la Côte d’Ivoire bascule dans la guerre civile (« Voilàààà !!! », reprend en chœur le Comité central). Je leur ai dit que le départ de Gbagbo va immanquablement entrainer le pays dans le désordre. Pour cette raison, on ne peut demander au président de la République de partir.

Quand j’ai posé la question préjudicielle de savoir sur quelle base ils avaient pris cette décision, chers camarades, je puis vous dire que ça n’a pas été facile pour eux. Logiquement, ils devaient nous répondre, mais malheureusement il n’y avait pas de réponse. Ce fut le silence. Un silence gênant. Alors, le président Jacob Zuma d’Afrique du Sud est intervenu pour dire : « Messieurs les présidents, il faut qu’on leur réponde ! (rires et applaudissements du Comité central). Ils ont été envoyés par Gbagbo. Il faut qu’une fois Abidjan, ils lui fassent leur compte rendu (rires dans la salle). Donc il faut qu’on leur dise sur quoi on s’est appuyé pour dire que Alassane est élu ». Jacob Zuma a donc redonné la parole au président du Panel qui, à son tour, a demandé aux autres chefs d’Etat : « Est-ce que quelqu’un a une réponse à cette question ? » (Rires du Comité central). Les chefs d’Etat du Panel se sont tous regardés sans savoir quoi dire. Finalement, c’est le président Idriss Débi du Tchad qui, visiblement en mission, a osé prendre la parole pour se lancer dans des spéculations incompréhensibles : « De toute façon, nous connaissons tous la situation en Côte d’Ivoire, nous la suivons de très près, on est tous impliqués ; de toute façon, il faut qu’on trouve une solution… ». A un moment donné, l’impression s’est dégagée que le Président Débi ne savait même pas où il allait. Alors, il a fini par dire : « Bon, on a été mandaté par le Cps, c’est devant lui que nous allons d’abord nous expliquer et ensuite on vous informera » (rires du Comité central).

Visiblement insatisfait de cette déclaration, le président Zuma a repris la parole pour demander : « Voulez-vous dire que c’est à la réunion avec le Cps que la délégation du président Gbagbo va obtenir une réponse claire à sa question qui est claire ? ». Ils ont répondu que oui. Zuma a alors dit : « Si vous leur garantissez de donner une réponse après le Cps, moi ça me va ».

Nous sommes donc partis de devant le Panel sans qu’ils n’aient pu expliquer sur quoi ils se fondent pour dire qu’Alassane Ouattara doit être président.

Devant le Cps, avant donc de dire tout ce que je viens de dire sur le Conseil constitutionnel, j’ai rappelé que le matin, on avait posé cette question et on n’a pas eu de réponse. Qu’on espère que le Cps va nous apporter des réponses. Quand on a fini, ils ont donné la parole à l’Algérien qui présidait le Comité des experts pour qu’il nous donne les éléments. Il a lu un papier pour essayer de donner les raisons. Ça tourne globalement (« En global ! », crie le Comité central en chœur, en riant, avant de laisser le président Affi continuer). Ça tourne donc autour du Conseil constitutionnel.

Camarades, il est bon que vous le sachiez, les membres du CPS cherchaient un bouc émissaire. Pour eux, il y a deux éléments. La première c’est leur rencontre avec le Conseil constitutionnel où ils ont posé des questions et les réponses n’ont pas été convaincantes. Pour eux, le nombre de circonscriptions sur lesquels le Conseil constitutionnel s’est appuyé pour annuler certains procès verbaux posent problème. Parce que le président Gbagbo a demandé 4 et le Conseil en a annulé 7. Pour eux, ce n’est pas clair. Ensuite, si le Conseil a constaté des irrégularités, il devait annuler l’ensemble de l’élection en vertu de l’article 64. Or, sur ces questions, le Conseil constitutionnel leur a donné des explications quand ils sont venus. Mais, ils disent qu’ils ne sont pas convaincus, ce qui ne veut pas dire qu’ils ont raison. Et puis, on ne fait pas passer un examen de passage au Conseil. C’est la haute juridiction. Il n’a de comptes à rendre à personne. Voici donc ce qu’ils ont dit. Mais, comme là, au CPS, il n’y avait plus de débat, ils ont fini de lire et on s’est quitté pour attendre leur communiqué final.

