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26/02/2010

De la communication d’Etat

 

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La communication, voilà le nouveau nerf de la guerre! C'est le nouveau credo de certains communicateurs professionnels qui se proposent d’aider le camp de la République et des Institutions républicaines. Un blog en fait écho. Je veux, moi aussi, saluer après les autres, saluer son initiateur.

Le silence des médiats de LMP la semaine dernière en est l'éloquent témoignage. On a même vu Abidjan.net sonner l'alerte "Orange". Les médiats proches du camp de la palabre africaine ou de l’Apo, sont restés imperturbablement muets. Les seules informations connues de ces médiats-là sont des images de carcasses d'autobus et l’incandescent orange de la fumée noire de pneus en flammes. Ou les consultations interminables du premier ministre ! Ou l'annonce imminente de gouvernement de technocrates ! Il fallait meubler le déficit de communication!

En face, on a fait croire, derrière les titres ronflants de Le Patriote et Le Nouveau Réveil, qu'il y avait une mobilisation populaire spontanée et massive contre la « dictature de Gbagbo » et que les jours du Président Laurent Gbagbo étaient comptés … au sommet de l’Etat ivoirien. Ils ont même repris systématiquement la logorrhée de Dr Dramane Allassane Ouattara invitant, désinvolte, le Kanégnon ivoirien à s’éviter l’humiliation : « Koudou t’as intérêt à démissionner ! ». Le Professeur Djédjé Mady a été jusqu’à revendiquer la sédition et l’insurrection populaire en appelant à « s’opposer par tous les moyens » à l’autorité de l’Etat dictatorial « de Gbagbo ». Innocent Kobenan Anaky expliquera que « son armée parallèle comme la CEI parallèle du Président Beugré Mambé » s’était inscrite dans la désobéissance à sa hiérarchie ! Le chef de toutes les armées de Cote d’Ivoire leva fermement et clairement la voix ! Et le clash des fanions loyalistes et rebelles que l’on souhaitait secrètement ne s’est pas produit. Les Fds et les Fafn ont fait bloc derrière leur Chef et derrière le leadership ivoirien qui incarne ces institutions ! La messe était dite. Avait-on besoin d’une autre forme de communication ? Que pouvait-on opposer de plus à la provocation outrancière éteinte derrière les mots du premier centurion ivoirien ? Deux postures : l’outrance ou le silence ! Ceux et celles qui, à Abidjan, avaient en charge la communication d’Etat se sont imposés le silence responsable.

Finalement, de toutes ces gesticulations infantilement violentes, rien de tout ça n'a véritablement prospéré. Le Nouveau Reveil et Le Patriote ont fini par se dédire en expliquant que ce sont leurs leaders du Rhdp qui ont sauvé le « dictateur Gbagbo » et le « régime assassin »! Quel culot ! Il faut le faire!

Je me pose encore des questions. Dans ces conditions, à quoi aurait servi une communication du camp présidentiel sinon qu’alimenter l’outrance et la rhétorique dialecticienne sans objet? Tout l'enjeu de la communication opportune est là! Faut-il communiquer même si l'on sait qu'en face c'est de la pure propagande, de la « critique rongeuse » c’est à dire douteuse et de la provocation ubuesque et puérile pour alimenter l'inconscience dite révolutionnaire? Je reste dubitatif!

Cependant ce qui caractérise, selon moi, la communication du camp présidentiel c’est sa sérénité stratégique et sa lucidité tactique. Rien n’est fait sur l’émotion ! La patience est l’autre nom du camp présidentiel ! Rien n’est laissé au hasard. On laisse l’adversaire débiter toute son aigreur, toute sa hargne et lorsqu’il cherche son deuxième souffle, on frappe drument et sèchement. On coupe le souffle et l’élan. En sport de contact on dit Ko ! C'est ce qu’ont fait les autorités de régulation de l’audiovisuel et le Chef de toutes les armées de la République ! C’est ce que le témoignage de William Attebi, sur les 48h demandées et obtenues par le Premier ministre Soro, a fini par révéler. Il a fait taire et se dégonfler, du coup, la bombance et le tambourinement de la poitrine des rédactions de Le Nouveau Reveil et Le Patriote. L'assommoir ferme et définitif sera administré a France 24 par l'autorité de régulation.

Sans répondre a chaque connerie du Rhdp, le camp présidentiel et les défenseurs des institutions de la république ont su, par la parcimonie, réagir sans faillir ni faiblir. La communication d’Etat n’est pas un acte innocent et banal. Elle dit la qualité de la décision du chef. Elle ne polémique pas. En trois mouvements - l’Armée républicaine, la Régulation médiatique, l’Action politique responsable – la communication coordonnée de l’Etat a changé décisivement la nature des agitations de rue. C'est ça l'art de gouverner c'est à dire communiquer! Avec une efficacité déterminante. On ne pourrit pas la vie des gens avec des communiqués fantaisistes et interminables!

Je ne dis pas que c'est de la bonne communication dans le camp présidentiel. Je pense que le rôle du Prince c’est d'être avare dans ses apparitions médiatiques. C'est même la première contrainte de ceux et celles qui tiennent les rênes de l'État de communiquer sur l'essentiel, d’éviter la polémique qui distrait et discrédite. La communication d’Etat doit être opportune et toujours tournée vers le maintien de la cohésion sociale et l’unité nationale.

L’Etat de Côte d’Ivoire innove et administre à l’Afrique noire une grande leçon d’humilité dans la conduite des affaires publique. Le camp présidentiel a par exemple dénoncé la forfaiture! Il a donné deux trois indications particulièrement savoureuses ! Les brailleurs et leur clameur médiatique sont prendre la moindre précaution se sont mis à édicter les principes et les valeurs d’intégrité, de responsabilité et tutti quanti. On a levé tous les boucliers de l'intégrité et finalement la vérité a frappé de son éclat de lumière tous les pharisiens et autres philistins.

Le chef, le kanégnon ivoirien, a pris la parole et a dit la nature de la sanction: « on nettoie l'institution à commencer par son chef ». On sait ce qui s'est passe! Tout le monde a fini par donner raison au woudi de Mama, le kanégnon ivoirien, même si les uns et les autres argumentent dans l'absurde pour exister. J’ai lu quelque par que le Dr Dramane Allassane Ouattara se serait plaint du silence du kanégnon ivoirien lors du passage du Facilitateur. Décidément le PhD de Fanta Gbè est incorrigible ! A-t-il au moins entendu ce que son voisin Mfa du Rhdp a dit ? Une période de silence pour le repos de la Mémoire des enfants de Côte d’Ivoire morts par hasard à Gagnoa, à Daloa, à Abobo, etc…

La communication parcimonieuse d’Etat est une arme redoutable. L’Etat ivoirien nous en fait la démonstration. L’Etat ne polémique pas. Il conseille, encadre le débat public dans la rue ou dans les amphithéâtres et décide. C’est ce qui s'est passé et qui se passe au sommet de l’Etat ivoirien. La bonne gouvernance médiatique quoi!

Le jour se lève toujours.

Lette na Lette