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23/03/2010

Foutaises et fadaises rebelles ?

IMG_0421.jpgLes rebelles clament et proclament partout qu'ils ont changé, qu'ils sont loyaux à la République et à l'expression libre des Ivoiriens, de tous les Ivoiriens partout sur l’ensemble du territoire national, qu'ils ont renoncé aux moyens anticonstitutionnels, que la « guerre est finie en Côte d'Ivoire ». Et que voyons-nous, qu'entendons-nous, que subissent encore les Ivoiriens non rebelles et non partisans des partis des mentors ivoiriens de leur rébellion? L'explosion de la fausseté et de la barbarie ! C’est sous leur gouvernance que le Président Beugré Mambé à plomber le processus patiemment mis en place à Ouagadougou. C’est sous leur autorité morale directe que la Sagem Sécurité a publier dans le pays deux listes électorales avec photos : une liste électorale provisoire blanche qui est censée être celle des vrais Ivoiriens, une listes grise d’Ivoiriens présumés fraudeurs à la nationalité. C’est sous leur responsabilité directe que l’on relève que Tanoh Marcel pourrait être passible de poursuites pénales. Ils sont donc porteurs d’une éthique malhonnête ! Ils sont prophètes de l’activisme vandale.

Les rebelles devront donc être soumis à la question morale exigeante. Pourquoi maintenant ? Parce qu’ils ont décidé de communiquer, de dialoguer, plus exactement de polémiquer. Parce qu’ils ont choisi les outils de la république démocratique et la palabre africaine. Parce qu’ils affirment sur tous les toits qu’ils ont renoncé au pouvoir de la Kalatch, qu’ils ont compris la difficulté dans le processus de décision d’Etat.

Ils veulent se poser désormais comme arbitres dans une Côte d’Ivoire pacifiée, réconciliée et réunifiée où il n’y a plus l’ombre de la violence de masse, où les armes sont aux râteliers des forces impartiales, où la circulation politique et partisane est libre et « sécurisée », où l’on n’agresse pas les candidats du sud et leurs représentants, où le monopole télévisuel appartient en propre à leur écurie et rigoureusement interdit à 13 candidats sur 14 selon le témoignage de Choi, où les médiats rebelles n’ouvrent pas leurs colonnes qu’à un seul candidat, où l’on n’a pas brulé les biens et les souvenirs de familles de Malick Issa Coulibaly et saccagé les biens de Lanciné Coulibaly et de Gervais Coulibaly, où les colonnes infernales du Rhpd n’ont pas dégradé des symboles de l’Etat ivoirien qu’ils sont censés aussi incarnés.

La question maladroite et exigeante est. Pourquoi les rebelles ne veulent-ils pas accélérer le processus de désarmement, de l’élimination de tous les foyers illégaux des armes, du cantonnement même précaire des dizaines de milliers de combattants et ou groupes d’autodéfense ? Pourquoi les rebelles Dozo gardent-ils leurs armes rudimentaires et légères, et qu’au même moment on veut précipiter les élections générales et l’élection présidentielle que l’on veut transparente et propre ? Pourquoi les rebelles cherchent-ils à cacher aux Ivoiriens, à la Communauté internationale qu’ils ont failli à la mission de l’Apo dont ils étaient les détenteurs exclusifs ? En quoi l’élection d’un nouveau Président même proprement élu efface les graves blessures visibles et invisibles ? En quoi une idée géniale de 2007, le serait encore trois ans plus tard surtout quand on a vu et vécu ce que l’on a vu et vécu en février dernier ? L’homme et la société sont en permanent mouvement. En mars 2007, des frères et sœurs qui ne se parlaient plus depuis septembre 2002 ne pouvaient qu’écrire des choses que l’on entende. Aujourd’hui, il faut rassurer totalement et définitivement. Cela veut donc dire désarmer complètement, unifier totalement les administrations , les caisses, les armées et tous les corporations de l’Etat ivoirien, reprendre et mettre en conformité avec nos lois et nos usages tout ce qui avait pu être différé. Il faut donc cesser de parler « français longuère-là » et ajouter encore de la méfiance et du soupçon sur tous les actes posés jusqu’à maintenant. C’est ce que les rebelles devraient faire. Ils gagneraient encore en respectabilité et en dignité. La sortie médiatique des clients de Maitre Affoussy Bamba voile à peine leur irrépressible volonté de reprendre les exactions que notre conscience et notre raison de palabreurs africains réprouvent. Leur ordonnance , si elle a pu être judicieuse trahi bien ce qu’ils avaient tenté de cacher. Ils sont « Rdr en embuscade » dans les Palais de la république de Côte d’Ivoire et ça c’est proprement révoltant ! Les rebelles Tutsi du Fpr avaient eu le même comportement à Kigali avant la catastrophe finale si je m’en tiens au témoignage de Debré à Vergès chez Jc Lattès !

