topblog Ivoire blogs

27/05/2010

Ange Kessi: le droit crapule!

Justice.jpegLa justice malhonnête et crapule a-t-elle repris ses mauvaises habitudes ? C’est le sentiment fort désagréable que m’inspire la dernière sortie médiatique du colonel « Ange Kessi, magistrat militaire, à propos du Sg du Pdci » affirmant sans sourciller que «des gendarmes iront chercher Djédjé Mady ».

La plume de Bidi Ignace nous apprend que le Bagnon de Félix Houphouët-Boigny, le PhD Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général du Pdci et porte-parole du Rhpd aurait tenté de « mettre en échec la justice ». L’éminent homme politique ne se serait pas présenté à une convocation du colonel Ange Kessy, magistrat militaire pour être entendu dans « l’affaire des marches éclatées de l’opposition » de février 2010. En situation de prétendre à la succession de notre Nzueba national à la tête du Pdci, le Bagnon de Félix Houphouët-Boigny serait-il victime d’une cabbale malhonnête ?

Les légalistes et les patriotes ivoiriens applaudissent ! La gauche aussi ! Trois petites choses me gênent dans cette histoire.

1. La violence du projet explicitement formulée par le colonel Ange Kessy, magistrat militaire d’utiliser la force brutale pour faire « témoigner » un homme politique.

2. Les termes indignés par lesquels le colonel Ange Kessy, magistrat militaire motiverait la violence de la procédure à « comparaitre ».

3. L’intégrité morale affichée par le colonel Ange Kessy, magistrat militaire

Les arguments juridiques et/ou judiciaires, les propos politiques et moraux du juriste ivoirien m’ont paru cacophoniques. Ils opacifient le champ du droit positif ivoirien. De nombreuses questions m’interpellent, me taraudent. Je ne pense pas leur avoir trouvé une réponse satisfaisante.

Qu’est ce qu’un « témoin civil » en droit ? Qu’est ce que « casser » en droit ? Qu’est ce qu’une « convocation de comparution de force » en droit ? Pourquoi le colonel Ange Kessi, magistrat militaire veut-il amener « manu militatri dans le box des témoins » le PhD Alphonse Djédjé Mady ? Pourquoi le colonel Ange Kessy, magistrat militaire ne dit rien des cinq dirigeants des partis politiques coalisés en février dernier ? Tout le monde a vu et entendu Henri Konan Bédié, PhD Dramane Allassane Ouattara, Francis Vangah Wodié, Albert Mabri Toikeuse, Innocent Anaky Kobenan s’exprimer martialement ! Tous ont dit une seule chose : « s’opposer par tous les moyens à la dictature ». Tous les médiats ivoiriens ont rapporté les propos séditieux du PhD Dramane Allassane Ouattara ! Alors pourquoi seulement les propos stupides certes  du PhD Alphonse Djédjé Mady sont sommés à être explicités au cours d'une comparution manu militari ? Et les autres co-auteurs des appels particulièrement préoccupants? Pourquoi lui et pas les cinq autres ? Bédié, PhD Dramane Allassane Ouattara, Wodié, Mabri et Anaky ont-ils répondu dans l’obscurité des bureaux du colonel Ange Kessi, magistrat militaire ? Que veut démontrer le colonel Ange Kessi, magistrat militaire. Je crois savoir que l’autorité judiciaire fait la différence entre une procédure de témoignage et une procédure de « comparution dans le box des témoins ». Je crois savoir que l’autorité judiciaire « casse » une décision de justice par une autre décision de justice. Or ici, le colonel Ange Kessi s’apprête à « casser la résistance d’un « témoin civil » et de ses avocats » qui n’ont fait que s’interroger sur l’opportunité à entendre un homme politique dans le cadre du droit positif ivoirien. Quel sens donnera-t-on à la notion juridique « casser » dans les conditions définies ici par le colonel Ange Kessi, magistrat militaire ? Si les arguments juridiques défendus par le colonel Ange Kessi, magistrat militaire sont fondés en droit positif ivoirien, il prend une ordonnance publique. Or qu’est ce que l’éminent juriste propose ? Le secret! Le rapt! L'enlèvement! La garde au secret!  Je pensais qu'avec la mort de Félix Houphouët-Boigny, cette façon de faire avait pris fin en notre pays, que ces pratiques effroyables avaient disparu de notre appareil judiciaire! Méthodes d'une justice crapule et de voyous! Que nenni! Le colonel Ange Kessi, magistrat militaire les réactualise?. Je veux croire que le colonel Ange Kessi, magistrat militaire  n'est pas une crapule tribale. La barbarie brutale et torturielle de la maréchaussée n'est pas de droit.

