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21/11/2010

Kapos de la fiente d’ici

D’ici j’entends la République chanter la gloire de son histoire, de son passé, ses hauts faits, les batailles contre l’arbitraire, ces victoires sur la barbarie

D’ici j’entends les chuchotements des brigands d’Etat, des flibustiers d’empire, des forbans des causes inavouables comme dans le roman du même nom

D’ici j’entends le souffle de vie écrasé, piétiné, humilié aux discours grossiers des traders du Leviathan

D’ici j’entends les ricanements des détrousseurs et prédateurs des terroirs Chtis, des pays d’Oïl et de la Provence d’Oc

D’ici j’entends les crissements et les caquètements de la faune cancérigène des céréales aux gènes humains

D’ici j’entends les éclats de rires, les embrassades, les « congratulations », le débit de joie interminable de l’aristocratie d’ancien empire enivrée au champagne du racket légal

D’ici j’entends les déclamations triomphantes de la culture, de la civilisation, des us et traditions de la république des réseaux communautaires et des officines ésotériques

D’ici j’entends, partout, monté du pays vrai et réel, le silence bavard des larmes de la désolation, les pleurs étouffés des meutes de clebs humains occupant de leurs parfums fauves les places immortelles des centres villes, les lieux-dits autrefois honorés par la République. Abandons ! Abandons ! Abandons ! Des humains et des décors ! C’est ça le nouveau verlan d’ici !!!!

D’ici j’entends la clameur des flingueurs assermentés de la République, des voltigeurs pourchassant, comme à la chasse à courre, les teints et les timbres fortement exotiques, dit-on inadaptés aux saisons culturelles, artistiques et sociales de notre société présumée moderne, mais de plus en plus identitaire. Et que dire de ces terroristes blancs de Al Qaïda ! Ils sont incendiaires partout. Ils sont en même temps pompiers et médecins humanitaires, défenseurs des droits humains. La terreur écrit Lucrèce a toujours deux poignées

D’ici j’entends la même question. Pourquoi cette vindicte légale et républicaine ? Pourquoi cette politique que nous avions combattue avec le sang et le souffle des tirailleurs, ces harkis à la peau noire comme l’obsidienne ? Pourquoi un commissariat général aux affaires des Noirs comme naguère dans le Vercors et Verdun ?

D’ici j’entends le chant du cygne auvergnat et bourguignon annonçant une nouvelle saison brune comme dans matin brun lorsque la poupée vaudou du sarcome de Kaposi aura tout contaminé. Parce que nous l’auront absoute, tolérée et même encouragée par notre silence complice, par notre voix séquestrée.

D’ici j’entends, oui, les entendus illégaux de la nouvelle jurisprudence violant mon droit de dire et d’écrire ce que je dis et ce que j’écris pour éveiller aux ruptures nécessaires et indispensables, pour refuser l’entretien du train de vie des traders et des nantis, pour exiger le respect de la vie de l’ouvrier, du salarié, du paysans, des bannis de notre société bien pensante.

D’ici j’entends et je sais maintenant que l’Etat républicain, c’est le Leviathan, le nouveau monstre des milices des droits de l’homme blanc et catho-laïc de la Bosnie Herzégovine livrée aux tribus philarabes comme on a pu dire philosémites

D’ici j’entends, je t’entends douce et belle amie d’Eburnieme dire que tu n’entends pas la même chose que moi, que tu n’entends pas les vibrations de la musique des corps en décomposition, de notre société en fermentation violente. Il nous faut nous réveiller pour éviter le chaos. C’est maintenant ou jamais !!!!!

D’ici j’entends le crissement des mots qui cisèlent les mots des maux, qui construisent les théories brunes des mots, les doctrines obscures des maux. Les mots composent les maux, les mots fermentent les maux, les mots diabolisent mes maux ; les mots insultent, blessent et tuent, les mots répandent les maux, les mots impriment la fiente bien d’ici !!! Les mots jouissent des maux !

D’ici j’entends les principes de la gargouille du mensonge pathologique, du respect introuvable des identités des autres, de l’impossible légitimité du pouvoir, de l’improbable souveraineté des Etats nègres, de l’intégrité aléatoire des territoires noirs, du droit des diadoques, du dialogue virtuel !

D’ici j’entends les coups de force contre le code d’honneur, contre la noblesse de la politique sociale, de la santé, de l’éducation, contre la gratuité de l’école de la république, contre la protection sociale.

Ils sont incendiaires, ils sont empoisonneurs partout. Ils sont en même temps tueurs et médecins. Ils sont croque-morts c’est à dire éboueurs et charognes. Je me répète : « la terreur, écrit Lucrèce, a toujours deux poignées ». Ils sont les gardiens des ténèbres. Ils sont les kapos des lumières. Ils sont finalement des vendeurs de fientes d’ici !

Le jour se lève toujours
Lettê naa Lettê