Les Ivoiriens ont donc les mots pour le dire, pour dire ce qu’il faut faire. Ils ont surtout le mot pour exposer l’insuffisance de l’argumentaire rebelle et dénoncer leur nouvelle posture malhabile ! Une Ordonnance même frappée du sceau du gouvernement ne suffit pas. Il en faudrait des milliers. On s’arrêtera à deux pour ne pas être accusé de fétichisme de l’ordonnance.

1. Une ordonnance pour faire respecter le fameux « mode opératoire » décrit avec doigté par le juge de Yopougon et Président du syndicat des magistrats de Côte d’Ivoire. On lira attentivement le témoignage de cet éminent juriste qui finalement accuse les commissaires locaux de la Cei d’avoir failli à leur mission. Mais en même temps cette Ordonnance aura la faculté d’établir que la fraude ou les mécanismes de tripatouillage des listes blanche et grises avaient été généralisé par la Cei parallèle du Président Beugré Mambé

2. Une ordonnance qui fait disparaître la liste grise avec photos. Cette liste rappelle « l’affiche rouge » ou le « fichage de bureau ». Ici, cette liste grise dit qu’il y aurait au sommet de l’Etat et dans les structures de la Cei des personnes qui ont intérêt à réactiver l’ivoirité schizophrénique. C’est ce que Sidiki Konaté a soutenu accusant le gouvernement de Soro I d’entretenir les germes du Rwanda en Côte d’Ivoire ! On le voit, les lois contre le tribalisme, les lois contre la xénophobie n’ont rien changé dans les pratiques violentes de ceux et celles dont l’existence politique passe nécessairement par la violence irrationnelle et l’accession au pouvoir par les moyens anti-constitutionnels !

Et d’ailleurs pour quoi accuser uniquement le camp présidentiel d’être à la source du prochain ajournement de l’élection présidentielle lorsque je lis les propos un peu bizarre de Youssouf Bakayoko ? Les raisons de ces deux ordonnances sont-elles imputables au camp de notre Kanégnon national ?

Quand on veut être arbitre et pacificateur, on se donne les moyens appropriés pour la crédibilité de cette action. On ne se met pas dans un bureau pour écrire et pester au fiel stupide, ou lorsqu’on le fait par séminaire et conclave on en sort avec des mots et des propos actés. On ne dit plus on va faire le tour des acteurs majeurs. Mais les rebelles « vous êtes les vrais acteurs, c’est vous qui avez pris les armes contre la Côte d’Ivoire, c’est vous qui êtes la clé de la solution recherchée partout et par tous ». Quels acteurs majeurs cherchez-vous à convaincre ? Si vous êtes convaincu, vous rendez les armes que vous avez prises ou qui se sont imposées à vous. Vous n’allez pas vous mettre derrière des acteurs majeurs alors que vous êtes l’épine dans le pied de la Côte d’Ivoire. Dire que les vrais acteurs ce n’est pas vous alors vous donnez encore des raisons au camp présidentiel, au camp de notre Kanégnon national, de ne pas avoir confiance dans le processus que vous portez à la Primature ivoirienne et dans les zones dites Cno. Votre recherche de consensus comme vous dites est une fuite en avant. Elle ne peut pas être vérité infaillible. C’est un insultant mensonge déversé dans l’espace public ivoirien et international.

On ne vient pas sur la place public dire, « ah oui il nous manque tel financement, il nous manque tel moyen en logement ! Alors les problèmes sont réels ! La confiance peut être affectée, mais quand même essayons. Et si ça tourne mal on verra ! » Voilà le condensé peut-être caricatural de propos irresponsables et malhonnêtes tenus,à un paterre de journalistes, par Maitre Affoussy Bamba, par Sékongo Félicien et par le Commissaire principal, Ouattara Seydou. Il faut donc répéter à ces tête de nœuds ceci : « Non ! Non ! Non ! Si vous êtes convaincu du processus, vous rendez les armes et vous rentrez chez vous à la maison ! C’est aussi simple que ça ! Alors on vous ferait confiance totalement. Mais dire des contrevérités à la barbe de tous, c’est vouloir induire en erreur et attiser les mécanismes de la suspicion qui conduisent aux armes et à la barbarie ». C’est donc le type même de raisonnement et arguties que les Ivoiriens et la communauté internationale ne veulent plus entendre. Les Ivoiriens et les amis sincères des Ivoiriens veulent que des actes clairs soient posés. La découverte de graves malversations planifiées au sein de l’institution administrative en charge des élections, l’activisme séditieux et violent des certains candidats à l’élection présidentielle, la destruction de biens de partisans du camp présidentiel et uniquement ces biens-là, la dégradation de symboles de l’Etat avec le soutien passif des Fafn sont autant de raison disent, si besoin était, la fausseté du plaidoyer portant pacification, réconciliation, liberté de circulation et de séjour de certains Ivoiriens chez eux à Korhogo, Bouaké, Katiola, Vavoua, Man, en zones Cno !

Dans ces conditions, on peut le dire, le plaidoyer est un faux. Il est un mensonge. Il doit être dénoncé avec la plus extrême fermeté intellectuelle, morale et politique.

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê

 

 

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14:41 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (0)