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06/08/2010

Le Manifeste - 3. Gbagbo et la stupidité politique

 

BAD_abj270510 (53).JPG.jpegOn devrait reprendre la lecture détaillée de tous ceux qui ont déposé contre le système fourbe et faussaire qui embrigade toutes les initiatives émancipatrices des Ivoiriens et des Africains de Côte d’Ivoire.

Bro Grébé

Simone Ehivet-Gbagbo

Bernard Blin Dadié

Amondji

Abdou Touré

Adiafi

Ahmadou Kone

Ahmadou Kourouma

Dali Joachim

Djéréké

Diégou Bailly

Dutheuil

Gontran Damas

Grah Mel

Gnakalé

Kaudhis-Offoumou

Koffi Nyamkey

Koffi Teya

Lamassou Fofana

Labertit

Memêl Fotê

Nda

Séry Bailly

Sounkalo Keita

Samba Diarra

Toualy

Terray

Tadjo Véronique

Blé Goudé

La liste n’est pas exhaustive. Toutes ces plumes ivoiriennes de souche ou d’adoption ont mis à débat public les errements et les égarements chroniques. Dali Joachim s’était interrogé, par le poème épique, sur la vision tronquée du danseur unijambiste. Au lieu d’utiliser nos deux jambes dans le mouvement de l’histoire, de notre histoire, nous avons fait les choix discutables et surtout erronés de la promotion des prothèses catho-laïques. A cinquante ans de distance, notre souveraineté internationale souvent dite « octroyée » par paternalisme et condescendance apparaît désormais selon les écrits de Nicolas Agbohou et de quelques autres économistes brillants comme un piège corrupteur de l’esprit public ivoirien et nègre, nous sommes à nous plaindre de turpitudes, de choix politiques et organisationnels que nous ne savons toujours pas nommer pour les corriger ou nous en débarrasser clairement.

Lire et relire nos littérateurs nous aiderait à comprendre la prospective chinoise esquissée par Alain Peyrefitte. Suivons l’argument sinophile peyrefittien : « Le régime maoïste a su puiser, dans les malheurs qui accablaient la Chine, les ressources psychiques nécessaires pour l’en arracher. Le passé chinois a fourni à Mao les matériaux grâce auxquels il a construit le futur ». Le diable est dans « les matériaux ». L’examen diagnostic est judicieux ! Il sert cependant à justifier la « suprématie » de la vision ethnocentrique de l’Occident. Le socialisme construit par des penseurs d’Occident a vaincu les traditions intellectuelles et morales chinoises !!!! La Chine peut s’éveiller et se réveiller. Et elle se réveille dans les carcans de l’occident européen !!!!!

On devrait donc esquisser un relevé des contradictions internes et externes de notre société dite moderne ou en voie de modernisation. Modernité ! Le mot génial, mais mot fantoche et calamiteux ! Abdou Touré parle de processus ou de « procès d’occidentalisation ». Marcel Amondji y a vu un « miroir » probablement déformant et sclérosant ou aliénant !!!! Une sorte d’auto-négation !!!! Devrait-on puiser comme la Chine dans les trésors culturels de nos terroirs, dans l’intelligence de la Palabre africaine pour construire demain ? Certainement ! Mais pas comme la Chine de la révolution culturelle adossée au « matérialisme historique » allemand, moins encore la Chine des journées effroyablement interminables de Tienanmen.

Les dégâts culturels et sociaux des autres semblent constituer, pour notre société, les fondations positives. La modernité se confond chez nous avec les dérives des sociétés occidentales. C’est ce que dit Peyrefitte. Le socialisme maoïste a su acculturer la Chine pour les besoins intéressés de l’Occident catho-laïc.

Les apports positifs présumés de l’Etat nation moderne tel qu’il s’est forgé en Occident sont, en Afrique noire, invisibles. Il ne pouvait pas en être autrement !!! On pourrait dire c’est bien ! Mais voilà, ici on préfère importer et exporter le caniveau catho-laïc, on s’enorgueillit des latrines judéo-chrétiennes et arabo-musulmanes !!!! Pauvre Côte d’Ivoire !!! Pauvre Afrique noire !!!!!

On chicane sur la glose de la raison d’Etat. La « raison pratique » porte des noms tabous et servis en l’état. Nos leaderships sont prisonniers du monologue théorique, de la facticité du jugement.

