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15/03/2010

Kouassi Allomo Paulin

2017412769.jpgD’abord, relever ce qui, pour moi, fait problème dans la longue lettre que le député ivoirien a adressée au Président Laurent Gbagbo.

1. « Il est à souligner que les coupures intempestives de courant sont un pan de la mal gouvernance du régime FPI, incompétent à anticiper sur les crises. »

2. « Monsieur le Chef de l'Etat, si vous aviez écouté très tôt les conseils de Son Excellence Henri Konan Bédié qui vous a recommandé le dialogue là où vous avez bandé inutilement les muscles contre les Forces Nouvelles de votre fils Soro Guillaume; ce triste tableau avec des jeunes enrôlés de force ou de gré au nord par la rébellion aurait pu être évité ainsi. »

Cette litanie d’un cadre éminent du Rhpd semble indiquer que le Président Laurent Gbagbo serait l’amplificateur et la racine des malheurs de la Côte d’Ivoire. A lire attentivement cette lettre ouverte, on est conforté de constater qu’il accuse en réalité les dirigeants du Rhpd. Il s’élève contre l’héritier constitutionnel du régime de Félix Houphouët-Boigny.

Je dois l’avouer cette longue lettre ouverte au Président Laurent Gbagbo pose une seule question. Elle est la suivante. Si le régime de Félix Houphouët-Boigny a pu être un régime qui savait prévenir et anticiper sur la « mal gouvernance » et les « crises », comment expliquer alors que ses héritiers constitutionnels - ils se bousculent au Rhpd - ont-ils permis l’inavouable endettement du pays, la nouvelle théorie de l’apartheid, et la violence du coup d’Etat de décembre 1999 ?

Au lieu de répondre clairement à cette question, Allomo Paulin affirme, sans sourciller, que les Ivoiriens feraient maintenant les poubelles pour survivre. Et cela par la faute de l’imprévoyant régime du Président Laurent Gbagbo. Grotesque ! Faut-il dire qu’il y a aux Etats-Unis d’Amérique même des millions de pauvres qui n’ont pas le minimum vital. Faut-il dire que c’est tous les jours qu’en France que des personnes humaines dorment dehors en plein hiver et qu’ils se nourrissent à la soupe populaire ou dans les poubelles. Faut-il dire que c’est pratiquement tous les jours que des paysans européens jettent sur les chaussées leurs produits agricoles faute ne pas pouvoir les vendre. Les propos de Paulin Allomo sont donc malhonnêtes et intolérables.

Ceci étant, revenons au problème spécifique à la Côte d’Ivoire des vingt dernières années. La Côte d’Ivoire est traversé par la violence extrême depuis que le Dr Dramane Allassane Ouattara est arrivé au sommet de l’Etat ivoirien à côté de Félix Houphouët-Boigny sénile et mourant dans les cliniques helvétiques. Ce fut l’époque dite des golden boys de Camdessus et ses affidés ivoiriens et africains. Dr Dramane Allassane était le « technocrate » qui devait « ajuster et réajuster l’économie » ivoirienne. Camdessus et les siens s’étaient constitués en réseaux prédateurs des économies des pays du sud ! Ces réseaux crapules ont gangréné l’Etat français et de grandes institutions internationales. Ils se sont ainsi invités, dès 1990, au sommet de l’Etat ivoirien. Ils ont essayé de prendre le contrôle du monolithique Pdci de Félix Houphouët-Boigny par les Rénovateurs. Ils ont échoué. Ils ont tenté une alliance avec la gauche ivoirienne. Cachés comme des poux, à l’intérieur des structures du Fpi, ils mettront à feu et à sang l’université ivoirienne. Ils exciteront les Ivoiriens à l’insubordination et la sédition. Ils organiseront la première tentative de coup de force en février 1992. Ils réprimeront les « trouble fête » de l’opposition politique de l’époque. Ils n’ont pas réussi à entrainer le Président Laurent Gbagbo dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Finalement, ils ont échoué.

Ces mêmes réseaux ont tenté encore le même coup. Ils se sont alliés à la haute hiérarchie militaire. Ils parleront de « cadres du Nord discriminés » par notre Nzuéba national. Ils dénonceront, comme « lois iniques », la Constitution ivoirienne et la législation en vigueur. Ce fut le coup manqué du 20 octobre 1995. L’Empereur du Mambé, notre Nzuéba national avait perçu vaguement le danger. Il tentera d’y mettre un garrot : l’ivoirité, une construction idéologique schizophrénique lui avait paru la porte de sortie. En réponse à ce concept maladroit, vite présenté comme l’expression d’un fascisme tropical, les réseaux de Camdesus construiront la propagande de la « poudrière identitaire ». Tout le monde connaît la suite. Le régime de Bédié, le donneur de conseil nommément cité par Allomo Paulin, a été emporté. Ma question est encore simple.Quel crédit peut-on accorder aux conseils de dialogue de quelqu’un dont on connaît les résultats calamiteux de son propre dialogue ?

Au-delà de ce constat, il est encore malhonnête de dénier un esprit de négociation au régime du Président Laurent Gbagbo. Faut-il quand même rappeler que le gouvernement de large ouverture du 5 août 2002 du Premier ministre Affi Nguessan était à Lomé pendant plus de deux mois pour négocier avec Guillaume Soro et les siens. Faut-il rappeler que c’est l’Etat Chirac qui a dénié, au Président Gnassingbé Eyadéma, son ami de trente ans, toute autorité à garantir l’Accord que les rebelles et l’Etat de Côte d’Ivoire s’apprêtait à signer. Et c’est l’Etat Chirac qui, se substituant à l’Etat ivoirien, a invité des associations politiques ivoiriennes à Marcoussis pour parapher l’accord dont npus connaissons le triste destin ! Encore une question. Comment voulez-vous qu’un accord entre des associations privées même si elles sont politiques engagent l’Etat de Côte d’Ivoire ?

