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24/08/2010

Le Manifeste – 6. Gbagbo et l’intégration africaine

BAD_abj270510 (53).JPG.jpegLe pluralisme politique est la pierre d’angle, la condition de lecture du projet de société porté par le woudi de Mama.

Très tôt le pays Godié a esquissé le sentier de la liberté. Etienne Gnali Djoman, instituteur, a convaincu Dia Houphouët médecin africain à incarner le leadership ivoirien sous domination française. Dans cette lutte pour la dignité de l’humanité ivoirienne, Victor Biaka Boda, le médecin Bété de Dahiépa y laissera sa peau.

L’actuel Kanégnon ivoirien a l’âge de cette prise de conscience. Il l’incarne. Tous ses faits et gestes disent qu’il est sans doute l’enfant fétiche des idées nouvelles, des grands idéaux anti-colonialistes!!!!!

En faisant la liste des notions, des concepts et des théories ou doctrines de la liberté individuelle et collective, décolonisation, on comprendra vite et mieux la sagesse de son éthique morale et politique !!! C’est une idée à creuser !!!! Les mystiques et autres ordres charismatiques ont du travail !!!!

Ce fils de Mama a décidé en pleine guerre civile de pardonner à ses ennemis leur étourdissement, de moraliser l’espace public ivoirien pour en extirper la violence identitaire et les travers du développement mimétique. Ces deux actes d’humilité le grandissent et le distinguent de ses devanciers qui avaient opté pour le poteau d’exécution par le « complot fictif » de Félix Houphouët-Boigny et par la « loi taillée sur mesure » de Bédié et Guéhi.

Les leçons de la guerre civile enrichies et étayées par sa riche culture historienne lui ont définitivement donné raison. Il faut toujours savoir faire acte de mémoire pour préserver l’essentiel, l’unité nationale. La nuisance de l'État français et le mensonge politique savamment entretenus par les experts et les spécialistes de l’Afrique et de la Côte d’Ivoire ont déchiré le voile qui masquait encore leurs convictions anti-patriotiques.

La juridiction de la parole ou Palabre africaine initiée à Ouagadougou a donné sens au dialogue du pays de vraie fraternité, à la négociation responsable, à la concertation sans ostracisme, à la délibération juste comme modalité efficace de règlement des conflits. La résistance patriotique (les jeunes, les femmes) a été le ciment de cohérence de cette vision rationnelle. Les ratés des travailleurs de Cote d'Ivoire ont permis de montrer son habileté politique et d’homme d’Etat. Alain Cappeau dira à Marseille que le Président Laurent Gbagbo a réussi à faire prendre aux Ivoiriens des médicaments amers avant de trouver le bon médicament. A l’épreuve de l’adversité, le Kanégnon ivoirien a utilisé la rigueur salvatrice de ses talents. Alors que le pays est occupé par les colonnes infernales de Chirac et Kadhafi, il y avait des syndicalistes ivoiriens, comme un certain Flavien, pour appeler à « revendiquer », à se soulever contre l'État, à bloquer l’économie du pays. Avec patience, le Kanégnon ivoirien a démêlé toutes les intrigues, mêmes les plus fourbes et farfelues comme celles d’un certain Doué Mathias !!!!

Je cherche encore le moyen qui me permet de pénétrer la logique syndicale de l’universitaire Flavien et l’appel à l’insurrection de l’opposition politique du Rhpd et des suiveurs irresponsables de Mathias Doué.

Les malversations, les fraudes et autres actes corrompus et corrupteurs de l'esprit public ivoirien ont fini par révéler que le Kanégnon ivoirien savait être ferme et juste. La politique du Kanégnon ivoirien se décline autour d’un certain nombre axes éthiques et politiques.

Premièrement, la défense résolue et sans concession possible des libertés individuelles et collectives pour permettre de recoller durablement les morceaux d’un pays déchiré par la guerre imbécile et traumatisante.

Deuxièmement, la réforme ou la refondation des institutions publiques et l’esquisse d’une doctrine de la défense et de la sécurité.

Troisièmement, tirer partie du socialisme démocratique et de l'économie sociale de marché, repenser les limites de l'État interventionniste, du contrôle des secteurs stratégiques et les ratés de la réforme de la Caisse de stabilisation. Cherchant à moderniser le monde paysan en créant les conditions de la promotion de structures juridiques de la protection sociale et de la retraite, la refondation socialiste ivoirienne aurait failli. C’est ce que soutient Mamadou Koulibaly. Des personnes malhonnêtes auraient été nommées à la tête des différentes structures de l’économie du café et du cacao. A l’arrivée tout le leadership de cette réforme qui se voulait la vitrine de la politique du Kanégnon ivoirien s’est retrouvé derrière les barreaux. On parle maintenant de moralisation de la vie publique comme modalité nécessaire pour rebondir et aller de l’avant. L’humiliation par la violence judiciaire serait désormais l’unique solution.

Quatrièmement, sa conviction de l’intégration africaine par des politiques publiques de construction et de reconstruction des territoires et des terroirs ont définitivement donné une dimension continentale au Kanégnon ivoirien. On lui susurre à « l’oreille du sucre » qu’il ne veut pas étendre. Une nouvelle conscience politique noire serait-elle née en Côte d’Ivoire !!!!! Réussira-t-elle à faire bouger définitivement les lignes qui enserrent le continent noir au rôle de pourvoyeur de richesses comme ces ouvriers d’Abidjan qui construisent les belles et luxueuses villas de Cocody et meurent dans un total dénuement, dans les immondices et les déchets toxiques - sans aucune protection sociale !

Analysant la misère intolérable et dangereusement croissante de ses concitoyens, le Kanégnon ivoirien fustige alors les relations internationales et diplomatiques qui servent toujours des intérêts particuliers alors que l’on soutient qu’elles servent la dignité humaine. C’est ce que les économistes Nicolas Agbohou et Mamadou Koulibaly ont confirmé par écrit. La mondialisation monétaire ne sert que les intérêts de banquiers judéo-chrétiens. De même que les accords de coopération dont le Nepad est la dernière mouture ne servent que la « suprématie » de l’Occident européen !!!!! Pour l’Afrique noire et la Côte d’Ivoire, il n’y aura d’espace diplomatique crédible que dans la « rupture » de tous les accords de coopération avec la France et l'Europe occidentale.

On peut libérer les potentiels de créativité des Ivoiriens par un système efficace de la protection sociale, par l'informatisation, par une politique énergétique volontaire, par la « mutualisation » des Etats de l'Ouest africain par les politiques publiques de grands travaux pour l'aménagement ou l'industrialisation et la transformation sur place de nos productions agricoles et miniers comme le pétrole. On ne peut pas être assis sur diamant et être un pauvre chronique soutient en substance le Kanégnon ivoirien. On ne peut pas avoir des terres cultivables et avoir faim ! On ne peut pas avoir de l’uranium, du gaz, de grands fleuves et manqué d’électricité !

La démocratie, cette sorte de juridiction de la Palabre africaine est, pour le woudi de Mama, l’autre dimension de sa vision de bâtisseur. Le discours, les communications écrites ou orales à des forums et colloques, les interviews, les essais politiques sont les matériaux qui permettent de comprendre la construction théorique de l’espace africain et ivoirien. Le Kanégnon ivoirien a affirmé, par écrit comme il sait le faire, que la principale source de notre malheur chronique était dans l’institution du parti unique : « Le Ghana, la Guinée, le Mali, l’Algérie, la chine, l’Albanie, le Vietnam, le Mozambique, l’Angola, la Guinée-Bissau, Cuba, l’Urss, etc. : voilà autant de pays qui nous servaient de référence, mais qui en même temps, échouaient visiblement dans la promotion des libertés individuelles et collective. Ce que ces pays avaient en commun avec la Côte d’Ivoire, ce n’était pas l’idéologie, loin s’en faut. C’était le parti unique. Tout simplement (…) Mon point de vue est qu’à l’Est ou à l’Ouest, au Nord comme au Sud, le parti unique est liberticide ; il est dangereux pour les peuples et pour les nations »

Les lois et la République telles que définies et pratiquées par les penseurs judéo-chrétiens et leurs Etats, voilà selon moi les voies liberticides pour l’Afrique des Noirs

La moralisation républicaine, même sincère, se trompera et trompera toujours sur la finalité des intérêts spécifiques et particuliers des groupes d’influence comme la Françafrique dont les hoquets sont toujours la raison indépassable et la vérité. Et ça le Kanégnon ivoirien le sait. Il l’a dit aux dockers d’Abidjan qui lui avaient fait part de leurs revendications légitimes.

