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18/04/2010

Femme obscure

 

nefertiti.jpgElle est nue et obscure la femme noire. Et la nuit de sa peau est vie. Voilà la beauté chantée par le poète. La gazelle aux attaches célestes est notre futur. Et le tamtam sculpté de la savane aux horizons purs des monts Soïena donne le rythme de notre quotidien ! Et le fruit mur de la chair ferme porte désormais perruque l’autre "burqa" honteuse ! Et la femme nue décolore, aux huiles blanchissantes, l’horizon moiré des lumières étoilées ! Et l’ombre de sa chevelure est un souvenir de musée et d’ethnologues puristes. Et aujourd’hui notre Nefertiti est à la merci des colonnes infernales, des bandes conversos.

C’est le chant amoureux de Léopold Sédar Sengho, le poète de Joal. Il a chanté, pour nous, le chant de l’autre Afrique bercée aux vents chaleureux des côtes Sérères du Djoloff. Que dis-je ? Il a laissé en héritage à tous les Africains une ode immortelle, une ode qui ne ride pas aux souffles corrosifs de la civilisation, une ode à la beauté magique et magicienne de la femme obscure, de la femme nue dont la nuit de la peau est l’autre épithète du sacré de la vie.

 

Le Jour se lève toujours

Lettê na Lettê

 

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00:40 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : burqa, nefertiti, senghor, joal