Camarades membres du Comité central,

Ce qu’il faut retenir en définitive, c’est que sur le fond, la position de l’UA n’a pas varié. Notre mission, en y allant, c’était de faire évoluer la position de l’UA sur la question du résultat de l’élection présidentielle, c'est-à-dire savoir qui a gagné l’élection et qui l’a perdue. Sur la question donc, l’UA est restée constante, sans arguments et sans fondement. Et on peut même dire, dans une certaine mesure, que le Panel et le Comité des experts n’ont servi à rien. Puisque leur travail n’a pas été scientifique, technique. Il n’a pas été un travail d’évaluation pour analyser, à la lumière des textes et des données fournies par les élections, afin de savoir qui est le vainqueur. Est-ce que les fraudes sont réelles, est-ce que les annulations qui ont été faites s’appuient sur des éléments objectifs. Ils n’ont pas fait ce travail d’évaluation. Ils se sont contentés de recueillir les témoignages des uns et des autres, de dire sur la procédure de proclamation des résultats, tel a dit ceci, le Rhdp a rétorqué cela et l’ONU et les ONG ont fait cas de ça.

Dans leur premier rapport, sur la proclamation des résultats, ils ont même osé écrire : « Sur cette question, la controverse continuera pendant longtemps ! ». Je leur ai rappelé que le fait que le Comité des experts écrive cela veut tout dire. Ils écrivent ça et disent que c’est Alassane qui a gagné (rires du Comité central). Comment Alassane a-t-il gagné si la controverse continue.

En vérité, ils ont une idée en tête : Choï a annoncé qu’Alassane Ouattara a gagné, Ban Ki-moon a suivi, la CEDEAO également et donc, quelque soit ce qu’on va dire, ils doivent rester ferme parce qu’ils ne veulent pas se dédire, ni contredire l’ONU. On n’a pas le courage d’affirmer autre chose, d’assumer une erreur originelle. C’est pourquoi ils demandent le départ du président Gbagbo et demandent au Conseil constitutionnel d’installer Ouattara. Ce qui signifie qu’eux-mêmes comptent aujourd’hui sur notre lâcheté pour que leur décision se concrétise. Ils comptent sur la bêtise des institutions nationales pour pouvoir donner une légalité à leur affirmation. Ils affirment donc une chose mais ils savent qu’elle n’a aucune portée si un certain nombre de conditions ne sont pas remplies par les acteurs Ivoiriens eux-mêmes et par les institutions ivoiriennes. C’est pour ça qu’ils vont nommer un Haut représentant qui va venir nous faire avaler la pilule si nous acceptons de l’avaler. Camarades,

Cette réunion a ceci d’important qu’ils nous montrent clairement qu’ils n’ont pas la solution à notre problème. Ils ont dit que c’est Alassane qui a gagné mais lui-même doit comprendre que ce qu’ils ont dit ne peut pas prospérer s’il ne vient ici en Côte d’Ivoire se faire installer par le Conseil constitutionnel et s’il ne négocie pas avec Gbagbo pour qu’il accepte de se retirer. Comment cela peut-il être possible !? (Applaudissements).

C’est ce que nous devons retenir comme élément positif. C’est autour de cela que nous devons organiser la gestion de ce qui va arriver demain lorsque le Haut représentant va arriver en Côte d’Ivoire. Nous leur avons dit que sur le principe, nous rejetons la proposition mais nous restons ouverts parce que nous restons engagés dans la démarche d’une solution négociée pour trouver une sortie de crise. Et, c’est dans cette logique que nous attendons le Haut représentant pour engager avec lui le débat sur toutes les questions après lui avoir démontré le caractère inapplicable de la proposition du CPS. Inapplicable parce qu’on demande au président de se retirer. Mais le terme se retirer n’existe pas dans notre constitution. Se retirer comment ? Ils ont utilisé ce terme pour ne pas dire démission. Or, dans la constitution, il n’y a que ça comme unique forme de retrait d’un président qui vit. Gbagbo n’est pas malade, il n’est pas mort et il est bien portant. Le seul retrait, c’est qu’il démissionne. Or, même s’il démissionne, ce n’est pas son adversaire à l’élection présidentielle qui devient président. C’est le président de l’Assemblée nationale. Ça veut que demander à Gbagbo de se retirer ne resout pas le problème d’Alassane. Parce que si Gbagbo se retire, c’est Mamadou Koulibaly qui devient président. Il faut donc qu’on fasse la démonstration au Haut représentant qui va venir. Ensuite, il y aura l’obstacle du Conseil constitutionnel auquel ils vont demander de se dédire en investissant Alassane Ouattara. Or, il va répondre qu’il a déjà investi quelqu’un.

Voilà chers camarades, les résultats de cette rencontre et les premières analyses qu’on peut en faire (Applaudissements nourris dans la salle)

 

Notre Voie

Propos recueillis

La Rédaction

Collaborations

Coulibaly Zié O.

Koné Modeste

 

20:22 Publié dans Mémoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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