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21/08/2010

Le Manifeste – 5. Gbagbo et la souveraineté anxiolytique

BAD_abj270510 (53).JPG.jpegTrois hypothèses fondent mon analyse. 1. Les choix politiques et diplomatiques de Félix Houphouët-Boigny.  2. La mauvaise préparation de la succession et de la transition "calamiteuse". L’on a parlé de dynastie Baoulé, de coup d'Etat militaire et de soulèvement populaire. 3. La non garantie des intérêts des groupes d’influence de la Françafrique

C’est ce troisième point qui, de mon point de vue, est déterminant. La Françafrique qui cogère alors, avec Félix Houphouët-Boigny, l’Etat ivoirien décide de jouer pour son compte exclusif. Elle craint que la gauche « clandestine » mais active à l’intérieur de l’université ne rafle la mise au moment du bilan de l’ancien régime. Elle tente alors une opération. Houphouët-Boigny mord à l’hameçon de l’embargo du cacao. C’est un désastre financier. La Françafrique précipite donc le Fmi au chevet du pays. Les politiques interminables d’échelonnement et de rééchelonnement de la dette. En 1985, l’Etat ivoirien jette l’éponge. Il ne peut même plus payer les intérêts de la dette. Il lui est proposé un cadre du sérail : PhD Dramane Allassane Ouattara. Le technocrate noir met définitivement la Côte d’Ivoire à genou, il crée même des problèmes nouveaux de catégorisation des Ivoiriens. On voit apparaître dans le pays des politiques d’ivoirisation en lieu et place de « l’africanisation des cadres ». C’est la carte de séjour et ses dérives !!! Les cadres musulmans du Nord auraient été soumis à la politique de la chasse aux sorcière !!!! Henri Konan Bédié, le dauphin constitutionnel les aurait écartés arbitrairement de la gestion des grandes administrations du pays !!! Depuis avril 1990, l’étendard noir du Fmi n’a pas résolu les problèmes économiques et financiers de la Côte d’Ivoire, il y a fait la promotion du désordre permanent ! Tant qu’il y aura le désordre, aucune politique crédible ne pourra être mis en route et le Fmi sera toujours sollicité. Génial non ! Les Ivoiriens peuvent s’entretuer ! La misère, la grande misère peut être leur lot quotidien ! La Françafrique « mange » avec le Fmi en couverture ! C’est ça la vérité. C’est à cette vérité immonde et inavouable que semble avoir voulu s’attaquer, à la source, le woudi de Mama en réclamant la fin des accords bidons pour la souveraineté pleine et entière de l’Etat ivoirien.

La réponse à la question politique et fondamentale posée par la gauche ivoirienne et son charismatique leader, les hauts dirigeants de l’ancien régime lui opposèrent l’ordonnance illégale et la répression morale, la prison et la clameur policière. Depuis décembre 1999, tout est « gâté » et « mélangé » en Côte d’Ivoire !!!!!

Trois idées négatives, pour la Côte d’Ivoire, caractérisent l’accélération de cet effondrement . Premièrement, le parti unique et l’administration d’Etat du parti unique. De nombreux détracteurs de l’ancien régime ont théorisé la vassalisation de la Côte d’Ivoire par les monarchies Akan. Grah Mel le confirme dans son ouvrage hagiographique de Félix Houphouët-Boigny. Deuxièmement, l’exploitation frauduleuse de nos ressources naturelles et agricoles sans qu’il y ait une valeur ajoutée à nos terroirs mais bien un système d’endettement permanent de notre Etat et de notre pays afin que notre leadership courbe l’échine. . Troisièmement, la coopération codée « inégale » entre l’Etat français et l’Etat ivoirien floué par des accords de coopération bidons. Alors qu’il existe bien un accord de défense entre l’Etat ivoirien et l’Etat français, les autorités françaises ont catégoriquement refusé de prêter leur concours à l’Etat ivoirien violemment agressé depuis le Burkina Faso, le Mali et le Libéria. Chirac aurait même réuni, à Lomé, un certain nombre de chefs d’Etat de la région pour qu’ils se désolidarisent des dirigeants ivoiriens. L’abracadabrantesque de Corrèze expliquera au monde entier et au sud africain Thabo Mbéki qu’il était l’unique connaisseur des mœurs sociales et politiques de l’Afrique de l’Ouest. En somme, la Côte d’Ivoire est la propriété exclusive des Chirac, la chasse gardée de l’Etat français !!!!!