A partir de ce moment-là, tous les observateurs ivoiriens avaient compris ce qui se tramait autour de la Côte d’Ivoire. En prenant les positions claires qu’il a prises, le Président Laurent Gbagbo a permis au monde entier de comprendre la nuisance des réseaux crapules qui gangrènent l’Etat français et de nombreuses institutions internationales dont les institutions de l’Onu. Marcoussis, Pretoria, Résolutions 1721 et 1633, Evénements du 4 au 9 novembre 2004 éclairent suffisamment sur le rôle assigné aux « jeunes enrôlés de force » par Ibrahima Coulibaly IB puis par Guillaume Soro Kigbafori.

Kouassi Allomo Paulin est le seul Ivoirien, à ma connaissance, qui interprète malveillamment l’action politique rationnelle, construite avec patience par le Président Laurent Gbagbo. Il dit même que le Kanégnon ivoirien a « bandé inutilement les muscles contre les Forces Nouvelles ». Grotesque et grossier !

Nous avons tous vécu la crise ivoirienne. Nous en connaissons les zones dites d’ombres. En septembre 2002, l’armée ivoirienne a chassé les rebelles de Bouaké. C’est l’Etat Français qui les a réarmés et a servi d’éclaireur par la suite. On a dit, il faut négocier. L’Etat de Côte d’Ivoire a négocié. Puis une fois à Bouaké, les mentors des rebelles ont dit « nous, pas bouger » ! L’Etat ivoirien a pris ses responsabilités. En novembre 2004, l’armée ivoirienne était encore à Bouaké. L’Etat Chirac a volé au secours des rebelles. L’Etat Chirac, a détruit au sol la flotte de l’armée de l’air du pays. L’Etat Chirac a massacré gratuitement des Ivoiriens entre Bouaké et Abidjan, entre Man et Abidjan. Tout le monde sait que l’Etat Chirac a fait la guerre à la Côte d’Ivoire sans la déclarer. Tout le monde sait ce qui s’est passé à l’aéroport d’Abidjan et à l’hôtel Ivoire. Novembre 2004 éclaire, si besoin était, ce qui s’est passé au Rwanda !

Faut-il encore rappeler, et ne jamais l’oublier, que l’une des pièces maitresses des mailles des réseaux crapules qui sévissent en Afrique noire s’appelle Mouammar Khadaffi. Le Guide libyen a effectué un voyage historique en Côte d’Ivoire. Cela ne vous a pas échappé ! L’enfant terrible des tribus des Gueddafa avait auparavant, à Bamako au sommet de la Cen Said, demandé pardon à l’Etat de Côte d’Ivoire d’avoir été trompé par les Forces nouvelles.

Le Président Laurent Gbagbo a probablement des défauts mais dans la gestion de la crise ivoirienne, il s’est donné les moyens intellectuels, moraux, juridiques et politiques pour débrider tous les nœuds tueurs du legs chaotique du régime de Félix Houphouët-Boigny.

Premièrement, il a mis fin au tribalisme par la loi. Tout acte tribal est désormais réprimé par la loi. Beaucoup d’Ivoiriens ont reproché, par le passé, à l’Etat de Côte d’Ivoire d’être tribaliste.

Deuxièmement, il a mis fin aux pratiques xénophobes des services de police, de gendarmerie, des gardes forestiers et de la douane, de tous ceux qui avaient autorité dans les services publics. La loi ivoirienne autorise la circulation et l’établissement de toutes les personnes de la sous région sans avoir à produire de carte de séjour.

Troisièmement, il a simplifié les procédures de naturalisation et de déclaration de la nationalité. Une opération spécifique dite des « audiences foraines » a définitivement fermé la porte des ragots des uns et des autres.

Quatrièmement, il a repris, à Ouagadougou le dialogue direct de Lomé. Il a démontré au monde entier la capacité des Ivoiriens et des africains à régler eux-mêmes leurs propres contradictions.

Le Président Laurent Gbagbo a mis un terme aux théories du fascisme tropical. Il a invité tous les Ivoiriens à balayer devant notre porte par la palabre africaine, par le débat, par le bouillonnement des idées, par la confrontation civilisée des projets, des programmes politiques. Il a invité à quitter définitivement le cercle infernal des triangles ! Il nous a invités individuellement et collectivement à travailler aux voies et moyens qui nous permettent de doter notre pays d’institutions responsables et crédibles.

C’est ça qu’il faut dire. Même si on n’aime pas le Président Laurent Gbagbo, il faut avoir le courage de dire la réalité des actes qu’il a posés ! Le Président Laurent Gbagbo a définitivement réglé les questions récurrentes qui faisaient désordre. Il a décidé de s’attaquer au quotidien des Ivoiriens. Ma question est. Pouvait-on parler de social, de santé, d’économie et de thématiques diverses de loisirs alors que l’on n’était pas sûr de se réveiller Ivoirien le lendemain ? Maintenant, nous savons que nous sommes Ivoiriens et que notre pays ne sera plus démembré. Nous pouvons alors traiter la question de la soupe de chacun et de tous !

Quand on est membre du souverain bien, on éveille toujours à la vérité des faits. On ne cherche pas à induire en erreur. On s’élève contre le pédantisme de la division.

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê