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03/04/2010

Faut-il crânement désarmer ?

coucher_de_soleil.jpgLes rebelles ont crânement pris les armes contre la Côte d’Ivoire. Les rebelles doivent crânement déposer les armes pour libérer les Ivoiriens.
Je termine la lecture de la nouvelle sortie médiatique de Bamba Affoussy Moriféré. Elle dit qu’elle est la voix officielle du Secrétaire général des Fn et des Fn et que les Fn ne désarmeront pas, ne démobiliseront pas tant que les groupes d’auto-défense et les Fds seront déployés dans le pays. Bon, ça nous l’avions compris dans sa première lecture de l’Accord politique de Ouagadougou. Elle le dit cette fois-ci plus clairement aux Ivoiriens et à la communauté internationale. Les uns et les autres en tireront les conséquences qu’ils voudront.

Cependant, j’ai été intrigué par la posture dite d’engagement et de responsabilité de cette jeune femme de nos terroirs chauves et dévastés par la barbarie rebelle. Je ne comprends pas la nature de son engagement qu’elle clame et proclame responsable. Elle dit et martèle même qu’elle n’a été approchée qu’à Marcoussis par le biais d’une curieuse association de juristes. Ce n’est donc pas un engagement responsable mais le processus d’une cooptation par le patronyne, une sorte de copinerie de parties fines parisiennes ! En tout cas, c’est le sport favori, en France, de certaines sphères politiques de droite.

Le propos de Bamba Affoussy Moriféré m’a indigné lorsqu’elle a affirmé qu’elle défendait non seulement des principes indéfinis, mais qu’elle respectait les institutions de l’Etat républicain et les personnes qui les incarnaient. Elle cite même le Président de la République, chef de l’Etat de Côte d’Ivoire. Cette choquante explication est le summum de ce que j’ai appelé tantôt « l’infantilisme révolutionnaire ». Une jeune femme ivoirienne bardée des plus hauts hochets et rubans de l’Université française travaille pour les enfants de Francis Bouygues, l’usurier de notre Etat ! Elle est même, selon ses mots, un canari de principes et de respect de la chose publique. Et que laisse-t-elle voir et entendre ? Elle porte la parole des Fn ! Qu’est-ce à dire ? Le silence total et glacial ! Bamba Affoussy Moriféré cite la démocratie d’occupation de l’Irak pour justifier le refus catégorique des Fn à désarmer avant toute action politique d’envergure ! Elle tance même le Président Laurent Gbagbo de ne pas vouloir aller aux élections sous couvre-feu des Fn et milices Fafn ! Et pourtant, elle aurait un respect de sa personne puisqu’il incarne, soutient-elle, la République, les Institutions de l’Etat de Côte d’Ivoire.

La question maladroite ! Comment peut-on défendre des principes justes, respecter les institutions de la République, ne jamais porter atteinte à la personne de ceux et celles qui l’incarnent et en même temps se tambouriner la poitrine orgueilleuse de porter la voix de ceux et celles qui ont nuitamment tenté de renverser les institutions ? Quels sont ces principes suspendus au fusil d’assaut ? Quel est ce respect de la personne physique lorsque la voix qu’on porte a tué nuitamment ceux et celles qui incarnaient justement ces institutions de l’Etat de Côte d’Ivoire ? Quelle est donc l’éthique morale de cette conviction de responsabilité ? Que est donc cet engagement principiel qui s’accommode avec l’ordre barbare qui a rasé sélectivement les Wê des villages Wê et les Ayaou des terroirs Ayaou ?

Non, Maître Bamba Affoussy Moriféré ! Il faut arrêter les divagations et les dénégations qui n’honorent pas le Premier ministre rebelle de la Côte d’Ivoire de 2010 ! Si le chef rebelle Guillaume Soro Kigbafori est incapable d’ordonner à ses colonnes infernales du Mpci à déposer les armes, il faut le dire. Et en tirer toutes les conséquences. On ne peut pas avoir pris les armes contre l’Etat et contre ses propres concitoyens et dire que l’on ne déposera les armes que si ceux contre lesquels on les a prises désarment concomitamment. Lorsque le Mpci s’aventurait dans le coup d’Etat, existait-il des groupes d’auto-défense ? Dire et soutenir que les rebelles Bayefoué et Zinzin et autres Dozos ne désarmeront que si les groupes d’autodéfense désarment c’est de la fuite en avant. Guillaume Soro Kigbafori a pris « crânement » les armes contre la Côte d’Ivoire. Si la guerre est finie comme c’est dit et rappelé, Guillaume Soro Kigbafori dépose et ramasse « crânement » les armes qu’il a prises nuitamment contre les siens ! C’est ça défendre des principes ! C’est ça respecter les institutions et ceux et celles qui les incarnent ! S’il y a des ego qui se manifestent ou qu’il y a des réticences, on s’arrête deux ou trois jours et on prend ses responsabilités, les bonnes. Je résume l’essentiel de ma pensée. Le premier ministre rebelle va trouver le Président Laurent Gbagbo et lui dit en usant de tout son art de tribun et de fin connaisseur du marigot ivoirien : « Président, il y a un problème tenace de confiance de nos combattants. Il faut faire maintenant la réunification des États-majors sans attendre les élections. Comme ça tous les hommes en armes dans ce pays, en dehors des voyous des tous les horizons, seront désormais placés sous l’autorité de ceux et celles qui incarnent nos institutions cardinales ». C’est ça être une femme d’honneur et de conviction qui parle avec justesse. Ce n’est pas en lisant et commentant peureusement l’Apo ! Nous savons tous ce qui se passent dans le Nord. Fofana Zémogo nous l’a dit publiquement ! Les Ivoiriens du Nord sont pris en otage ! Et cela est intolérable ! Il faut donc dire la souricière créée par et non des Fn !!!! Les Ivoiriens comprendraient, avec raison, la justesse des actes posés dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 ! Guillaume Soro Kigbafori deviendrait un symbole de paix et de la vraie fraternité. Mauvaise foi et esprit malhonnête! L’indignité, voilà l’aura de Maître Bamba Affoussy Moriféré !

Le jour se lève toujours
Lettê na Lettê

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01:56 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : crânement