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25/02/2010

Yayoro et le Patronymisme du Nord

 

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L’identité nationale comme préalable à toute fondation ou refondation de la République et de l’Etat de Côte d’Ivoire. C’est ce que clame et réclame Yayoro Karamoko, la voix des jeunesses de Dr Dramane Allassane Ouattara. La question vaut la peine qu’on s’y hasarde puisqu’elle est réactivée par les jeunes apprentis sorciers des partis du Rhdp et surtout du Rdr. Et de quelle façon ? Le quotidien indépendant L’Intelligent d’Abidjan a « sifflé », oui c’est bien le mot « sifflé » et non « soufflé » le mot tabou aux oreilles de la clameur lyncheuse. Elles n’ont pas pu être malentendantes ! Suivons le délit de clameur médiatique : « La question de la nationalité est très importante pour qu’elle soit traitée à la légère. C’est en substance ce que sa majesté Tchiffi Zié a laissé entendre, au sortir d’une rencontre avec les jeunes du Rjdp, le lundi dernier au siège du Pdci. Rencontrant les responsables du Rassemblement des jeunes pour la démocratie et la paix (Rjdp), le secrétaire général du Forum des Rois, Sultans, Princes, Cheiks et leaders traditionnels africains a été informé des mouvements de protestations initiés par le Rhdp, suite à la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI). Dans son exposé, le président du RJDP, Karamoko Yayoro a expliqué les raisons profondes de leur mouvement qui a fait plusieurs morts et blessés, notamment à Divo, Gagnoa et Daloa. Selon Karamoko Yayoro, le régime actuel ne garantit pas l’unité nationale, car certains Ivoiriens sont radiés de la liste électorale provisoire en violation du mode opératoire, parce que leurs noms ont des consonances du Nord. « Tu t’appelles Karamoko Yayoro, on dit que tu n’es pas Ivoirien, tu t’appelles Camara Abou, on dit que tu n’es pas Ivoirien. Allons-nous continuer ainsi ? », s’est interrogé le président en exercice du Rjdp. En réponse à ces préoccupations, sa majesté Tchiffi Zié a appelé la jeunesse du Rjdp à surseoir à toutes leurs manifestations, parce que le véritable problème de la Côte d’Ivoire va au-delà de la crise à la CEI. « Nous avons compris et nous avons mis en marche la diplomatie traditionnelle pour résoudre définitivement la crise ivoirienne, qui n’est pas une crise de la CEI. C’est une crise très profonde. C’est un problème de certains ivoiriens à qui on dit qu’ils ne sont pas Ivoiriens et tant que cette question n’est pas réglée, il n’y aura pas d’élection. On ne peut caresser la plaie et penser l’avoir soignée. Je vous demande de surseoir à vos manifestations et de nous aider à accueillir le Roi Ashanti qui arrive bientôt en Côte d’Ivoire », a indiqué Tchiffi Zié, accompagné au cours de ces échanges par nanan Agbatou Didier, chef du village de N’koupé, nanan Abotcha Roger, chef de Blockhauss. A l’en croire, l’arrivée du Roi des Ashantis en Côte d’Ivoire, sera l’occasion pour les Ivoiriens de s’inspirer de l’exemple ghanéen pour sauver définitivement la Côte d’Ivoire ». Le chef Achanti souscrit donc à la volonté de Karamoko Yayoro. Comment on met fin à la stigmatisation et à la théorie de la stigmatisation des patronymes ivoiriens du Nord, d’une partie des populations de Côte d’Ivoire ? Quelle est la bonne méthode qui n’attise pas les contradictions entre le cosmopolitisme des uns et le nationalisme schizophrénique des autres ? Tout le monde sait que c’est par la discussion sans tabou. Cela s’appelle la palabre africaine. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, on dira Apo !