La lutte pour les libertés et la « démocratie pluraliste » semble avoir promu, par inadvertance, le monstre identitaire et ethnique. Les théoriciens du pluralisme démocratique judéo-chrétien n’ont pas été en capacité de dire la nature des réformes efficaces. La perestroïka a démembré l’Urss et tout le bloc dit soviétique sans avoir trouvé de réponses satisfaisantes à la dictature des clans et des factions politiques. Les solutions qui protègent les libertés individuelles et collectives sont invisibles au Kosovo érigé en Etat indépendant avec une minorité serbe réduite au silence. Les adversaires du parti unique ont créé de nouveaux Etats microscopiques en Europe centrale sans y garantir les droits des minorités nationales. Comme l’Urss, la Yougoslavie a disparu. La Rda et la Tchécoslovaquie aussi !

C’est tout ça qui fait le lit des contradictions de la société monde. La Côte d’Ivoire n’y échappe pas. Des maux qui gangrènent l’Etat de Côte d’Ivoire, le Kanégnon ivoirien en a tiré trois orientions fondamentales pour son action.

Premièrement, un engagement mission qui apparait finalement être un passage réfléchi et méthodique qui permet de remplacer les théories aléatoires et obscures du passé et de l’ancien régime du parti unique par l’invention d’une société en harmonie avec elle même.

Deuxièmement, une modernisation des outils de l’aménagement de nos terroirs en vue de construire des fondations saines de l’économie qui nous ressemble, qui sont la traduction évolutive de notre vécu quotidien. Rompre les carcans et les lucioles du mimétisme posant l’aménagement territorial de l’Occident colonial européen comme unique modèle politique viable et fiable.

Troisièmement, une réforme « africaine » de l’Etat pour doter le continent noir de structures administratives efficaces et au service du progrès social pour tous.

La lecture patiente du Kanégnon des Ivoiriens révèle une tentative volontaire de construire du sens et de la cohérence dans l'exercice des fonctions éminentes.

Qu'est-ce que le sens? Donner du contenu crédible a l'idéal de liberté et d'indépendance propose aux Ivoiriens par tous les devanciers et revendiquer comme tel depuis 1945. Le discours aux Houphouétistes en est l’illustration la plus visible. Qu'est ce que la cohérence? Construire une méthode de travail spécifique à la nature même du socle sociologique ivoirien et africain. On ne peut pas prétendre « développer » la Côte d'Ivoire et le continent noir en y appliquant les recettes coloniales ou occidentales qui ont échoué et dont on mesure encore aujourd'hui la nuisance à la construction et la réorganisation des terroirs des Noirs d'Afrique. Il faut donc sortir du "complot", de la "malédiction" ou du "refus du développement" présumé. Qu’est-ce que le développement dans ces conditions définitionnelles étriquées ?

En se dotant d'une théorie générale et spécifique puisée dans le tréfonds de la culture noire, alors l'aménagement des terroirs vers la transformation crédible des coutumes et des mœurs sans heurts est possible, la modernité aussi!!!!! Pour le Kanégnon ivoirien, la seule politique qui vaille c’est valoriser la Côte d'Ivoire et promouvoir l'idéal de dignité humaine des Africains et des Ivoiriens!!!!!

 

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê



Le Kanégnon ivoirien est né en 1945.

Assemblée dans les tribus africaines, au cours de laquelle on aborde les sujets concernant la vie de la communauté ; le moyen de maintien pacifique de la cohésion sociale malgré les contradictions idéologiques et philosophiques qui traversent le corps social en son entier – délibération.

La modernité s'entend ici comme promotion de valeurs et de principes positifs et véritablement universels. Cette modernité nouvelle, en actes c’est à dire la mise en valeur de notre personnalité historique, rompra clairement les sangles mortifères et détruira les pratiques prédatrices des maîtres des « pleureurs » africains, des porteurs ivoiriens des « étendards des autres ».

 

02:04 Publié dans Mémoire | Lien permanent | Commentaires (0)