Cette arrogance au mépris des peuples de l’Ouest africain est la traduction de la démission coupable des hauts responsables africains, des élites noires et de la totalité du leadership ivoirien. Le Kanégnon ivoirien écrit dans son dernier parchemin politique des mots terribles de sens : « Ce que nous avions cru impensable s’est donc produit. Il y a eu la guerre en Côte d’Ivoire. Il y a eu des morts, des vies brisées, des déplacés de guerre et des réfugiés. Nous avons constaté qu’avec la guerre , nous étions tus menacés dans les mêmes droits élémentaires. Quelles que soient nos appartenances régionales, religieuses, ou politiques, quelle que soient nos positions sur la guerre elle-même, nous avons frôlé une catastrophe collective. Notre pays, la Côte d’Ivoire, a failli sombré dans le chaos ». Et tirant les premières leçons de la guerre civile, cette soudaine barbarie, le Kanégnon ivoirien invite à tourner la page et s’atteler résolument à construire les locomotives pour « la marche vers la prospérité dans la démocratie et la modernité ».

Etat de droit

République

Démocratie

Unité nationale

Besoins individuels et collectifs

Education

Industrialisation

Se doter des couvertures indispensables pour mettre à l’abri des convoitises malveillantes notre pays, notre peuple et notre économie. Notre organisation sociale et culturelle donc politique doit être celle d’une résistance permanente aux logiques prédatrices et corruptrices de notre idéal de paix.

Pour y arriver, il faut réduire la faillite politique de l'ancien régime monolithique, nettoyer avec intelligence la « saleté » générée par les nouvelles contradictions de la société pour que la crise de l'inconscience dite rebelle ne se reproduise plus.

Les bases infrastructurelles et superstructurelles du pays dominées par les pratiques idéologiques de l’économie coloniale et esclavagiste sont à la source de cette grave faillite de notre pays. Les Africains dénoncent ce carcan et en même temps ils en font la promotion. De Félix Houphouët-Boigny à Laurent Gbagbo, on entretient comme des automates le legs colonial. On voit les traces de cette pensée névrotique dans Côte d’Ivoire Economie et société à la veille de l’indépendance (1940-1960). On aurait pensé que c’était une option critique constructive mais hélas, on retrouve cette thématique du « silence on a posé les base du développement et de l’aménagement de vos terroirs ». La dernière « promesse » écrite du Kanégnon ivoirien briguant la magistrature suprême de son pays en porte les stigmates !!!! Côte d’Ivoire Bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité en fait carrément la promotion. J’ai cherché, en vain, une délimitation théorique de cette politique coloniale reprise, mot à mot, par les leaderships noirs. La dernière sortie publique du Kanégnon ivoirien dialoguant avec des « ministres africains de l’éducation nationale », a été l’occasion de reprendre, mot à mot, la réforme des universités françaises de Luc Ferry et Pécresse. On a parlé de grand discours panafricain ! Soit ! Mais le fond est désespérément français et colonial !!! Donc Laurent Gbagbo est chiraquien et sarkozyste. A son insu bien qu’il soit « historien de métier » ayant fait de la politique sa profession. Il n’a pas encore fait le deuil de la volonté des Ivoiriens de sortir du complot de Fachoda et des deux Conférences de la Colonisation et de la Décolonisation de Yaoundé et de Brazzaville. L’énigme du woudi de Mama se trouve là dans ces contorsions discursives sans accoudoirs ivoiriens identifiables. Il pourrait être comme son dauphin constitutionnel un « répétiteur sans talent de la piètre pensée », ou l’erreur de l’Occident pour reprendre maladroitement Soljenitsyne, le théoricien de la guerre des valeurs de l’Occident chrétien. Kobenan Anaky n’a-t-il pas écrit quelque part, dans Côte d’Ivoire Histoire d’un retour, qu’il avait adhéré aux idées de gauche par « calcul » ? Est-on en droit de le penser pour le Kanégnon ivoirien entouré par les plus franchouillards des Français de Côte d’Ivoire comme un certain Dagher qui a applaudi aux sornettes du « Professeur », l’agrégé à vingt sept ans ????? Même en posant les bonnes questions et en esquissant un nouveau catéchisme de la sagesse pour bâtir la Côte d’Ivoire et l’Afrique noire, le Kanégnon ivoirien continue, par la magie du mot, la même politique de la souveraineté anxiolytique !!!!

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê

 

06:41 Publié dans Mémoire | Lien permanent | Commentaires (0)