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04/08/2010

Le Manifeste – 2. Gbagbo et la voyounité

BAD_abj270510 (53).JPG.jpegLe Kanégnon ivoirien a dit « non », entendez-vous, Laurent Gbagbo, l’enfant du gouê des terroirs de Mama a dit « non » aux stupidités et au folklore du pov’con de Neuilly. Le ciel ne nous est pas tombé dessus !!! C’est ce trait de caractère forgé par les luttes pour « la lutte démocratique » qui donnent de l’épaisseur au Président historien de profession !

La question à laquelle doivent impérativement répondre les acteurs publics significatifs et surtout les politiques ivoiriens c’est de savoir si la génération actuelle est en situation d’incarner le véritable changement, la mutation réelle, profonde et irréversible de notre société.

Pour les patriotes ivoiriens, le woudi de Mama est peut-être cet espoir ! Peut-il surtout porter efficacement le manteau des grands bâtisseurs de nation ? Et comme il le dit lui-même, pourra-t-il sereinement tracer le chemin de la construction d’une grande nation pacifique et prospère ? En a-t-il la volonté ferme ? Quels sont alors ses atouts réalistes et déterminants qui ne sont pas un populisme tropical débridé et guerrier du gouê ? Ou des banalités de gouailleur professionnel ? Batra-t-il vraiment le djimgbé de la fin de la récréation pour donner du contenu et de la cohérence à la Refondation, aux préconisations de la Re-création, aux théories insipides de la Renaissance ivoirienne, mettre franchement son peuple, les peuples de Côte d’Ivoire au travail pour réaliser leur destin national commun ?

Je vais tenter d’y répondre avec mes mots et mes certitudes, surtout avec mes convictions maladroites.

Depuis trois générations les Ivoiriens sont en débat. La violence des mots et des moyens utilisés traduit l’urgence d’une théorie générale explicative de nos contradictions actuelles – dans tous les domaines de la question morale, de l’analyse intellectuelle, des constructions idéales et politiques. Notre culture commune est comme étouffée, avariée, corrompue. Elle n’a plus d’espace pour son expression et son affirmation. Nous n’avons plus d’authenticité. Nous nous définissons mimétiquement. Nous serions une fade « obamanitude » créole dans le mauvais sens du mot ! On dit vouloir la modernité sans jamais nous la définir clairement et complètement. Partout, l’Occident catho-laïc ordonne, pour nous, ce qui est bien et ce qui est mal. Nos vieilles sociétés villageoises sont définies en termes fantastiques de jeunes Etats. Nos élites répètent la théodicée de Kant, lisent Spinoza et s’empiffrent aux introductions métaphysiques des souris rongeuses de l’économie politique d’Adam Smith à Hegel et Feuerbach. Le Kanégnon ivoirien lui aussi revendique la Charte de l’Union africaine, cette sotte résultante des Accords et Conventions de dupes !!! Lecture historienne de Descartes oblige ! Les rares esprits éclairés aux lumières éteintes de l’Occident européen se rétractent brusquement. Leur intellectualité se mue en une sorte de sous-culture d’ethnologie. Cheik Antah Diop revendiquera l’anthropologie scientifique du carbone lourd ! Finalement, les Noirs et plus spécifiquement les peuples du territoire colonial de la Côte d’Ivoire tentent de trouver la bonne formulation de leur idéal existentialiste pour se débarrasser des séquelles coloniales imprescriptibles, mettre en lumière notre tragédie, notre négation par les « kiffi » albo-européen, notre auto-négation selon le monde s’effondre de Chinua Achébé !!! On dira donc que les Ivoiriens cherchent à s'identifier, à se doter de repères et de symboles qui leur appartiennent en propre et que personne ne pourra leur contester.

Sur trois générations, ils disent et écrivent le même refrain du même hymne.