Premier acte. «Arrivé à Abidjan le lundi 22 février dernier en vue d’échanger avec les acteurs politiques ivoiriens sur « les voies et moyens de résoudre la situation de crise actuelle», le facilitateur et les parties ivoiriennes ont  convenu de la prorogation du contentieux administratif et judiciaire de la liste électorale provisoire pour une durée de 21 jours devant prendre fin le 21 mars 2010 (1er mars inclus), la production de la liste électorale provisoire à partir du 22 mars 2010, le respect scrupuleux du mode opératoire relatif au contentieux administratif par les Tribunaux des contentieux judiciaires n’ayant pas respecté le mode opératoire (réclamations écrites auprès des CEI locales), l’élaboration d’un nouveau calendrier électoral aux fins de tenir le premier tour de l’élection présidentielle en fin avril-début mai 2010 ». Le Roi des Aschanti a été pris à témoin ! Ses éminents sujets de Côte d’Ivoire dénieraient aux patronymes nordistes la nationalité ivoirienne. Le Tchiffi Zié a tiré la conclusion : pas d’élections s’il n’y a pas un règlement clair et définitif de la question brûlante de la nationalité ivoirienne ! Le détenteur exclusif de l’Apo a dit la même chose et avancé les solutions. Tout le monde les connaît sauf Karamoko Yayoro.

Deuxième acte. « Le Président du Directoire du Rhdp, Alphonse Djédjé Mady a essuyé le courroux des Jeunes du Rhdp conduits par Karamoko Yayoro et Bertin Kouadio Konan (Kkb).  Ces deux leaders et les militants sont sortis de la salle à l’annonce par Alphonse Djédjé Mady de l’entrée du Rhdp au Gouvernement en ces termes : « je suis venu vous dire que nous entrons au Gouvernement et que le jeudi, la nouvelle CEI sera mise sur pied. Je voudrais toutefois vous rassurer que Mambé n’a rien fait. Mais quand on est à une table de négociation, il y a certaines choses qu’on gagne et d’autres qu’on concède ». Alphonse Djédjé Mady, le bagnon de Félix Houphouët-Boigny a répété en bon ou mauvais nouchi ivoirien ce que le Nanan Achanti avait sans doute tenté de dire en langue Kwa au jeune apprenti révolutionnaire. Karamoko Yayoro semblait ne plus vouloir écouter le porte voix de la haute hiérarchie Rhdp ! Il ne semblait plus disposé à écouter le nouveau mot d’ordre d’Innocent Anaky Kobenan qui demandait à tous d’observer une période à la Mémoire des enfants de Côte d’Ivoire qui ont perdu inutilement la vie parce que Dr Dramane Allassane Ouattara pensait pouvoir contrôler la direction des FN et ainsi relancer la guerre civile ! Le bravtchè des siratigui négriers de Bona et Kong a échoué ! C’est William Attebi qui l’a dit aux Ivoiriens à Yopougon ! Karamoko Yayoro s’en est allé avec son ombre de Kkb pour mettre au point une nouvelle rébellion dans les casernes en distribuant nuitamment des tracts à Akouédo ! Les deux leaders des jeunes Rhdp se disent peut-être que si Coulibaly IB et Soro ont réussi leur coup, eux aussi ils peuvent réussir le leur. Les deux leaders des Jeunes du Rhdp se disent peut-être que si les Jeunes Patriotes autour de Blé Goudé ont réussi à faire mentir les avions de guerre, les chars et les tueurs à gage de l’hôtel Ivoire, eux aussi, ils pouvaient donner sens à leur existence, égrener comme les autres leurs hauts faits de résistance à une injustice ! Ils ont oublié jusqu’à leur « dialogue qui n’est pas un vain mot mais un comportement » ! Ils mettent le feu aux biens de leurs contradicteurs politiques, ils mettent le feu aux symboles de l’Etat et des Institutions de la République de leur pays. Ils paralysent l’activité économique et se plaignent de la pauvreté chronique des populations.