L’état d’esprit tel que exprimé par le colonel Ange Kessi, magistrat militaire m’a aussi échaudé si je m’en tiens à ces propos: « Cette attitude, venant d'un adepte de Félix Houphouët-Boigny, apôtre de paix, désole et elle ne saurait faire cas d'école, insiste le commissaire du gouvernement ». En quoi Félix Houphouët-Boigny a-t-il été un apôtre de la paix ? Répression par le « faux complot » dès septembre 1959 ! Massacres du Sanwi ! Massacres génocidaires du Guébié ! Répression barbare des étudiant de février 1977 ! Répression des étudiants de mai 1991. Répression irrationnelle de grands dirigeants politiques en février 1992 au moyen d’une ordonnance anticasseurs non publiée ! L’usage malveillant de la suspicion légitime ! Au delà de cette précision, le PhD Alphonse Djédjé Mady semble partager le co-héritage d’une culture politique violente et criminelle. La question fondamentale qui me préoccupe est : l’homme de loi, ici le colonel Ange Kessi, magistrat militaire, est-il fondé en droit à faire valoir, sur la loi ivoirienne, ses certitudes politiques et philosophiques ? Est-ce parce que le PhD Alphonse Djédjé Mady est adepte de Félix Houphouët-Boigny qu’il doit témoigner ou comparaitre « manu militari dans le box des témoins » ? Ou parce que son témoignage partial ou impartial peut aider à éclairer l’autorité judiciaire sur les événements sordides de février 2010 ? Dans cette affaire, le colonel Ange Kessi, magistrat militaire a fait entrer dans la procédure judiciaire dite pénale, la pourriture politique et tribale. On le voit, l’intégrité morale affichée par le colonel Ange Kessi, magistrat militaire est une subtilité vaniteuse et stupide.

Le Président Laurent Gbagbo a fait usage de ses pouvoirs constitutionnels de l’article 48. Il devait s’attendre aussi au caractère irrationnel et exceptionnel de la réaction de son opposition politique. Donc convoquer le PhD Alphonse Djédjé Mady c’est au bas mot, dénoncer les pouvoirs exceptionnels ou irrationnels du Président de la république. Finalement, je crois que le colonel Ange Kessi, magistrat militaire s’en prend au Président Laurent Gbagbo. Qu’il l’assume ! Si ce n’est pas le cas, il doit convoquer les six dirigeants politiques qui ont appelé à l’insurrection de février 2010. Quand on est en responsabilité, on traite au fond les problèmes posés. On ne se cache pas derrière des arguties présumées éthiques et juridiques pour trainer dans la boue ses contemporains !!!!

S’adosser à Félix Houphouët-Boigny pour brutaliser ses propres compatriotes c’est n’avoir rien compris à ce qui se passe en Côte d’Ivoire. J’avais dit que le PhD Alphonse Djédjé Mady finirait comme Victor Biaka Boda. Nous y sommes. Pour sauver Henri Konan Bédié on « coupera la tête » du PhD Alphonse Djédjé Mady. Comme hier pour sauver la tête de Félix Houphouët-Boigny, on décapita, à Bouaflé, Victor Biaka Boda, on envoya en prison Dadié, Ekra et tant d’autres. C’est cette répétition macabre de l’histoire de la Côte d’Ivoire qui m’interpelle après avoir lu le papier de Bidi Ignace. Le colonel Ange Kessi, magistrat militaire devrait revoir sa chaotique procédure en répondant par l’ordonnance publique aux questions posées par les conseils juridiques de l’homme politique ivoirien ! Cela lui éviterait la confusion judiciaire ! L'homme de loi ne polémique pas. Il ne s'aventure pas sur les sentiers de la grossièreté. L'orgueil abject c'est à dire dénué de sens et de cohérence est au commencement des malheurs de l'humanité!

 

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê

 

Lire la suite

03:16 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crapule