Liberté

Indépendance

Souveraineté

État nation

République

Démocratie

Droits de l'homme

Autodétermination des peuples

D’aucuns ont ajouté, à cette surenchère des mots ventrus et gigognes, la platitude « hymnale » ou poétique du « devoir d'être un modèle de l'espérance promise à l'humanité en forgeant, dans l’unité idéale, la patrie de la vraie fraternité »

Les Ivoiriens et les Noirs d’Afrique cherchent les contours visibles du modèle, de l’espérance, de l’unité idéale !! Ici, c’est la vilenie, la « voyounité », le bonheur banania, la démission individuelle et collective des élites !!! Tout y passe donc. Le grossier culturel, le grotesque social, la stupidité politique et la stérilité intellectuelle ! Tout et son contraire. Je dis bien tout et son contraire. On veut être grand et on reste comme maudit à être petit. On veut être devant et, inexorable, on rétrograde. On voit que le sol et le sous-sol de nos terroirs regorgent d'or et de diamant et nous sommes toujours dans les marais infamants et mendiants. Nous sommes ouverts aux autres et en retour nous sommes « prédatés » c’est à dire soumis aux carcans idéologiques qui nous dépouillent et nous spolient culturellement, socialement, économiquement et politiquement. En lieu et place de la « vraie fraternité », la Côte d’Ivoire et ses minorités nationales ne connaissent que les politiques du complot, les humiliations de contradicteurs politiques, les privations arbitraires de liberté, les emprisonnements abusifs, les massacres ethniques, la guerre civile des identités fétichistes des clochers et des minarets !!!! Ici le tipi du sorcier nègre est diabolisé, discriminé et les prêtres noirs et les « tradipraticiens » comme on les appelle sont sujets de tous les quolibets indécents.

Nos sociétés villageoises, solidaires par nature, sont de plus en plus individualistes et égoïstes voire crapules et violentes! Nos coutumes et us se corrompent sans raison visible. Le mariage, acte sacré qui liait deux clans, deux villages et même au-delà, est aujourd'hui une modalité de prostitution des mœurs sociales. Nos petits garçons et nos petites filles sont « raflés » et « vendus » comme autrefois à des réseaux du crime organisé. Une organisation humanitaire s’est illustré dans ce commerce intolérable et inacceptable !!!! On a tous fermé les livres du droit judéo-chrétien sur cet épisode génocidaire !!! On préfère théoriser de nouvelles valeurs dont la discutable orientation sexuelle pour justifier la nouvelle barbarie contre notre Nation, la Nation noire et nègre, contre les peuples ivoiriens. On dit que être homosexuel ou « gay » c’est être branché ! Voilà la grande conquête de la modernité de l’Occident catho-laïc !!! Circoncire les bébés garçons des Juifs c’est être un être humain de bien. Exciser les petites filles musulmanes, voilà les traces indélébiles de la barbarie et du génocide !!!! Revendiquer ses origines ethniques et territoriales ou tribales, voilà l’expression achevée de la sauvagerie criminelle !!!!! L’Etat ivoirien a été contraint de voter des lois contre notre appartenance sociale et culturelle naturelle !!!! Enfin!!! Nous en parlerons plus en détail en d'autres lieux. La Re-fondation de la République, la Re-création de l’Etat impartial, la Re-naissance des terroirs ivoiriens, voilà semble-t-il les trois étoiles du triangle de l’espoir porté, en palabreur africain, par le woudi de Mama.

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê


Tout le monde convient que nos sociétés sont en guerre continue et permanente depuis au moins de septième siècle catholique – guerre contre les colonnes infernales de l’Islam jihadiste et contre les phalanges des rois chrétiens et francs-maçons. La République démocratique et les droits de l’homme théorisés par les élites chrétiennes d’Europe occidentale ont quelques peu embrouillé et occulté cette terrible vérité. Elle est notre unique problème.

On lira avec intérêt les frasques identitaires de Chamoiseau, Barnabé et Glissant ! Créoles sans accoudoirs ! Créoles de génération spontanée ! Ni Black ! ni Noir ! ni Nègre ! Créoles zombies !

le modèle est celui des crapules, des voyous. C’est la fraternité des voyous ou voyou-nité comme on dit frater-nité! Je délimiterai ce néologisme plus loin.