Or, pour faire avancer les choses, à moins d’être « dictateur » ou « fasciste », on écoute vraiment l’Autre ! Et si on est convaincu de la justesse de ses postulats, même si l’exaltation de son idée est déjà la forme primitive du fascisme, on s’impose à soi-même les mesures qui permettent à tous de parler le même langage, de s’astreindre aux mêmes règles de liberté, de se doter de principes normatifs communs et de valeurs de la Vertu de la raison démocratique, de la morale politique. Dire aux autres faites-ci faites-ça et qu’à l’arrivée on fait exactement ce que l’on interdit aux autres, il y a lieu de se poser des questions sur la bonne santé de ceux qui dénoncent l’ivoirité et qui refuse que l’ivoirité soit traitée clairement et définitivement en Côte d’Ivoire. On dit au Président Laurent Gbagbo qu’il décide seul, qu’il est dictateur c’est dire tyran et fasciste si ce mot a encore du sens et de la cohérence en Côte d’Ivoire. On impose au Président Laurent Gbagbo le dialogue du Facilitateur. Il y souscrit ! On se retire et on dit : Ce n’est comme ça que ça doit se passer. C’est nous qui avons raison contre le Président Laurent Gbagbo ! Ce Facilitateur a été driblé par le boulanger de Gagnoa, mais il a enfariné par l’apprenti boulanger qui se dit aussi rebelle ! Arrêtons les idioties de l’infantilisme réfractaire et révolutionnaire !

Les grands dirigeants du Rhdp ont finalement compris qu’il y avait eu un grave manquement à l’éthique à la direction nationale de la CEI. Ils sanctionnent la haute direction présidentielle de la CEI. Ils dénoncent le comportement malhonnête du Président Beugré Mambé. Ils se gardent de le stigmatiser personnellement pour ne pas s’attirer les foudres des Atchans électeurs. Le Président Beugré Mambé est donc démis de ses éminentes fonctions avec ses quatre vice-Présidents dont ceux des Forces nouvelles et du Fpi. Formellement c’est ce que le Président Laurent Gbagbo avait posé comme acte : débarrasser la CEI de la pourriture maçonnique sans s’attirer les foudres ethniques, tribalistes, fondamentalistes, régionalistes, patronymiques et autres barbarismes répandus en Côte d’Ivoire. Maintenir le Président Beugré Mambé à la tête de la CEI aurait constitué un grave déni de droit, une forfaiture criminelle.

Défendant la cause du Président Beugré Mambé, les suiveurs de Dr Dramane Allassane Ouattara y voient le retour de l’ivoirité. Bien ! C’est même louable comme posture publique. Faut-il encore être habité par un minimum d’intégrité intellectuelle et morale. Dire que parce que l’on porte le patronyme Sidibé ou Diallo, on est forcément natif du Wassoulou ivoirien ! Dire que parce que l’on s’appelle Diarra, la Côte d’Ivoire a eu un Premier ministre portant ce patronyme, alors on est forcément du Nord ivoirien ! Ou parce que l’on s’appelle Coulibaly, on ne peut pas être Burkinabé. Non, Karamoko Yayoro. Même de hautes personnalités de notre pays ont bien des origines étrangères. Pour cela, elles se sont conformées aux lois de la Côte d’Ivoire. Sont-ils dénoncés indignes de la Côte d’Ivoire. Ils sont même, pour certains d’entre eux, la fierté de notre pays. Prenons le cas de Samba Diarra le frère cadet de Seydou Elimane Diarra, le Premier ministre sorti de Marcoussis. Cet illustre savant et sage du Rdr a écrit un ennuyeux pamphlet sur la Côte d’Ivoire. Il y reproche à Félix Houphouët-Boigny de l’avoir réprimé lors des « complots de jactance » parce qu’il était du Nord avant de se contredire dans le même pamphlet qu’il était un Diarra de Ségou. En 1963-64, Félix Houphouët-Boigny a réprimé un Diarra de « Ségou et du Nord de la Côte d’Ivoire ». Il faut le faire ! Comment le même Samba Diarra a-t-il pu être du Nord indéterminé de la Côte d’Ivoire et d’une « puissante communauté de Diarra de Ségou au Mali » d’autant que le grand savant de l’académie de Memel Fotê et Barthémy Kotchy soutient dans son livre qu’il avait des scrupules à demander la naturalisation ivoirienne ? Il n’a pas encore dit la nature de ses scrupules à demander la naturalisation ? La réponse à cette interrogation se fait toujours attendre. Sydia Touré qui a été le Directeur de cabinet de Dr Dramane Allassane Ouattara et que le bravtche de Fanta Gbè a présenté comme Ivoirien vbon teint a fini par quitter la Côte d’Ivoire pour devenir Premier Ministre en Guinée. Il est aujourd’hui un grand homme politique chez lui en Guinée. Il a été de ceux qui même contestant le régime de Lansana Konté ont conseillé ce dernier de ne pas participer à la déstabilisation de la Côte d’Ivoire. On dira qu’il était un patriote guinéen qui a migré en Côte d’Ivoire où il pouvait exprimer et ou expérimenter ses immenses talents. Il ne s’est pas inscrit dans une théorie malhonnête du patronyme du Nord !