Economie

Travail

Science

Raison politique

L’Autorité patriarcale

L’Etat dictature

Le préfet tyran et « irresponsable » ?

L’homme providentiel ?

On devrait crânement se soumettre à une autocritique complète, sincère et sans complaisance, ouvrir à la lumière des idées présumées nouvelles tous les lieux compacts et imperméables de notre société en pleine mutation erratique et débridée. Les causes, les mécanismes et les conséquences des choix idéologiques doivent être soumis au scanner de notre gôpô. Rétablir les repères qui nous portent et dont nous perdons, en continu, la signification selon le mot d’Adiaffi. Sans concessions, les orientations scandaleuses - politiques, économiques, culturelles, sociales et toutes les décisions « aventureuses » - qui ont placé notre pays sous tutelle étrangère doivent être dénoncées et « rectifiées ». C’est de cette seule façon que nous libérerons la vérité sur notre identité naturelle et qu’alors nous envisagerons avec sérénité notre futur. Les mots de notre intelligence sociale seront alors palabreurs ? Le Nouvel Horizon avait fixé, pour la postérité, le sens du combat de la gauche démocratique qui « refuse le dogmatisme, la complaisance et la complicité qui avilissent ». Comme c’est curieux ! On fulmine encore aujourd’hui dans tous les cercles du pouvoir d’Etat !!! Séraphin Prao a beau jeu, avec d’autres, d’interpeller notre intelligence individuelle et collective. Serait-on revenu, avec les Refondateurs, aux méthodes crapules combattues naguère ? Les théoriciens de la Refondation doctrinale et de la curiosité du socialisme démocratique se disent désormais partisans de l’économie libérale et du libéralisme politique de l’Occident européen. La pensée libérale aurait-elle plus d’épaisseur éthique, économique et politique que le socialisme démocratique ? Cette question est révélatrice de tout un aspect des travers sophistiqués de nos sociétés intellectuelles villageoises et post-coloniales. On ne sait plus penser par nous-mêmes. Notre langage « nouchi », notre argumentation dite cartésienne ou rationnelle, nos comportements individuels et collectifs, nos choix politiques hérités c’est à dire façonnés et normés par la culture officielle et d’Etat de l’Occident européen en sont les premiers réceptacles.

On devrait surtout répertorier et annoter les solutions préconisées par nos élites dirigeantes. Cela nous éviterait le tintamarre stérile et stupide qui se pose comme réflexion théorique ou comme sociologie politique de la vérité ! Pour certains, l’austérité monacale tiendrait lieu de politique, l’accoudoir de l’intégrité devenant la nouvelle théodicée au service de la Côte d’Ivoire et des citoyens ! L’immobilisme quoi !!!!!

Chaque littérateur politique devrait visiter, même sommairement, la plupart des domaines du savoir, confronter les préconisations de la modernité aux vécus individuels et collectifs, dans nos campements, dans nos villages, dans nos centres urbains et comprendre les mécanismes de la culture de l’explosion des « villages et villes Texaco ».

Ma réflexion tournait autour de ces questions importantes voire fondamentales lorsque j’ai été invité par des amis ivoiriens à une rencontre politique à Marseille. Au départ, « je n’étais pas chaud » comme on dit. Puis je me suis dit qu’il fallait vivre cette expérience pour pénétrer provisoirement mais de visu ou physiquement les énoncés que l’on ressassait dans les journaux et sur le net. A l’arrivée, je me suis convaincu de ce qu’il avait un besoin urgent d’esquisser un récapitulatif de ce qui pourrait être au fond l’essentiel de la vision du woudi de Mama qui se présente aux Ivoiriens en bâtisseur d’une nation pacifiée, riche, démocratique et prospère.

Vœux pieux comme on sait les créer et les entretenir dans le « bois sacré » des sociétés européennes ? Je ne le pense pas. Le kagnégnon ivoirien porte en lui, selon le mot d’Affi Nguessan, le bon fétiche pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique noire.

Je jour se lève toujours

Lettê na Lettê



Alain Peyrefitte, 1973, Quand la Chine s’éveillera, éd. Fayard

Le mot notionnel est d’Ama Mazama

On lira avec intérêt le premier éditorial de Le Nouvel Horizon, l’hebdomadaire du mercredi. Il est toujours d’actualité. Les maux dénoncés autrefois sont tous à la page de garde de notre société. Jusqu’au sommet de l’Etat ivoirien, on entretient la fornication morale et politique !

 

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