Non, Karamoko Yayoro. Un Diarra de Ségou ne peut pas être Ivoirien s’il refuse de se conformer aux lois ivoiriennes. Ceux et celles qui le font sont Ivoiriens avec tous les honneurs. Tout comme un Touré ne peut pas être Ivoirien s’il refuse de se conformer aux lois ivoiriennes.

L’exemple éloquent est celui d’Adama Dolo dit Dahico. Il a même dénoncé sur afreekelection.net la doctrine du patronyme du Nord. Le comique ivoirien d’origine malienne est candidat à l’élection ivoirienne. Selon son propre témoignage, certaines personnes malhonnêtes lui avaient dit de les suivre parce que Marcoussis leur apporterait la nationalité ivoirienne.

Donc dès le départ, le patronymisme du Nord est une construction fasciste. Son invariance peut même s’énoncer clairement ainsi : On va voir les étrangers de la sous région portant des patronymes du Nord ; On leur dit de défier les institutions du pays qui les reçoit sinon on va les dénoncer à la police ; On leur dit de ne pas respecter les lois ivoiriennes, d’être clandestins et le revendiquer comme situation imposée par le régime fasciste ivoirien ; On crée et on alimente artificiellement la violence dans Le Patriote et Le Nouveau Réveil ; On s’indigne et on s’excite dans la rue pour dire que ce pays est ontologiquement fasciste. Les forces de l’ordre réagissent « brutalement » sous le chaud soleil d’Afrique ; on fait une photo et le lendemain dans toutes les chancelleries c’est la transe sous la plume de Thomas Hoffnung et Jean Pierre Bejot : Côte d’Ivoire le retour de la dioulaphobie, de l’islamophobie, de la chasse aux grands boubous, la « radiation sauvage des patronymes du Nord de la liste électorale », ect…. On tait par omission la vérité !

On voit d’ailleurs que le vocabulaire fasciste ivoirien se limite désormais à une seule notion : Patronyme du Nord ! Les autres notions et concepts ont disparu jusqu’à l’ivoirité. Yayorro Karamoko et les siens sont désormais le bouclier de l’ivoirité schizophrénique de l’Empereur du Mambé, notre Nzueba national.

Cependant, la question qui est posé à Karamoko Yayoro et à ses amis est de savoir comment on fait pour éviter la stigmatisation des patronymes nordistes puisqu’il récuse la méthode consensuelle qui permet justement de mettre fin aux errements xénophobes et fascistes qui l’indignent et qu’il promeut avec une rare cécité politique. Quel est sens de la raison porte-t-on au Rhdp ? Quel sens de la justice a-t-on au Rdr ? On s’est élevé contre la Rti refusant l’antenne à Mamadou Koné sans jamais cité la responsabilité du ministre de la Communication, la tutelle hiérarchique ?

Dr Dramane Allassane Ouattara n’a pas de solutions pour la Côte d’Ivoire. Il ne connaît que l’agitation violente. Karamoko Yayoro vient d’en faire état. La violence lui semble être le seul outil, l’unique modalité politique pour « bâtir la Paix, la prospérité et la démocratie » en Côte d’Ivoire. Pour sa gouverne, la palabre africaine, notre patrimoine incessible, vaincra l’inconsciente adversité !

Le jour se lève toujours

Lettê na Lettê

 

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